Julien Montreuil directeur adjoint de l’organisme L’Anonyme de Montréal, qui opère le seul site d’injection supervisée mobile en Amérique du Nord.

Dépendance et usage de substances: une approche pour réduire les méfaits

Nicolet — Plus de 150 intervenants de partout au Québec ont répondu positivement à l’invitation de l’Association québécoise des centres d’intervention en dépendance (AQCID) et ont pris part, jeudi à l’hôtel Montfort de Nicolet, à une rencontre au cours de laquelle il a été question de l’approche de réduction des méfaits en matière de consommation de substances.

Concrètement, cette approche regroupe différentes interventions visant à protéger les personnes qui consomment des substances en réduisant les conséquences possibles sans éradiquer leur consommation. L’éducation aux pratiques de consommation à moindre risque, le travail de rue et de proximité, les services d’analyse de la composition des substances ainsi que la distribution gratuite de matériel de consommation font partie de ces interventions.

L’événement avait donc comme objectif de réfléchir, réagir et informer les participants sur les grands enjeux en réduction des méfaits. La décriminalisation des drogues, la stigmatisation des personnes qui les utilisent, la possibilité de rendre disponibles aux personnes qui utilisent des drogues des substances régulées et contrôlées ainsi que l’importance d’enseigner et d’appliquer la réduction des méfaits à toute offre de services touchant l’usage de drogues font partie des sujets qui ont été abordés.

«On a réuni des personnes de différents milieux, dont des réseaux communautaire et de la santé, pour discuter des enjeux pancanadiens sur l’approche en réduction des méfaits, surtout en lien avec la crise des surdoses», mentionne la coordonnatrice du Service en prévention et réduction des méfaits à l’AQCID, Christina Blier.

Visite d’un site d’injection supervisée mobile

En plus des ateliers qui étaient au programme, les participants ont pu visiter une fourgonnette offrant un service d’injection supervisée mobile. Cette approche unique au Québec et en Amérique du Nord a été mise sur pied notamment grâce au travail de l‘organisme L’Anonyme et le CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal. Dans un véhicule qui sillonne les rues de Montréal, un intervenant et une infirmière accueillent, sept nuits par semaine, des personnes désirant s’injecter leur propre drogue dans un cadre légal et sécuritaire. Ce type d’intervention a pour but d’éviter les surdoses mortelles et d’intervenir lors de complications liées à l’injection, de prévenir la transmission d’infections, de réduire la consommation de drogue et de diminuer les risques que du matériel d’injection se retrouve à la traîne dans l’espace public.

«On offre ce service depuis juin 2017. On veut être au bon endroit au bon moment car la consommation de drogues est éparpillée dans tous les quartiers sur le territoire de Montréal. On complète l’offre de services des lieux fixes lorsqu’ils sont fermés», explique Julien Montreuil directeur adjoint à l’organisme L’Anonyme.

Selon lui, le fait de pouvoir aller au-devant des personnes désireuses de faire appel à leurs services pourrait permettre d’exporter cette façon de faire dans les régions dont la densité de population est moins grande qu’à Montréal, comme en Mauricie et au Centre-du-Québec par exemple.