Démantèlement d'un réseau de braconnage d'ours noir

Pas moins de 160 agents de conservation de la faune ont frappé tôt mercredi matin dans quatre régions du Québec dans le cadre de l’opération « Pochette ». Cette opération visait à démanteler un important réseau de braconnage mis sur pied pour tuer des ours noirs afin de prélever la vésicule biliaire pour la vendre illégalement sur le marché asiatique, où elle est utilisée dans la médecine traditionnelle.

Le commandant des agents de la faune pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, Jasmin Larouche, a expliqué qu’il s’agissait de la plus importante opération pour ce type de braconnage spécifique réalisée depuis 2002. Les agents ont débuté cette enquête il y a trois ans et sont parvenus à identifier les différents éléments de ce vaste réseau qui a piégé et tué pas moins d’une centaine d’ours noirs au cours de ces trois années.

« L’opération visait 64 personnes. Jusqu’à maintenant, il est certain qu’il y aura des accusations contre 33 personnes. Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, des perquisitions ont été effectuées à Normandin, Labrecque et Bégin. Des personnes ont aussi été rencontrées sur la Côte-Nord, à Laval et dans la Mauricie », a expliqué le commandant, tout en évitant de dévoiler des détails sur l’identité des individus qui n’ont pas encore comparu en Cour du Québec, chambre pénale.

Les personnes arrêtées feront face à des accusations de possession, vente et achat de vésicules biliaires d’ours noirs, piégeage d’animaux en période prohibée, capture d’animaux à fourrure supérieure au contingent annuel autorisé, capture et chasse d’animaux avec des engins interdits et possession illégale d’ours. En tout, les agents ont confirmé que 121 chefs d’accusation seront officiellement déposés contre les individus arrêtés mercredi. Il est possible que des chefs additionnels soient déposés puisque l’enquête se poursuivait pendant toute la journée avec la rencontre de témoins.

Le commandant des agents de conservation a confirmé en point de presse que des individus oeuvrant à tous les échelons du réseau ont été arrêtés. Ce qui comprend des personnes qui ont acheté la marchandise illégale. Il a référé les médias au gouvernement canadien en ce qui concerne le réseau de vente à l’étranger ou les individus qui se chargent d’expédier la précieuse marchandise vers les acheteurs orientaux.

La vente de vésicules biliaires d’ours noirs est interdite au Québec depuis 1998. Les agents de conservation avaient réalisé une importante opération en 2002 pour mettre un terme à ce commerce illégal dans le cadre de l’opération América. L’appât du gain constitue, selon Jasmin Larouche, le principal attrait pour cette activité illégale.

La vente de vésicule biliaire peut rapporter de 80 $ à 250 $ le gramme pour les chasseurs qui prélèvent la partie de l’animal. La perquisition de mercredi a permis aux agents de saisir plusieurs milliers de dollars provenant des activités d’achat et vente.

Les autres parties de l’ours que les braconniers parviennent à écouler sont les dents, les griffes, la peau et les pattes. Les braconniers utilisent des pièges à patte. L’animal qui se sent pris reste immobile et produit de la bile. Ce qui augmente la valeur de la vésicule.

La biologiste du ministère, Sophie Massé, a de son côté expliqué qu’il n’y avait aucune démonstration scientifique sur les bienfaits des produits fabriqués avec la vésicule biliaire. Selon la biologiste, l’ours noir est visé par les braconniers en raison de la grosseur de sa vésicule biliaire.