L'ambiance est tendue entre le conseiller Luc Martel et le maire de La Tuque, Normand Beaudoin.

Dépenses du maire de La Tuque: Martel veut des réponses

Les esprits semblent s'échauffer entre le maire de La Tuque, Normand Beaudoin, et le conseiller municipal Luc Martel. Une sortie publique et des commentaires concernant les comptes de dépenses du premier magistrat auraient même valu une mise en demeure au conseiller latuquois.
Lors de la dernière assemblée publique du conseil, Luc Martel a annoncé sa décision de se retirer temporairement du comité des finances de la Ville de La Tuque «tant et aussi longtemps qu'il n'aura pas les réponses à ses questions».
«La question que je lui ai posée se répondait par oui ou par non. Il ne veut pas répondre. Pour moi, quelqu'un qui dépose un compte à la Ville, compte qu'on lui paye, doit répondre aux questions. [...] Il doit penser qu'il a l'immunité parce qu'il est maire, mais ça ne marche pas de même», lance Luc Martel.
«S'il ne voulait pas qu'on pose de question ou s'il ne voulait pas répondre aux questions, il avait juste a garder son compte de dépense dans ses poches», a-t-il ajouté.
Même s'il refuse de l'affirmer, Luc Martel semble déjà avoir la réponse sur ce compte de dépenses qui concernerait, selon nos informations, une facture en lien avec une activité de l'UMQ auquelle le maire aurait assisté. D'ailleurs, il refuse de divulguer publiquement cette fameuse question. «C'est certain que je vais les avoir ces réponses-là», affirme-t-il. «Comment? Je ne peux pas répondre», a-t-il poursuivi.
Au lendemain de la sortie publique de Luc Martel, le directeur général de la Ville avait souligné que la facture était en ordre et que s'il était resté jusqu'à la fin de la réunion, le conseiller aurait eu sa réponse. 
«Ce n'est pas vrai que si j'avais assisté à la réunion complète j'aurais eu les réponses. Le lendemain, j'ai appelé un autre conseiller. Je lui ai demandé si Marco (le directeur général) ou Normand avait répondu à mes questions. Il m'a dit non», soutient Luc Martel.
C'est à la suite de ses propos tenus en assemblée et en entrevue dans les médias que Luc Martel aurait reçu une mise en demeure de la part de Normand Beaudoin.
«La mise en demeure disait que je jouais dans sa vie privée. Dans toutes mes entrevues et en assemblée publique, je n'ai jamais parlé de sa vie privée. [...] Il veut me mettre un bâillon pour ne pas que je parle des comptes de dépenses. Est-ce qu'il a quelque chose à se reprocher? Il n'a seulement qu'à répondre. Ça va finir là», souligne M. Martel
«Il peut m'envoyer des mises en demeure tant qu'il veut, ça ne m'énerve pas du tout», ajoute-t-il.
Normand Beaudoin a confirmé en entrevue téléphonique qu'il avait envoyé, à titre personnel, une mise en demeure à Luc Martel.
«C'est personnel, je ne veux pas embarquer là-dedans. [...] Il peut dire que je suis un mauvais maire ça fait partie de la game, mais il m'a attaqué personnellement dans ma vie privée en dehors du travail, ça ne concernait pas le travail... Je veux qu'il arrête, c'est tout», a-t-il dit brièvement.
Pour Normand Beaudoin, cette histoire de facture est derrière lui, il a donné les explications qu'il avait à fournir. Il persiste à dire que le conseiller cherche à se faire du capital politique.
«Si ce n'est pas ça, je ne comprends pas!  Il cherche des poux», a lancé le maire.
Luc Martel ne la cache pas, il pourrait bien briguer la mairie aux prochaines élections municipales, mais il est toujours en réflexion. Toutefois, il assure qu'il ne fait pas ça dans son intérêt personnel. «J'y réfléchis, oui, mais ceux qui pensent que je vais me chercher du capital politique se trompent. Je suis payé par les citoyens premièrement, et ils m'ont élu pour faire la job. C'est ce que je fais présentement. Si je ne fais pas ça, je ne mériterais même pas d'être la en novembre prochain», commente-t-il.
«Ils (les conseillers) ont accepté les comptes, même sans avoir les réponses aux questions que j'ai posées. [...] C'est spécial ça. Ça n'a aucun sens. Ça fait 11 ans que je suis autour de la table. J'ai toujours eu les réponses que je voulais. C'est la première fois que je demande des réponses sur un compte de dépenses et que je me fais dire que je n'ai pas d'affaire à ça. Je m'excuse, il va avoir à répondre».
Il n'y a pas juste un problème à l'hôtel de ville, affirme Luc Martel sans vouloir s'étendre sur le sujet. «Peut-être que durant le temps des Fêtes on devrait faire une analyse d'eau et d'air parce que les gens qui rentrent à l'hôtel de ville deviennent amnésiques. Ils ne se souviennent plus de ce qu'ils disent en dehors de l'hôtel de ville», insiste-t-il.
Il a même invité le directeur général à revoir son code de déontologie. «Je ne dis pas qu'il a commis une faute, mais c'est toujours bon de revoir de la littérature», a-t-il lancé.
Si, pour l'instant, le maire Beaudoin est le seul à avoir confirmé sa candidature, une lutte pourrait bien se dessiner rapidement. Yves Tousignant, maire de Saint-Pierre-les-Becquets et ancien directeur général de La Tuque, a aussi fait savoir qu'il était en réflexion.