Aucune entreprise n'a déposé de soumission pour déneiger les rues de Saint-Barnabé.

Déneigement à Saint-Barnabé: aucune soumission

Saint-Barnabé — La reprise forcée de l’appel d’offres sur invitation pour trouver un déneigeur à Saint-Barnabé n’a rien donné. Aucune soumission n’a été déposée lors de ce processus imposé par le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation, un résultat qui ne surprend guère Michel Lemay.

L’ouverture des soumissions a eu lieu jeudi à 11 h. Sauf que le directeur général de Saint-Barnabé, Denis Gélinas, s’est présenté dans la salle du conseil sans proposition à déposer.

La situation est loin d’être drôle, déclare le maire Lemay. Mais selon lui, elle était prévisible. Des allégations d’irrégularités soulevées par des citoyens et des conseillers concernant l’octroi, en octobre, du contrat de gré à gré avec la ferme Fréchette de Yamachiche ont fait leur oeuvre, croit le maire.

«C’est vraiment une mauvaise nouvelle, car c’est un service essentiel. Si on a été malhabile, c’était qu’on était rendu fin octobre, mais on n’a rien fait d’illégal. Si ce qu’on a fait n’est pas correct, on va les laisser faire on va voir s’ils sont plus fins que nous», raconte M. Lemay, en visant directement le gouvernement.

Le contrat de gré à gré étant de plus de 101 000 $, Saint-Barnabé devait obtenir l’aval des Affaires municipalités et de l’Habitation pour aller de l’avant. Le ministère avait toutefois refusé d’entériner le contrat et avait exigé un
nouvel appel d’offres sur invitation récoltant au moins trois soumissions.

«Il n’y a personne qui aime passer dans les journaux pour de la collusion, de la corruption, ni un maire, ni une compagnie. Normalement, tu ne fais pas de collusion tout seul. Je n’ai jamais parlé à Martin Fréchette. J’avais parlé à son père, car on se connaît depuis 40 ans, mais la compagnie est à Martin et son épouse. Et avec Martin, je n’ai jamais eu de conversation.»

Saint-Barnabé avait contacté huit entreprises, dont la ferme Fréchette, lors du dernier appel d’offres. Selon cette compagnie, il était hors de question de déposer une proposition dans un climat «négatif», mentionne Marianne Dupont.

«C’était un contrat qu’on a eu, car personne ne voulait faire le déneigement. Mais ça a fait tellement de chicane. Ça a fait tellement de problèmes qu’on ne rembarque pas là-dedans. On est des gens positifs et on veut rester dans du positif. On ne mettra pas notre énergie à un endroit qui ne veut pas avoir ce service de notre part. On voulait juste aider ces gens.»

La ferme Fréchette déneige les rues de la localité au tarif horaire, car l’entreprise avait accepté de soutenir Saint-Barnabé en attendant l’octroi d’un contrat pour le reste de la saison froide. L’octroi du contrat devait se faire le 17 décembre pour une entrée en vigueur le 20 décembre. 

L’entente avec la ferme Fréchette prend fin le 19 décembre. À savoir si la collaboration entre les deux parties va se poursuivre, rien n’est assuré.

«Il faut s’asseoir avec la Municipalité, déclare Mme Dupont. Il faut qu’ils nous appellent. Après, on les rencontrera et on verra par la suite si tout le monde est d’accord. On sait que ce n’est pas toujours 100 % des gens qui sont d’accord, mais si deux ou trois membres du conseil ne sont pas d’accord, sur sept élus, on ne s’obstinera pas.»

Michel Lemay affirme avoir contacté la direction régionale du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation afin d’établir un plan B advenant l’échec du nouvel appel d’offres sur invitation.

Selon des informations provenant du bureau du député Simon Allaire, le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation évalue avec Saint-Barnabé les options possibles. La Municipalité pourrait contacter les entreprises invitées à l’occasion du dernier appel d’offres pour connaître les raisons de leur refus de déposer une soumission. Les deux parties pourraient ainsi évaluer ce qui permettrait d’inciter des entreprises à déposer une offre.

Saint-Barnabé pourrait aussi relancer un appel d’offres en invitant d’autres entreprises de déneigement.

250 $ l’heure

Le tarif horaire demandé par la ferme Fréchette pour ouvrir les rues de Saint-Barnabé est de 250 $. La Municipalité a déjà payé une facture de près de 25 000 $, plus taxes, pour du déneigement fait en date du 26 novembre.

Cette facture a, semble-t-il, fait jaser au sein du village et aussi auprès de fonctionnaires québécois. Michel Lemay défend toutefois l’ampleur de la facture.

«Des gens trouvaient que le taux horaire était beaucoup trop élevé. Ils n’avaient pas l’air de comprendre notre situation. Ils descendaient de Québec. Il y en a encore qui vivent dans ces cages de verre. Quand on met le fuel, les assurances, les permis de largeur excessive, qu’on paie un chauffeur, qu’on travaille de nuit... Il y a des gens qui ne vivent pas sur la même planète que nous», clame M. Lemay, en pointant du doigt les fonctionnaires québécois, une fois de plus.

Hausse de taxes

En raison entre autres du dossier du déneigement, Saint-Barnabé se prépare à adopter un budget pour 2020 avec une hausse de 19 % de la taxe foncière. Cette situation a été critiquée par une
citoyenne qui a envoyé une lettre à ses concitoyens, les invitant à assister à la séance extraordinaire pour l’adoption du budget
afin de s’opposer à certaines dépenses.

«Hier (mercredi), une personne qui a fait circuler une lettre dans la municipalité criait au loup que le compte de taxes serait trop élevé. Mais il ne sera pas élevé, car on n’a personne pour ouvrir les chemins», déclare Michel Lemay, en parlant de cette lettre signée de Paule Jacques, une ancienne adversaire à la mairie de Saint-Barnabé.