Les ambulanciers paramédics du secteur de Saint-Paulin et de Manseau accentuent les moyens de pression en déclenchant une nouvelle grève depuis jeudi à minuit.

Des ambulanciers reprennent la grève

Saint-Paulin — Les ambulanciers paramédicaux basés à Saint-Paulin et à Manseau reprennent la grève afin de mettre de la pression sur le gouvernement du Québec pour débloquer les négociations entourant le renouvellement de leur convention collective.

Et cette fois-ci, la grève affecte quelque peu les services à la population.

À l’instar de leurs collègues membres de la Fédération de la santé et de services sociaux (FSSS-CSN) répartis dans quelques régions du Québec, ces ambulanciers paramédicaux sont en grève depuis jeudi à minuit. Ils ont lancé ce nouveau mouvement de grève après avoir établi avec le Tribunal administratif du travail une nouvelle liste des services essentiels à maintenir. Cette liste est toutefois plus courte que lors de la grève déclenchée à la fin de l’hiver.

«On a augmenté ce qu’on peut faire après avoir discuté avec le Tribunal administratif du travail», confirme Michel Beaumier, président du syndicat regroupant 14 ambulanciers à Saint-Paulin.

Par exemple, les patients d’un établissement qui doivent retourner chez eux au moyen d’un transport par ambulance pourront le faire du lundi au vendredi entre midi et 17 h. Normalement, ce service est offert en tout temps.

Les transferts entre établissements sont également touchés. Pour les patients ne se trouvant pas en situation d’urgence, ceux-ci seront cueillis à l’urgence du premier établissement pour être déposés à l’urgence de l’autre établissement. Cela forcera des employés des établissements à amener le patient au bon endroit. Les ambulanciers continueront de transférer de service en service les patients ayant des problèmes majeurs (obstétrique, soins intensifs, cardiologie, etc.).

Parmi les autres moyens de pression, la gestion des factures d’essence et la facturation des services ambulanciers ne sont plus effectuées par les paramédicaux.

Les ambulanciers paramédicaux de Saint-Paulin couvrent aussi Saint-Alexis-des-Monts, Sainte-Angèle-de-Prémont, Charette, Saint-Élie-de-Caxton et Saint-Barnabé. Le principal cheval de bataille de ce syndicat est les horaires de faction. Le syndicat veut l’abandon de ce système qui fait qu’entre 16 h et 8 h, les ambulanciers en service sont de garde à partir de leur domicile. Les délais pour se rendre du domicile à la caserne s’ajoutent au temps nécessaire pour partir de la caserne et se diriger vers le lieu où les services des ambulanciers sont requis.

«En 2004, on avait 300 appels par année. On est rendu à plus de plus 1000 appels par année, à cause du vieillissement de la population et de l’accroissement de la population avec les centres de villégiature dans le nord de Maskinongé. Les horaires de faction sont dangereux pour la population. Je ne comprends pas que le ministre de la Santé, qui est un médecin, accepte ça. Où est la logique?», se demande M. Beaumier, qui incite les citoyens à se manifester auprès de leur député et de la direction du CIUSSS de la Mauricie et du Centre-du-Québec pour dénoncer la situation.

Le syndicat des ambulanciers paramédicaux représente 14 travailleurs à Manseau. Le président syndical, Marc Lavertue, tient exactement le même discours que Michel Beaumier.

«Les horaires de faction sont arrivés en 1989 et il y avait 225 appels par année à Manseau, indique M. Lavertue. On est rendu à 750! La population vieillit, il y a de nouvelles maladies et des difficultés respiratoires que les gens n’avaient pas avant. On est toujours sur des horaires de faction ici. Le temps de réponse est médiocre. On met la sécurité des gens en danger.»

La charge de travail et le régime de pension sont d’autres sujets chauds de la négociation, selon le syndicat.