Le centre communautaire de Louiseville suscite des réactions au sein de la population.
Le centre communautaire de Louiseville suscite des réactions au sein de la population.

Démolition du centre communautaire de Louiseville: le conseil intraitable

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
Louiseville — Malgré les représentations de quelques citoyens préoccupés par l’avenir du centre communautaire de Louiseville, le conseil demeure intraitable sur le sort qui lui est réservé. Le centre communautaire sera démoli, martèle Yvon Deshaies, qui a accusé un de ses concitoyens, en pleine séance du conseil, de «foutre la merde».

La séance de lundi a démarré sur les chapeaux de roue. Habituellement tranquille, la première période de questions a donné lieu à des échanges musclés entre certains citoyens et le conseil. Le contenu d’une lettre publiée le jour même dans Le Nouvelliste, signée par Michel Neveu, a été abordé durant ces échanges. Dans sa lettre, ce citoyen reproche au maire Deshaies un manque de vision et de leadership concernant le centre communautaire. Cet ancien candidat comme conseiller à Louiseville estime que la communication a été déficiente et a l’impression qu’aucun effort de recherche de subventions gouvernementales n’a été fait.

«On a été élu pour prendre des décisions, a tonné le maire Deshaies. Il aime ça foutre la marde. Au lieu de se cacher, en parlant sur Facebook, il est où?»

Invité par la suite par Le Nouvelliste à revenir sur cette déclaration, Yvon Deshaies ne s’est pas défilé. Au contraire. «Dans sa lettre, il dit: ‘‘Quand on veut tuer un chien, on dit qu’il a la rage’’. Ce n’est pas nous qui décidons, on se fie à un vétérinaire. Pour M. Neveu, c’est comme si on ne connaissait rien. Dans le dossier du centre communautaire, on a fait affaire avec un ingénieur. Il fout la marde partout. Il a le droit de parler dans Le Nouvelliste, sur Facebook. Mais il ne vient pas à la séance du conseil! On aurait pu en parler et lui expliquer. Il a manqué de couilles», raconte le maire à propos de ce citoyen avec lequel il entretient une relation difficile.

Michel Neveu ne pouvait assister à la séance du conseil de lundi. Mis au courant des propos d’Yvon Deshaies, il se dit déçu d’entendre de tels commentaires provenant du maire de Louiseville.

«C’est indigne d’un premier magistrat. Ce n’est pas parce que j’exprime des désaccords à l’endroit de M. Deshaies qu’il doit me manquer de respect. J’ai toujours accepté les échanges virils. Il est possible à deux individus de ne pas partager le même avis. Le minimum est de respecter la vision de l’autre et de tenter de lui expliquer», raconte M. Neveu, en affirmant qu’Yvon Deshaies lui a manqué de respect il y a quelque temps lors d’une rencontre publique du conseil de la MRC de Maskinongé.

La période de questions avait été lancée par l’intervention de Nicole Larose. Se présentant comme porte-parole de citoyens opposés à la démolition de l’ancienne école des métiers, Mme Larose a déclaré que 500 000 $ ont été investis il y a quelques années pour restaurer les lieux. Si on ajoute la somme de 670 000 $ requis pour la démolition aux 423 000 $ provenant de la couverture d’assurance pour l’incendie criminel du centre communautaire, la Ville se retrouverait avec une base de plus d’un million de dollars pour réparer le centre communautaire, dont la partie avant est toujours en état. Voilà pourquoi elle demande à la Ville d’obtenir un deuxième avis d’expert à propos du centre communautaire.

«Monsieur le maire, voulez-vous passer à l’histoire pour avoir démoli le boulodrome et le centre communautaire?», a dit Mme Larose, en exprimant la volonté de lancer une pétition en opposition à la démolition du centre communautaire.

Les élus n’ont pas bronché d’un poil devant ces revendications. Le conseil garde le cap vers une démolition qui aura lieu en 2020. Investir environ cinq millions de dollars pour restaurer les lieux est une avenue qui a été écartée par le conseil.

«On resterait avec une vieille salle, les escaliers, observe le maire. On ne veut pas rester dans du vieux. Il y a de l’amiante. Personne ne veut acheter le devant de la bâtisse. J’ai eu deux personnes qui sont venues, mais trouvent qu’il y aurait trop d’argent à mettre dessus. On a étudié le dossier, on a rencontré l’ingénieur et on a une décision unanime de démolir le centre communautaire au lieu de mettre de l’argent dessus.»

Yvon Deshaies a rappelé que le boulodrome devait être démoli en raison du risque d’effondrement qu’il représentait. Des demandes pour un nouveau boulodrome surgissent de la population, de même que pour une piscine publique.

«On n’a pas d’argent pour ça. Est-ce qu’on veut monter les taxes? On paie 1,09 $ du 100 $ d’évaluation. Que ce soit pour une piscine, un boulodrome, une salle communautaire, ça va monter à 1,20 $.»

À moins de miser sur l’appui financier des municipalités voisines, Louiseville n’aura pas un nouveau centre communautaire de sitôt. Par contre, Yvon Deshaies sait que Louiseville doit miser sur une salle communautaire qui pourrait accueillir autour de 250 personnes.

Évaluation des lieux

Louiseville a embauché un évaluateur dans le but de déterminer la valeur réelle de la propriété du centre communautaire advenant qu’un promoteur privé souhaite racheter le tout. L’évaluateur devra tenir compte des coûts de démolition, évalués à 670 000 $, afin de fournir les données plus précises possibles à un éventuel acheteur pour que celui-ci sache à quoi s’en tenir s’il conserve une partie de la bâtisse ou s’il décide de la démolir.

Le rapport de l’évaluateur devrait être remis d’ici la fin du mois de septembre.