Vingt-huit travailleurs de l’hôpital du Centre-de-la-Mauricie, à Shawinigan, ont dû se soumettre à un test de dépistage.
Vingt-huit travailleurs de l’hôpital du Centre-de-la-Mauricie, à Shawinigan, ont dû se soumettre à un test de dépistage.

Dépistage massif après un cas de COVID à l’hôpital du Centre-de-la-Mauricie

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Un employé du centre parents-enfants de l’hôpital du Centre-de-la-Mauricie a reçu le 15 septembre un résultat positif à un test de COVID-19, entraînant un dépistage massif chez les travailleurs. Pas moins de 20 employés ont dû se soumettre à un test préventif alors que huit autres ont dû se placer en isolement le temps d’avoir les résultats.

«Nous avons procédé au dépistage préventif de tout le personnel qui a été en contact avec l’employé qui a contracté la COVID-19», explique Geneviève Jauron, chef du service des communications au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ).

«La grande majorité des travailleurs sont de retour au travail après un résultat de test négatif.»

Le retrait préventif de travailleurs n’a pas entraîné de transfert de patients vers le Centre hospitalier de Trois-Rivières ou d’interruption de services, assure la direction du CIUSSS MCQ. De plus, l’enquête épidémiologique n’a pas démontré que des poupons et leurs parents sont à risque de développer la COVID-19.

Une équipe de prévention des infections a été dépêchée sur place, assure la porte-parole du CIUSSS MCQ, pour rencontrer les employés. Ils ont abordé à nouveau avec eux les comportements à adopter lors des pauses de repas, le lavage des mains ainsi que la surveillance des symptômes.

Un élève de La Tuque testé positif

Un élève de troisième secondaire de l’école Champagnat, à La Tuque, a lui aussi eu un résultat positif à la COVID-19, selon une lettre envoyée vendredi aux parents et aux membres du personnel de l’école dont Le Nouvelliste a obtenu copie. Tous les élèves de sa classe ont donc été retirés de l’école pour une période de 14 jours suivant leur dernier contact avec leur camarade.

Trois autres élèves de deuxième, troisième et quatrième secondaire ont eux aussi été retirés de l’école puisqu’ils avaient été en contact avec lui. Cependant, aucun membre du personnel n’a été retiré de l’établissement.

Dans sa lettre, le CIUSSS indique que puisque les mesures de prévention et de contrôle des infections étaient conformes à celles recommandées par la santé publique, l’ensemble des autres classes peuvent poursuivre leurs activités normalement.

Des heures d’attentes pour un test

La Santé publique a rapporté vendredi six nouveaux cas de COVID-19 en 24 heures en Mauricie et au Centre-du-Québec. Alors que le coronavirus gagne du terrain au Québec, les cliniques de dépistage de la région ont effectué plus de 6000 tests en quatre jours, dont plusieurs dans les cliniques mobiles, ce qui entraîne parfois plusieurs heures d’attente.

Lors du passage de l’équipe du Nouvelliste à la clinique mobile de dépistage présente aux Galeries du Cap, dans le secteur Cap-de-la-Madeleine, un peu moins d’une quarantaine de personnes attendaient pour subir un prélèvement. Le temps d’attente était environ de deux heures, mentionnaient les personnes qui s’apprêtaient à subir un test.

De nombreux parents accompagnaient un enfant présentant des symptômes apparentés à la COVID-19. L’enfant doit obtenir un résultat négatif avant de pouvoir retourner à l’école. «On est ici par mesure préventive», a souligné un père après deux heures d’attente alors qu’il avait du mal à cacher son exaspération derrière son masque.

La clinique mobile de dépistage aux Galeries du Cap a acceuilli 120 usagers en moyenne par jour cette semaine.

Certaines personnes prenaient la situation plus à la légère et profitaient de la belle journée. «Je me fais bronzer le haut du visage», lançait une jeune femme en riant alors qu’elle était étendue sur le stationnement.

Pour certains, l’attente avant d’obtenir un test de dépistage a été bien plus longue. Le conseiller municipal du district de Pointe-du-Lac à Trois-Rivières, François Bélisle, a dû patienter 5 heures jeudi à la clinique mobile sans rendez-vous des Galeries du Cap avant de donner un prélèvement.

«Je suis arrivé tôt et c’était la pire chose à faire. C’est comme les élections, le pire moment c’est à l’ouverture», mentionne-t-il.

Le conseiller municipal a vu l’apparition de symptômes pouvant s’apparenter à la COVID-19 mercredi en fin de journée. Il a téléphoné au numéro mentionné par le CIUSSS MCQ pour prendre un rendez-vous, mais il n’a jamais pu en obtenir un. «J’ai laissé un message et on ne m’a toujours pas encore rappelé», précisait M. Bélisle qui ne voulait pas attendre avant de subir un test.

«Je me suis alors rendu dans une clinique sans rendez-vous, incapable d’en avoir un.»

Du côté du CIUSSS MCQ, on indique que le temps d’attente moyen dans une clinique mobile était de 1 h 30 cette semaine.

De la grogne à l’endroit du personnel dénoncée

On le perçoit un peu partout ces derniers temps, la pandémie et les mesures restrictives engendrent de la grogne chez bien des personnes. Et les professionnels de la santé qui œuvrent dans les cliniques de dépistage, avec ou sans rendez-vous, en paient les frais. Ils subissent même des gestes de colère d’usagers à leur endroit.

«Les usagers font beaucoup de plaintes actuellement après un dépistage. Certains se plaignent de l’attente alors que d’autres se sentent brusqués par le personnel», témoigne une professionnelle de la santé qui travaille depuis mars dans des cliniques de dépistage et qui a tenu à demeurer anonyme par peur de représailles de son employeur.

La clinique mobile de dépistage aux Galeries du Cap a accueilli 120 usagers en moyenne par jour cette semaine.

«Je travaille six ou sept jours par semaine. C’est difficile de tolérer la colère envers ta personne. Plusieurs collègues commencent à dire qu’elles ont de moins en moins envie de venir travailler au dépistage.»

La professionnelle mentionne aussi avoir fait de nombreux sacrifices ces derniers mois pour travailler en première ligne du dépistage de la COVID-19 parce qu’elle considère cela très important. «Je ne veux pas commencer à partir d’ici en pleurant. Je vais arrêter avant ça», confie-t-elle.

6047 dépistages en quatre jours

Les différentes cliniques de dépistages de la Mauricie et du Centre-du-Québec ont effectué du 14 au 17 septembre pas moins de 6047 tests de dépistage. Cela correspond à une moyenne de 1512 tests par jour effectués dans l’ensemble du réseau de la santé.

Sur la même période, les professionnels ont effectué 851 tests de dépistage de COVID-19 spécifiquement dans les cliniques mobiles. En moyenne, la seule clinique mobile présente aux Galeries du Cap a réalisé 483 tests du 14 au 17 septembre. Présente toute la semaine à Shawinigan, une autre clinique mobile a permis de tester 137 personnes.

Le nombre de dépistages quotidien au CIUSSS MCQ a considérablement augmenté depuis le début du mois de septembre. En effet, du 1er au 8 septembre, les cliniques réalisaient en moyenne 633 tests par jour, alors que la moyenne quotidienne était de 1512 tests au cours des derniers jours. Par ailleurs, le bilan de la pandémie de vendredi ne rapportait aucune hospitalisation et aucun décès dans la région.

Avec le temps froid de l’automne qui s’installe de plus en plus, est-ce que les cliniques mobiles dans les autobus seront utilisées encore longtemps? «Nous sommes conscients que les cliniques mobiles ne sont pas adaptées à la réalité des hivers du Québec», avoue Kellie Forand, agente d’information au CIUSSS MCQ.

Et le nez qui coule?

De nombreux écoliers ont été retournés à la maison depuis la rentrée en raison d’un nez qui coule, car il s’agit d’un symptôme de la COVID-19. Alors que les rhumes se font plus nombreux et que nous sommes dans la saison des allergies à l’herbe à poux, plusieurs personnes présentent alors ce symptôme.

Kellie Forand du CIUSSS MCQ précise que la Santé publique ne demande pas qu’un enfant ayant le nez qui coule ait un résultat négatif à un test de dépistage avant de pouvoir réintégrer sa classe ou sa garderie.

De nombreux enfants accompagnés de leurs parents se sont présentés encore cette semaine dans des cliniques de dépistage.

«Si l’enfant a le nez qui coule, on est censé le garder à la maison pendant 24 heures pour surveiller ses symptômes. Si après 24 heures il n’y a pas de nouveaux symptômes, l’enfant peut retourner à l’école ou à son service de garde», explique l’agente d’information du CIUSSS MCQ.

«S’il n’y a pas d’autres symptômes que le nez qui coule après 24 heures, l’enfant n’a pas besoin d’être dépisté.»

Avec la collaboration de Matthieu Max-Gessler