Le député libéral réélu dans Saint-Maurice-Champlain François-Philippe Champagne et la nouvelle députée bloquiste de Trois-Rivières Louise Charbonneau se sont rencontrés totalement par hasard mardi après-midi, au centre-ville de Trois-Rivières.
Le député libéral réélu dans Saint-Maurice-Champlain François-Philippe Champagne et la nouvelle députée bloquiste de Trois-Rivières Louise Charbonneau se sont rencontrés totalement par hasard mardi après-midi, au centre-ville de Trois-Rivières.

Des adversaires en mode collaboration

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — La scène aurait voulu être planifiée que ça n’aurait pas été mieux orchestré. Alors que la nouvelle députée de Trois-Rivières, la bloquiste Louise Charbonneau, s’apprêtait à donner une entrevue sur la rue des Forges, mardi après-midi, le député libéral réélu de Saint-Maurice—Champlain François-Philippe Champagne est venu lui serrer la pince, alors qu’il se rendait lui-même à un rendez-vous pour une autre entrevue dans un autre média. Une accolade absolument improvisée, en plein milieu de la rue, de deux adversaires politiques qui se sont sur-le-champ promis de travailler ensemble dans l’intérêt de toute la région.

«Je vais vous laisser mon numéro de cellulaire. Il faut absolument qu’on soit le plus possible en contact. On va travailler pour toute la population, c’est ce qui est important», a lancé d’emblée François-Philippe Champagne à sa nouvelle collègue de la Chambre des communes, qui s’est grandement réjouie de cette ouverture démontrée par celui qui, pour l’instant, ignore s’il reprendra sa place comme ministre des Infrastructures et des Collectivités. Ce sera la prérogative de son chef, c’est bien connu.

Pour Louise Charbonneau, la nuit de lundi à mardi a été courte. À peine quatre petites heures de sommeil, et la nouvelle députée de Trois-Rivières entrait dans une ronde d’entrevues médiatiques afin de répondre aux nombreuses questions, commenter les résultats de la veille et surtout, se présenter aux Trifluviens, qui pour la plupart ne connaissent pas encore très bien leur nouvelle députée. Mme Charbonneau en est bien consciente: elle a sans doute causé la surprise dans cette campagne et lors de cette élection.

«J’étais bien connue dans l’entourage du Bloc québécois, mais peut-être inconnue du grand public. On ne m’attendait peut-être pas, on cherchait peut-être quelqu’un de connu pour faire face aux célébrités qui se présentaient», évoque-t-elle, faisant notamment référence à l’ancien maire de Trois-Rivières, Yves Lévesque.

Toutefois, la campagne sur le terrain l’aura convaincue qu’il se passait réellement quelque chose avec le Bloc québécois durant cette élection, que l’accueil était chaleureux. Un accueil qu’elle n’avait pas senti aussi fort, quatre ans auparavant, alors qu’elle était directrice de campagne pour le candidat André Valois dans le comté. «J’ai senti qu’il y avait une vague. Les regards étaient francs, les poignées de main étaient sincères. Lundi matin, je promenais mon chien et les gens traversaient la rue pour venir me voir et me dire qu’ils avaient l’intention de voter pour moi», signale-t-elle. Une vague qui n’est évidemment pas étrangère à la performance de son chef, Yves-François Blanchet, pour qui elle n’a que de bons mots.

«Il a fait une campagne exceptionnelle. C’est un homme rassembleur et je crois qu’il fera l’histoire comme l’homme qui a changé la façon de faire de la politique. Il est un excellent vulgarisateur, les gens comprennent la politique lorsqu’il parle. C’est un homme sincère et vrai, qui a de la considération pour les gens et un amour sans fin pour le Québec», soutient-elle.

Cette mère de deux enfants, grand-maman et également enseignante à la retraite aura passé une grande partie de sa vie à aider les autres, soutient-elle. «Durant toute ma carrière, j’ai cherché à faire grandir les élèves. J’ai donné beaucoup de mon temps, pas pour la reconnaissance nécessairement, mais parce que c’était ancré en moi. J’aime les gens, j’aime le contact humain, et je crois que les personnes rencontrées durant la campagne l’ont ressenti. J’ai envie de prendre soin des gens, d’être là pour les servir», évoque-t-elle.

Suite

Au cours des prochains jours, la nouvelle députée de Trois-Rivières s’attend bien à rencontrer son chef et l’ensemble de la députation du Bloc québécois pour établir le plan de match des prochains mois à Ottawa. Elle compte aussi rencontrer le député sortant, Robert Aubin, afin de discuter de la passation des dossiers.

Et rien n’indique pour le moment qu’elle s’installera dans les mêmes locaux occupés jusqu’à lundi par le néo-démocrate, sur la rue Bonaventure. «Nous sommes à réfléchir à tout ça, mais pour moi un bureau de député doit être proche des gens, accessible avec la voiture, avec les transports en commun. Les gens ne doivent pas devoir se déplacer trop longtemps pour y avoir accès. Je veux que les gens puissent voir le bureau, y entrer et venir nous parler. Durant toute la campagne, j’ai été en relation d’écoute, et je veux que ça continue», signale celle qui promet de faire connaître l’emplacement de ses nouveaux bureaux dès que tout sera fixé.