Le mur de l’ancienne Belgo qui longe la route 153 est dans un état de décrépitude.
Le mur de l’ancienne Belgo qui longe la route 153 est dans un état de décrépitude.

Démolition du mur de l’ancienne Belgo: «On me dit d’être patient»

Gabriel Delisle
Gabriel Delisle
Le Nouvelliste
SHAWINIGAN — Le maire de Shawinigan Michel Angers craint que les travaux de démolition du mur problématique de l’ancienne Belgo n’aient pas lieu cette année, malgré les risques pour les automobilistes causés par des morceaux qui s’y détachent.

«Est-ce que j’ai bon espoir de voir ce mur tomber avant l’automne? Il y a peu d’espoir», soutient Michel Angers qui mentionne que le ministère doit d’abord compléter ses analyses.

«Je ne connais pas leur plan de match. J’aimerais le connaître et avoir des échéances. Mais on me dit d’être patient. Plus patient que moi, tu meurs.»

La première étape des travaux à l’ancienne Belgo menée par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques (MELCC) consistait au nettoyage du site. Cette première étape est terminée et elle a permis de retirer 55 000 tonnes métriques de matières résiduelles. Le ministère a publié un appel d’offres pour une «caractérisation environnementale» du site, ce qui inclut une analyse des matériaux et matières présents dans les bâtiments. Tant que ces analyses ne sont pas terminées, le ministère ne peut fixer un échéancier pour la démolition.

«Ce dernier volet permettra de mieux définir les prochaines interventions requises et l’échéancier des travaux subséquents dépendra de la réalisation et des conclusions de ce mandat», explique Sophie Gauthier, conseillère en communication au MELCC.

Le maire de Shawinigan, Michel Angers.

Également impliqué dans le dossier de la démolition de l’ancienne Belgo, le ministère des Transports doit s’assurer de la sécurité des usagers de la route avant et durant les travaux.

Or, ce mur qui longe le boulevard Pie-XII (route 153) présente déjà un risque pour la sécurité des automobilistes, estime le maire Michel Angers. Des morceaux se sont détachés à quelques reprises déjà pour heurter des automobiles en mouvement.

«Est-ce qu’on va vivre encore une fois avec un automne, un hiver et un printemps avec un mur qui peut risquer d’être dangereux? Oui», affirme le maire exaspéré par les risques que le bâtiment en décrépitude représente pour la population.

«Mais j’ai bien avisé les ministères concernés. Si jamais il arrive un accident quelconque à la suite d’une brique qui tombe et qu’on n’a pas agi durant des années, je vais savoir vers quel côté me retourner. Des mises en garde, j’en ai fait encore et encore. Des briques sont tombées et des citoyens les ont eues sur les pare-brise.»

Plus les travaux de démolition du mur sont retardés, plus les risques de bris s’accroissent. Des morceaux sont plus susceptibles de se détacher du mur lors des périodes de gel et de dégel, rappelle Michel Angers.

Ce dernier considère également que certains travaux de sécurisation du mur sont «de l’argent gaspillé pour rien». «On aurait pu probablement passer plus rapidement à l’action pour minimalement enlever ce mur», mentionne le maire Angers. «Ce n’est pas parce que je n’aurais pas insisté.»

Le MTQ a annoncé en juillet dernier avoir mandaté une firme pour préciser les interventions nécessaires à court et moyen terme. Cette firme doit aussi spécifier les parties visées par une intervention ainsi que la méthode appropriée en tenant compte des facteurs environnementaux.