Le centre communautaire de Louiseville est fermé, et ce, jusqu’à nouvel ordre. Une quinzaine d’organismes ont dû se trouver un nouveau toit d’urgence.

Déménagement d'urgence

Louiseville — Déménager en quelques heures ou se retrouver à la rue. C’est ce qu’ont vécu une quinzaine d’organismes, mercredi, à la suite de la fermeture d’urgence du centre communautaire de Louiseville. L’imposant bâtiment du rang de la Petite-Rivière n’est plus accessible, et ce, jusqu’à nouvel ordre, en raison de l’apparition d’inquiétantes fissures. Prévenus dans la matinée de mercredi, les organismes devaient avoir quitté les lieux à 21 h.

Le bâtiment déjà très animé s’est rapidement transformé en une véritable fourmilière débordant d’employés ou de bénévoles à bout de souffle, tentant à tout prix de réorganiser leurs services ou transportant à bout de bras des boîtes de carton, qui s’empilaient pêle-mêle dans les différents locaux et les couloirs. À l’extérieur, des camions et des remorques remplis à ras bord de boîtes et de meubles étaient stationnés un peu partout. 

En apprenant la nouvelle, ce fut le choc dans l’ensemble des organismes. «On s’est mis à pleurer», lâche Sylvie Lemay, agente de développement au Centre d’action bénévole (CAB) de la MRC de Maskinongé. «J’étais sidérée. Le ciel me tombait sur la tête. J’étais renversée. Je me demandais comment ils allaient faire, surtout quand tu ne sais pas où aller. C’était fou, c’était fou, ça n’a pas de bon sens», ajoute Claire Larouche, bénévole au CAB. 

Mais rapidement, tout le monde s’est attelé à la tâche. «Les services continuent. Il faut rejoindre les bénévoles, les bénéficiaires. Il a fallu penser vite et penser solution», mentionne Mme Lemay.


C’est en raison de l’apparition de nombreuses fissures que le centre a dû être évacué. Sylvie Lemay, du Centre d’action bénévole (CAB) de la MRC de Maskinongé, en montre ici un exemple évident.

Se retrousser les manches a été payant puisque plusieurs organismes ont réussi à se relocaliser de façon temporaire ou définitive en un temps record. C’est le cas du Centre d’action bénévole qui va s’installer dans un bâtiment de l’avenue Dalcourt avec l’Association des personnes handicapées du comté de Maskinongé et le service de transport adapté. 

La plupart des organismes ne connaîtront pas de rupture de service. La popote roulante va être en mesure de distribuer des repas comme à l’habitude, jeudi, même chose pour l’organisme L’Entre-Aide. 

D’ailleurs, bénévolat rime avec solidarité et les évacués en ont eu une démonstration éloquente, mercredi, alors que l’aide a afflué de partout. Anciens employés, conjoints, amis, des dizaines et des dizaines de bénévoles et même des enfants sont venus donner un coup de pouce. Des organismes qui ne sont pas situés au centre sont venus prêter main-forte à leurs collègues. De la nourriture et du matériel sont apparus et des boîtes de carton ont même été dénichées jusqu’à Berthierville. «Quand on l’a appris, on se demandait vraiment ce qui allait arriver. Mais l’aide est arrivée rapidement et tout le monde s’est mobilisé. C’est vraiment impressionnant», mentionne  Nancy Lefebvre, directrice de L’Entre-Aide. «C’est vraiment un choc. Nous, on a appris ça ce matin, donc il a fallu se retourner très rapidement. Moi, par contre, ce que je remarque c’est à quel point on s’entraide. Il y a notre CDC qui est là pour nous donner un coup de main, les transports collectifs. Il y a une super belle solidarité», raconte Marianne Cornu, directrice du Gyroscope.

Yvon Deshaies assure que la Ville a agi promptement dans ce dossier.

En voyant l’état du centre, on comprend l’avis d’évacuation. De larges fissures sont visibles sur plusieurs murs. Au CAB, on explique que de petites fissures ont d’abord fait leur apparition. Mais elles se sont multipliées et ont agrandi de façon impressionnante. Du plâtre tombait même du plafond sur la tête de bénévoles qui déplaçaient des boîtes dans un  local, mercredi. 

C’est une firme d’ingénierie qui a conclu qu’il était préférable de fermer le centre, qui date de 1950, le temps de procéder à d’autres expertises. Un dénouement qui désole les organismes et leurs bénévoles. «Le centre communautaire, c’est une institution. Beaucoup d’organismes sont ici, la grande salle sert beaucoup. C’est une très grosse perte pour la paroisse», déplore Mme Larouche.

La Ville assure avoir agi promptement dans ce dossier. «Ça a commencé un petit peu. On a envoyé un ouvrier voir ça. Allez à l’église, c’est plein de fissures. Est-ce qu’on va fermer l’église pour ça? Non. La deuxième semaine, la fissure avait agrandi. Là on a bougé. On a trouvé que c’était large alors on a bougé. On n’a pas retardé du tout», assure Yvon Deshaies, le maire de Louiseville.

Anciens employés, conjoints, amis, des dizaines et des dizaines de bénévoles et même des enfants sont venus donner un coup de pouce.

La cause de l’apparition de ces fissures n’est pas connue, mais elle pourrait être attribuable à un affaissement du sol. La durée de la fermeture demeure aussi une interrogation, mais elle pourrait s’étendre de 4 à 6 mois, «si tout va bien», précise le maire. Même inconnu du côté des coûts, mais la facture s’annonce salée. Est-ce que le bâtiment risque d’être tout simplement démoli si les dommages sont trop importants? «J’espère que non, mais on ne le sait pas. Tout est possible», indique le maire, en assurant que le centre était bien entretenu.

Même la bibliothèque de Louiseville est fermée tout comme sa société d’histoire et sa salle communautaire. Pour ce qui est des autres organismes, M. Deshaies espère de tout cœur qu’ils vont réussir à se relocaliser au moins le temps que le situation rentre dans l’ordre. Il demande aux autres maires de la MRC de vérifier s’ils ont des locaux disponibles. «J’ai besoin d’aide pour les organismes de la MRC de Maskinongé. On veut qu’ils continuent de donner les services», plaide-t-il.