Lors de l’assemblée d’investiture d’Yves Lévesque comme candidat conservateur dans Trois-Rivières, le chef Andrew Scheer était venu l’appuyer, de même que son lieutenant politique au Québec, Alain Rayes.
Lors de l’assemblée d’investiture d’Yves Lévesque comme candidat conservateur dans Trois-Rivières, le chef Andrew Scheer était venu l’appuyer, de même que son lieutenant politique au Québec, Alain Rayes.

Démission d'Andrew Scheer: «La pression était forte pour qu’il quitte» - Yves Lévesque

Paule Vermot-Desroches
Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Si la démission d’Andrew Scheer comme chef du Parti conservateur a causé une onde de choc à Ottawa jeudi, elle n’a probablement pas surpris la plupart des militants conservateurs du Canada. C’est du moins l’avis du candidat conservateur défait dans Trois-Rivières et ex-maire de la ville, Yves Lévesque, qui estime que son chef n’avait plus vraiment le choix de partir.

«On s’y attendait quand même, et ce n’est pas surprenant. La pression était forte pour qu’il quitte et à partir du moment où il a entamé des consultations auprès de ses militants dans toutes les provinces, il s’est mis en mode écoute et il a entendu», croit Yves Lévesque.

Bien que peu surpris, Yves Lévesque admet être peiné pour celui qui a conduit les troupes conservatrices durant la dernière campagne, un homme en qui, confie-t-il, il avait la plus grande confiance.

«Il a travaillé très fort, il avait réussi à se faire élire à la tête du parti et a mené une campagne intéressante, basée sur des idées concrètes et pragmatiques qui rejoignaient mes aspirations. Mais malheureusement, la campagne a bifurqué sur des questions touchant à ses valeurs personnelles, et ça nous a fait mal sur le terrain. On le sentait durant la campagne», mentionne M. Lévesque.

Et alors que d’autres candidats ont rapidement jeté la pierre vers le chef après l’élection d’octobre, Yves Lévesque n’était pas prêt à le lapider sur la place publique. «C’est un homme intelligent, il a voulu faire une tournée pour nous entendre et c’est ce qu’il a fait. Que ça vienne de lui, je crois que c’est bien et je respecte sa décision. Mais on a vite tendance à oublier que nous avons adhéré à ce parti parce qu’on aimait la philosophie, le programme mais aussi le chef. Pour ma part, il avait réussi à mettre en place un programme qui me rejoignait, qui parlait d’écoute, d’autonomie et de respect des compétences municipales et provinciales, de décentralisation des décisions et d’écoute des provinces. Mais la campagne a dévié sur d’autres sujets», évoque l’ancien maire, faisant notamment référence aux questions portant sur le droit à l’avortement.

Si les noms de Caroline Mulroney et Bernard Lord circulent déjà pour succéder à Andrew Scheer, Yves Lévesque attendra de voir qui sera sur la ligne de départ avant de donner son appui à qui que ce soit. Toutefois, il est catégorique: le prochain chef du Parti conservateur devra impérativement bien s’exprimer en français, avoir des valeurs progressistes et incarner un leadership qui permettra d’être rassembleur pour l’ensemble des provinces afin de faire en sorte que le Canada «ne soit pas aussi divisé qu’il l’est actuellement».

Serait-il lui-même intéressé à se lancer? «On m’en a parlé, je ne le cacherai pas, mais non pas tout de suite. J’aurais aimé faire mes classes avant. Peut-être qu’après avoir passé quelques années au parlement, ça m’aurait intéressé», considère-t-il.