Les professeurs Hugo Germain et Isabel Desgnagné-Penix sont deux des experts qui prendront la parole à ce colloque ouvert à tous.
Les professeurs Hugo Germain et Isabel Desgnagné-Penix sont deux des experts qui prendront la parole à ce colloque ouvert à tous.

Démystifier le cannabis

Brigitte Trahan
Brigitte Trahan
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Le cannabis sans THC ne donne pas d’effets d’euphorie, mais apporte de nombreux bienfaits médicaux. C’est ce que veut expliquer le professeur Hugo Germain de l’UQTR à l’occasion d’un colloque grand public qu’il organise à l’université, le 29 février.

Une centaine de personnes sont attendues à cet événement qui réunira plusieurs invités fort intéressants, tant des usagers que des spécialistes.

Le public pourra notamment entendre Micheline Courcy, infirmière spécialisée en suivi de patients médicamentés avec du cannabis, qui parlera de cas cliniques réels, notamment l’usage du cannabis pour traiter les nausées durant la chimiothérapie. Il sera également question de contre-indications d’usage pour certaines personnes.

Une patiente atteinte de fibromyalgie, une maladie causant notamment des douleurs et une grande fatigue, viendra partager son expérience personnelle avec le cannabis médical qui lui a permis de ne plus prendre d’antidépresseurs.

Deux entrepreneurs oeuvrant dans le domaine, Alejandro Lago de IsoCanMed de Louiseville et Dany Lefebvre de la Feuille verte de Drummondville, donneront des informations au sujet de la production du cannabis médical et des produits alimentaires et cosmétiques à base de chanvre.

Le professeur Germain et sa collègue Isabel Desgagné-Penix, une spécialiste de cette plante et biochimiste du végétal, vont aborder le côté plus scientifique du dossier en expliquant les cannabinoïdes des terpènes et leur rôle médical. Il sera question des effets sur le cerveau et de la législation en cours.

Il y a un peu plus d’un an, l’UQTR était la première université québécoise à annoncer le démarrage d’un profil de formation sur le cannabis et les autres drogues produites par les plantes. Seulement six étudiants s’étaient inscrits.

Comme l’explique le professeur Germain, c’est que cette annonce s’était faite une semaine avant la date limite d’inscription. «Même si l’on n’avait eu que deux ou trois étudiants, on ouvrait le programme quand même», dit-il. Les statistiques d’inscription pour cette année ne sont pas encore sorties, ajoute-t-il, mais on attend un bien plus grand nombre d’étudiants. C’est que la demande pour de la main-d’oeuvre compétente dans ce domaine est forte. En entreprise, les finissants ne feront pas que faire pousser les plants. Ils pourront également faire de la transformation ainsi que du contrôle de qualité, explique le professeur Germain. Un étudiant est déjà à l’emploi d’une de ces entreprises et un autre est invité à un projet en Inde.

Le professeur Germain indique qu’il existe encore, dans la pensée populaire, un lien entre le cannabis et l’intoxication alors que cette plante est de plus en plus employée à des fins médicales. Les gens sont de moins en moins gênés, dit-il, à demander une prescription de cannabis à leur médecin.

Le colloque se déroulera au local 1102 du pavillon du Centre intégré en pâtes et papiers (CIPP) de l’UQTR, de 13 h à 16 h 15. Aucune inscription n’est requise.