Le Club de golf Le Mémorial termine sa dernière saison avec la famille Buisson comme propriétaire. Des négociations laissent toutefois entrevoir un avenir pour ce parcours.

Dernière saison pour la famille Buisson

Shawinigan — La saison de golf qui s’achève conclura l’aventure de la famille Buisson comme propriétaire du club Le Mémorial. Au terme d’un été difficile, les démarches se poursuivent pour vendre ce qui a déjà été considéré comme l’un des plus beaux parcours en Mauricie et tout indique que les membres seront informés d’une bonne nouvelle lors du tournoi de fin de saison, le 29 septembre.

Plus tôt cet été, la mise en vente du terrain par l’agence immobilière Sotheby’s avait attiré l’attention dans la région. Quelques personnalités d’affaires ont pris des informations pour éviter que cette vaste propriété soit transformée en développement domiciliaire.

Chose certaine, les actuels propriétaires ne joueront pas dans le même film en 2019. Après un début d’été catastrophique, le terrain a repris du tonus au cours des dernières semaines, mais André Buisson confie que la famille ne souhaite plus investir autant d’énergie dans une entreprise qui ne constitue pas le centre de son expertise. Rappelons que M. Buisson possède la Société Laurentide, spécialisée notamment dans la conception et la vente de peinture recyclée.

Questionné à savoir s’il s’agissait de sa dernière saison comme propriétaire du club de golf, l’homme d’affaires n’a pas fait de cachette.

«C’est effectivement notre position», confie-t-il. «Pour que ce modèle d’affaires fonctionne, ça prend quelqu’un impliqué sur une base journalière, qui travaille sur le terrain. L’industrie du golf n’est pas facile.»

«Une offre à rabais n’est pas une option», ajoute M. Buisson. «Nous n’avons aucune dette, aucune responsabilité financière qui nous met de la pression. On peut se permettre d’être patient. Notre scénario idéal, c’est que quelqu’un se présente et continue les activités de golf. On souhaiterait que ça continue, mais ce n’est pas mon core business, ce n’est pas ce que je fais tous les jours. Ce n’est pas dans ce modèle que je veux investir pour le reste de ma carrière. C’est un choix d’affaires. C’est une décision mature, bien réfléchie. Ce n’est pas une vente de feu.»

Intérêt
M. Buisson ne veut évidemment pas exposer publiquement les détails des négociations en cours, mais il laisse entendre que les amateurs ne seront pas déçus si la tendance se confirme.

«Je pense qu’il va y avoir du golf l’an prochain», glisse-t-il. «Au tournoi de fermeture, on va savoir plus comment se positionner.»

Au cours des dernières semaines, deux groupes ont déposé une offre d’achat, qui ont été refusées. Rappelons que la propriété est affichée à un prix de départ de 1,5 million $, même si l’évaluation municipale frôle les quatre millions $.

L’homme d’affaires Gérard Milette, un amoureux de la petite balle blanche, est revenu à la charge après avoir démontré de l’intérêt il y a quelques années. Son offre ne lui a toutefois pas permis d’aller plus loin.

Claude Villemure, propriétaire de Caméléon Solutions intégrées et du restaurant Les Ailes Buffalo, voulait rassembler 32 actionnaires pour mettre la main sur le Club de golf Le Mémorial, mais sa proposition a également été jugée insuffisante.

Dans le milieu, plusieurs propriétaires ont jeté un coup d’œil plus ou moins sérieusement à cette opportunité. Une constante dans leurs propos: le prix demandé est beaucoup trop élevé et l’investissement requis après l’acquisition en effraie plusieurs.

De plus, les propriétaires des clubs de golf savent que le marché demeure très difficile, avec la perpétuelle course aux rabais qui met énormément de pression sur la rentabilité de ces coûteuses installations.

«L’agent d’immeuble nous a contactés», relate Pierre Rousseau, propriétaire des clubs de golf de Grand-Mère et Louiseville. «Nous n’avons pas d’intérêt. Avec ce qui se passe dans la région de Montréal (fermetures de terrains), l’offre va se stabiliser pour les vingt prochaines années. Les gens sont au rendez-vous quand il fait beau, mais il y a peut-être un ou deux terrains de trop en Mauricie.»

«C’est un beau terrain de golf», convient Mario Gélinas, propriétaire du club Le Laurentides. «J’étais intéressé à regarder. Mais pour acheter ça, il faut avoir les reins solides! C’est trop dangereux. Ça demande beaucoup d’investissement.»

Clément Ladouceur pourrait-il être intéressé à ajouter Le Mémorial à son portfolio qui comprend déjà Le Métabéroutin, Sainte-Flore et le Club de golf DuMoulin?

«Avant le 15 octobre, je n’ai pas le temps de voir ça», laisse tomber l’expérimenté homme d’affaires. «J’ai de l’ouvrage; je ne fournis pas! On peut aller le voir en octobre. Si quelqu’un l’achète avant, je vais lui souhaiter bonne chance!»