Le conflit de travail chez Delastek pourrait prendre fin bientôt.

Delastek: les deux parties veulent faire appel à un arbitre

Shawinigan — Après quasiment trois ans, le conflit de travail qui paralyse l’entreprise Delastek de Shawinigan pourrait bien prendre fin bientôt. Les deux parties s’entendent sur le fait qu’ils veulent avoir recours à un arbitre afin de dénouer l’impasse.

Elles se sont d’ailleurs rencontrées la fin de semaine dernière afin de cibler ensemble les points en litige. Les pourparlers ont également porté sur le protocole de retour au travail nécessaire lorsqu’un arbitre est saisi d’un dossier de relations de travail. Rappelons que la grève qui a commencé le 1er avril 2015 constitue le plus long conflit de travail présentement en cours au Québec.

Le président de l’entreprise se spécialisant dans l’aéronautique, Claude Lessard, soutient que les deux parties se sont entendues sur l’identité de l’arbitre à qui sera confiée la tâche de dénouer l’impasse. Il ajoute que les travailleurs devraient se réunir d’ici à lundi prochain afin de se prononcer sur le protocole de retour au travail. Visiblement heureux des récents développements, il a fait parvenir un communiqué de presse aux médias en fin de journée mercredi.

«Au moment où l’arbitre sera officiellement nommé, ça mettra fin au conflit de travail. Les employés rentreront au travail et ça sera l’ancienne convention collective qui s’appliquera tant que nous n’aurons pas fait nos plaidoyers et que l’arbitre tranche», explique l’homme d’affaires.

Claude Lessard, président de Delastek

Selon ce qu’il a appris par l’entremise du responsable des ressources humaines de son entreprise – qu’il avait délégué le week-end dernier – M. Lessard indique que le ton était cordial lors de la rencontre. Il se dit donc encouragé pour la suite des choses, d’autant plus que les deux parties ont plutôt été en mode confrontation depuis le début du confit.

«Il y a eu des poignées de mains. À un moment donné, il faut que ça arrête», lance-t-il.

En raison du fossé entre les demandes syndicales et les offres patronales, le recours à l’arbitrage était la solution qui s’imposait, selon le président de l’entreprise.

«Je crois que nous sommes rendus à cette étape. En confiant le litige à un arbitre, on aura le regard d’un tiers neutre sur les points de mésentente. Ça va enlever toute l’émotivité et le passé. Il y a probablement des points qui ne feront pas mon affaire, mais je suis prêt à les assumer et à aller de l’avant», laisse-t-il tomber.

Du côté syndical, on se limite à dire que les négociations sur le protocole se poursuivent et qu’il n’y a pas encore d’entente de conclue à ce sujet. Le représentant national Unifor, Luc Deschênes, tient à préciser qu’aucune date n’a encore été arrêtée pour la tenue d’une assemblée au cours de laquelle les syndiqués se prononceront sur une offre de protocole de retour au travail.

«Tout ce que je peux dire, c’est qu’il y a eu une rencontre dimanche [dernier] et que l’on s’entend pour avoir recours à un arbitre», mentionne simplement le représentant syndical.

Un long et difficile conflit

Depuis le tout début, ce conflit a été une véritable partie de bras de fer entre la partie patronale et le syndicat. La direction est notamment soupçonnée d’avoir eu recours à des briseurs de grève ainsi qu’à de la main-d’œuvre étrangère afin que la production puisse se poursuivre malgré la grève. Le syndicat a d’ailleurs déposé plusieurs plaintes à cet effet devant le Tribunal administratif du travail. Claude Lessard avait également ouvertement évoqué l’idée de déménager sa production de Shawinigan dans des pays tels que le Mexique. Ce déménagement viendrait s’ajouter à l’ouverture d’une usine de production à Plattsburgh aux États-Unis au début 2016 et d’un bureau de vente en Chine à l’automne dernier.