Diane Borgia a passé une bonne partie de la matinée au poste de la Sûreté du Québec de Shawinigan, mercredi matin, pour demander une enquête sur des biens qui se seraient évaporés après la fermeture de TAG.Média, en 2015.
Diane Borgia a passé une bonne partie de la matinée au poste de la Sûreté du Québec de Shawinigan, mercredi matin, pour demander une enquête sur des biens qui se seraient évaporés après la fermeture de TAG.Média, en 2015.

Déposition de Diane Borgia à la SQ: «Je fais mon travail de citoyenne»

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
Insatisfaite des réponses fournies par la Ville de Shawinigan concernant un inventaire d’articles de bureaux introuvables deux ans après la fermeture de TAG.Média, Diane Borgia est passée de la parole aux actes, mercredi matin, en déposant une plainte à la Sûreté du Québec pour vol de biens publics. Sa déclaration s’étend sur six pages.

La représentante de Shawinigan citoyens avertis a expliqué pendant trois heures aux policiers le fruit de ses démarches des derniers mois pour faire la lumière sur la récupération d’une partie d’un prêt de 35 000 $ qui avait été consenti au nouveau média numérique en juillet 2015. Lancé un mois plus tard, TAG.Média fermait les livres en décembre 2015, à la surprise générale.

Après s’être attardée sur les modalités de remboursement du cautionnement de l’un des actionnaires, Yves-François Blanchet, Mme Borgia creuse la disposition de biens mobiliers dont la Ville de Shawinigan avait hérité pour récupérer une partie du prêt accordé via le Fonds local d’investissement de l’ancien Centre local de développement.

«Je fais mon travail de citoyenne», commente-t-elle. «Je dépose ma plainte et je m’attends à ce que la SQ fasse son travail et qu’elle découvre la vérité.»

Pour bien comprendre son questionnement, précisons qu’à la signature du contrat de prêt à terme, le 28 juillet 2015, quatre actionnaires s’étaient portés caution personnellement vis-à-vis le CLD pour un montant de 7000 $. Le 1er décembre suivant, un addenda venait modifier cette entente. Deux des actionnaires se retiraient, de sorte que Marcel Ayotte et Yves-François Blanchet se portaient caution personnellement, cette fois 

pour un montant de 23 000 $, divisé également entre eux. L’entreprise cessait ses activités dans les heures suivantes.

Or, le 15 février 2016, le comité exécutif de la Ville de Shawinigan autorisait la signature d’un acte de dation en paiement avec TAG.Média. Pour rembourser une portion du prêt, les parties conviennent que la Ville héritera d’une longue série de biens meubles qui appartenaient à l’entreprise. Heureux hasard, la valeur de cet inventaire est établie à 12 000 $, soit le solde du montant qui restait à couvrir après les cautions honorées par MM. Ayotte et Blanchet.

À la suite d’une demande d’accès à l’information, Mme Borgia a découvert que la Ville avait vendu pour une valeur d’environ 4000 $ de ces biens. Elle n’est pas parvenue à savoir où se trouvent les téléphones, bureaux de travail, lampes et autres qui correspondraient aux quelque 8000 $ manquants. En conséquence, plusieurs questions trottent dans la tête de Mme Borgia.

«Qui a fait l’évaluation des biens?», questionne-t-elle. «Les biens de TAG.Média étaient-ils sous scellés pour éviter d’avoir des pertes ? Je n’ai pas eu de réponse. Donc, j’en déduis qu’il y a eu une perte pour les citoyens.»

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La porte-parole déplore que le maire associe toujours sa démarche à une manœuvre pour nuire à Nancy Déziel, candidate dans le district de la Rivière et épouse de M. Blanchet.

«Il essaie encore de laisser croire que j’ai un pli contre elle», dénonce-t-elle. «Je rappelle que nous avons commencé notre enquête en juin. Si on est rendu ici, c’est que la Ville a tardé dans ses réponses aux demandes d’accès.»

De son côté, le maire de Shawinigan, Michel Angers, assure avoir posé des questions au sujet de cet inventaire au cours des dernières semaines et que rien ne lui laisse croire à une quelconque irrégularité.

«J’ai pris des informations», commentait-il après la séance régulière de mardi soir, où les échanges se sont corsés entre lui et Mme Borgia.

«Le déroulement est normal. Je n’ai pas besoin d’en savoir plus. Elle ne vise pas nécessairement la saine gestion. Je veux bien répondre à des questions, mais il faut regarder quels sont les objectifs poursuivis.»

M. Angers se demande d’ailleurs pourquoi Mme Borgia concentre son tir sur TAG.Média, alors que du capital de risque a été consenti à de nombreuses entreprises de Shawinigan au fil des ans sans que la cessation des activités de certaines d’entre elles fasse les manchettes.