La décision de la Ville de Trois-Rivières de démolir sans reconstruire l'aréna Jean-Guy-Talbot déçoit de nombreux amateurs de hockey et habitués de l'endroit.

Démolition de l'aréna Jean-Guy-Talbot: des spectateurs déchirés

TROIS-RIVIÈRES — La décision de la Ville de Trois-Rivières de démolir l'aréna Jean-Guy-Talbot du secteur de Cap-de-la-Madeleine sans en reconstruire un nouveau ne fait définitivement pas plaisir aux spectateurs qui y vont régulièrement pour voir jouer l'équipe du Climatisation Cloutier. Si certains semblent avoir fait la paix avec cette décision, de nombreux autres, surtout les familles, critiquent vertement cette décision. Un élément les rassemble toutefois : tous considèrent que lorsque les murs de leur aréna tomberont, ce sera une grande perte pour le secteur du Cap-de-la-Madeleine.

«C'est triste, mais il faut ce qu'il faut, si c'est trop vétuste. Par contre, c'est un bel emblème de la ville qui va partir», estime Éric St-Arneauld, venu voir jouer le Climatisation Cloutier, fidèle à son habitude. 

Gerry Leguë abonde dans le même sens. «Si ça coûte plus cher de l'entretenir que de le reconstruire, c'est correct de faire ça. Le Colisée peut faire l'affaire en attendant», croit celui qui espère que la Ville reviendra sur sa décision de ne pas reconstruire un aréna à l'est de la rivière Saint-Maurice. 

«Mais ici, il y a une certaine ambiance qu’on ne retrouve pas au Colisée. Là-bas, s’il n’y a que 400 personnes présentes, ç'a l’air vide», ajoute M. Leguë.

Le ton est différent chez les spectateurs dont les enfants jouent eux-mêmes à l'aréna. C'est le cas de Sophie Cossette, venue samedi soir avec son conjoint et leurs enfants.

«C’est triste, parce que c’est comme notre deuxième maison, ici. Nos trois enfants jouent au hockey ici, alors on est là six jours sur sept», s'exclame-t-elle.

«On est d’accord qu’ils le démolissent, mais il aurait fallu reconstruire. Des centres multidisciplinaires, il y en a partout, à Trois-Rivières! Ce qu’il nous faut, c’est une glace», soutient-elle. 

De gauche à droite: Samuel Dargis, Sophie Cossette, Nicolas Dargis, Alicia Dargis, Amélia Dargis et Thomas Tremblay.

Mme Cossette ajoute que la Ville de Nicolet a récemment rénové son aréna, qui était d'après elle aussi décrépit que l'aréna Jean-Guy-Talbot, sinon plus. Ces travaux, financés en grande partie par le gouvernement du Québec, ont coûté plus de 7 millions $.

«Si Nicolet a pu rénover son aréna, je ne vois pas pourquoi Trois-Rivières n'aurait pas pu le faire», lance-t-elle.

Rappelons que la Ville de Trois-Rivières a estimé les coûts des travaux de rénovation nécessaires à l'aréna Jean-Guy-Talbot à 14 millions $, alors que ceux pour sa démolition et la reconstruction d'un complexe sportif multidisciplinaire devrait coûter 8 millions $.

Mme Cossette ajoute que la disparition de l'aréna ne contribuera certainement pas à la revitalisation du secteur de Cap-de-la-Madeleine. «Mon café, quand je viens ici, je l'achète au Cap, pas à Trois-Rivières-Ouest. Si on doit se déplacer pour voir nos enfants jouer, ça n'aidera pas les commerces d'ici», remarque-t-elle.

Michael Poirier et Stéphane Auger, dont les fils jouent également à l'aréna Jean-Guy-Talbot, sont eux aussi très mécontents de la décision de la Ville.

«Ça ne nous tente pas d'aller à Trois-Rivières, vraiment pas. Et puis même si c'est au Complexe sportif Alphonse-Desjardins (que nos enfants jouent), c'est une glace olympique alors qu'ici, c'est une glace normale, plus petite. Les enfants préfèrent jouer ici», se désole M. Auger.

Ce revers n'empêchera pas M. Poirier d'aller voir jouer le Climatisation Cloutier, même si c'est à Trois-Rivières. Il convient cependant qu'il sera peut-être moins assidu.

«S’il faut aller ailleurs pour les voir, on va y aller pareil, mais peut-être pas aussi souvent», concède-t-il.

«Moi, c'est sûr que je vais y aller moins souvent», prévient M. Auger.

Assis quelques sièges plus loin, Alain Beaudet se désole lui aussi de la mort annoncée de l'aréna. «Ça me fait de la peine de savoir qu’ils vont le démolir. C’est un aréna idéal pour le hockey», croit-il.

Même si certains spectateurs préviennent qu'ils iront voir jouer le Climatisation Cloutier moins souvent lorsque l'aréna sera démoli, Yves Tremblay, copropriétaire de l'équipe de hockey senior, tente de rester positif. «C'est comme un magasin qui déménage: si on offre un bon produit, de qualité, les gens vont se déplacer», estime-t-il.

Il s'inquiète toutefois de l'avenir financier de l'équipe, avec la situation des concessions alimentaires, mais aussi par rapport à la signature d'ententes avec d'éventuels partenaires.

«Si on veut signer des ententes de deux ou trois ans, ça va être difficile, si on ne sait même pas où on sera l'an prochain et quelle sera notre situation», se désole-t-il.