En plus de voir leurs revenus diminuer puisqu’ils peuvent accueillir moins de patients dans la journée, les dentistes ont dû investir beaucoup d’argent dans leur cabinet pour pouvoir accueillir les clients.
En plus de voir leurs revenus diminuer puisqu’ils peuvent accueillir moins de patients dans la journée, les dentistes ont dû investir beaucoup d’argent dans leur cabinet pour pouvoir accueillir les clients.

Des augmentations à prévoir chez le dentiste

Tommy Brochu
Tommy Brochu
La Tribune
SHERBROOKE — Une hausse moyenne de 4,2 % pour les frais dentaires est suggérée par l’Association des chirurgiens dentistes du Québec à partir de janvier 2021. « Le gros de la facture n’est pas refilé au client, estime cependant un administrateur de l’ACDQ et dentiste en Estrie, Mathieu Faubert. C’est nous qui l’absorbons. » 

« Certains actes sont à 0 % et d’autres à 6 %, explique le Dr Faubert, qui travaille au Centre dentaire du Vieux Sherbrooke. La chirurgie complexe pour ôter une dent difficile (à atteindre) va peut-être augmenter de 6 %, mais tout ce qui est prévention comme le nettoyage ne va pas augmenter cette année. »

Le Guide des tarifs est basé sur une étude annuelle basée sur l’augmentation des frais d’exploitation comme les fournitures, les salaires et les locaux. « Ce qui était planifié pour cette année, selon les chiffres de 2018 qu’on avait, ça devait augmenter de 2,8 %. Mais vu l’augmentation des coûts des fournitures et à cause des mesures, on a augmenté de 1,4 % », indique-t-il, ajoutant que cette augmentation s’explique par la pandémie de la COVID-19. 

Il considère également que la hausse de 2,8 % est une hausse normale. 

Rappelons cependant que chaque dentiste est libre de fixer ses propres honoraires.

Investissements nombreux

En plus de voir leurs revenus diminuer puisqu’ils peuvent accueillir moins de patients dans la journée, les dentistes ont dû investir beaucoup d’argent dans leur cabinet pour pouvoir accueillir les clients, exprime le président de la Société Dentaire de l’Estrie (SDE), François Parent-Léveillé.

En retombant en zone rouge, les dentistes doivent resserrer leurs protocoles. Rappelons que ceux-ci avaient dû faire beaucoup d’investissements il y a quelques mois. 

« On doit changer notre masque de procédure lorsqu’on produit des aérosols : c’est-à-dire la majorité des traitements dans la salle du dentiste. On doit utiliser un N95 ou un KN95, qui est une alternative un peu moins étanche, mais est acceptée par Santé Canada », décrit-il.

« On doit utiliser une jaquette d’isolement par-dessus notre uniforme lorsqu’il y a production soutenue d’aérosols pendant plusieurs minutes. Le travailleur est protégé et on doit la changer à chaque patient », continue le dentiste, mentionnant que les assistants et les hygiénistes doivent aussi suivre ces procédures.

En zone rouge, la visière est également obligatoire.

Un changement majeur pour certains dentistes : les traitements doivent se faire dans une salle fermée. Les cubicules séparés par des paravents ne sont donc plus acceptés lors de traitements avec aérosols. « Plusieurs dentistes ont dû changer [la disposition de] leurs cliniques au mois de mars. On retourne au protocole du mois de juin qu’on a appliqué lors du premier mois du retour au travail. »

Certains dentistes ont également dû investir dans des systèmes d’assainisseur d’air pour qu’un changement d’air soit effectué plus efficacement entre les patients.

« Nous, à la clinique Chez le dentiste, pour être conforme pour le retour au travail, ça nous a coûté environ 40 000 $. Nous sommes six associés pour vingt salles », dit le dentiste, précisant qu’un de ses membres a dû investir jusqu’à 70 000 $ pour fermer les murs, installer des portes et installer un système d’aération.

Selon le Dr Parent-Léveillé, le prix des solutions désinfectantes a également gonflé. « Ç’a quintuplé. Le petit pot de lingettes dont on se sert pour nettoyer après le passage des patients coûtait huit dollars en mars. Aujourd’hui, c’est rendu entre 50 $ et 60 $ pour le même pot. Les masques ont triplé de prix. Donc c’est de là que vient l’augmentation des tarifs », résume le président de la SDE.