La 22e édition du Défi Réjean Huard se tenait samedi, face à l’Île Melville.

Défi Réjean Huard: «la fierté, ça n’a pas de prix»

Shawinigan — En attendant la Classique internationale de canots de la Mauricie, qui doit s’ouvrir dans moins d’une semaine, c’est dans une atmosphère conviviale, où l’inclusion est la règle, que se déroulait samedi, face à l’Île Melville, dans le secteur Shawinigan-Sud, le Défi Réjean Huard, ce rendez-vous qui présente notamment une compétition amicale mettant aux prises des équipes formées d’athlètes inscrits à la Classique de canots et de personnes vivant avec une limitation physique ou intellectuelle, dans le cadre d’une course de canots de trois kilomètres.

Mettre les sourires aux lèvres et redonner à la communauté. Voilà comment Dominic Thibault, directeur de compétition à la Classique de canots, résume la motivation qu’ont les athlètes à participer au Défi Réjean Huard aux côtés de leur partenaire d’un jour. «Il y en a qui vont s’entraîner toute l’année pour ce défi-là qui dure trois kilomètres», souligne-t-il, en parlant des participants présentant des limitations physiques ou intellectuelles.

M. Thibault, qui est kinésiologue dans sa vie professionnelle, explique que la réponse est toujours enthousiaste parmi les canotiers. Ainsi, relate-t-il, il est arrivé au cours des précédentes éditions que ceux-ci soient plus nombreux à se porter volontaires que ce dont on avait besoin pour compléter les équipages.

Si l’événement gagne chaque année en importance, c’est à un véritable boum de popularité que l’on assiste cette année. On a en effet triplé le nombre de participants pour la présente édition, tandis que 24 équipes ont été formées pour la course. Il faut dire que l’événement qui a connu des débuts modestes était présenté pour la première fois une fin de semaine.

Marie-Christine Morand et Marie-Claude Ayotte prenaient part à la compétition de canots du Défi Réjean Huard, en compagnie de participants à la Classique internationale de canots de la Mauricie.

«Ça a toujours été un mardi soir, là on s’est dit “on va en faire un événement à part entière et on va le rendre plus gros”», raconte M. Thibault. Ainsi, d’événement modeste, lançant les activités de la Classique de canots, le Défi Réjean Huard devient une occasion de célébrer l’inclusion et de démontrer que l’activité sportive est l’affaire de tous, se félicite M. Thibault.

Quelques heures avant le départ, Marie-Christine Morand et Marie-Claude Ayotte semblaient attendre le coup d’envoi avec un certain calme. Si Marie-Christine en était à sa première participation, Marie-Claude est pour sa part une habituée du Défi, alors qu’elle s’apprêtait à prendre part à son dixième départ.

Le Défi Réjean Huard en est un parmi d’autres pour les jeunes femmes, tandis qu’elles ambitionnent toutes deux de bientôt s’installer dans leur propre appartement. Elles attendent que se concrétise le projet de construction d’appartements supervisés de l’organisme J’ai mon appart », aussi présent à l’événement pour promouvoir sa cause.

Repousser les frontières

De son côté, Stéphane Boileau, directeur général de la Classique de canots, se réjouit que l’esprit d’inclusion abatte chaque année de nouveaux obstacles. En effet, depuis l’an dernier, des jeunes de milieux défavorisés participent au Défi Réjean Huard à l’occasion du Défi jouer pour jouer. L’activité voit les jeunes prendre part à une course de rabaskas axée sur la participation.

Dominic Thibault, directeur de compétition à la Classique internationale de canots de la Mauricie, se réjouit du caractère inclusif du Défi Réjean Huard.

Ils étaient ainsi 40 jeunes à embarquer dans cinq canots et compétitionner dans une course où «tout le monde gagne», comme l’indique le directeur général. «La fierté, ça n’a pas de prix», soutient-il.

Toujours dans une perspective d’inclusion, le Défi Réjean Huard invitait pour la première fois cette année les gens aux prises avec de lourds handicaps physiques à essayer des embarcations et des équipements nautiques spécialement adaptés à leurs besoins. «C’est l’occasion pour eux de faire un sport qui est le fun et que tout le monde aime», s’enthousiasme M. Boileau.

Pour l’homme d’affaires Roger Lavergne, directeur de la Fondation Fusée, présentateur de l’événement, le Défi Réjean Huard s’inscrit parfaitement dans la mission de la fondation. «On essaie de toujours favoriser la participation», fait-il valoir.

Pour celui dont la nièce est atteinte de paralysie cérébrale, l’intégration doit se faire dans toutes les sphères, soient-elles professionnelles, éducatives ou sociales. L’homme d’affaires a plusieurs projets dans son sac pour arriver à ses fins. Il est notamment question d’un rabaska adapté pour les personnes présentant des limitations physiques, en vue de la prochaine édition du Défi Réjean Huard.

Stéphane Boileau et Yvon Laplante, respectivement directeur général et président de la Classique internationale de canots de la Mauricie, lors de la présentation de la 22e édition du Défi Réjean Huard.

En parlant de ceux pour qui sa fondation se démène, M. Lavergne plaide encore pour l’inclusion. «Je n’ai rien contre les endroits qui sont adaptés, mais on ne veut pas les laisser dans un coin, on veut qu’ils viennent s’amuser avec tout le monde au parc, on veut qu’ils soient sur les pistes cyclables avec les autres, on veut qu’ils soient dans des endroits touristiques», martèle-t-il.

Les résultats des courses

C’est finalement 23 participants qui ont pris part au Défi Réjean Huard, tandis que 32 jeunes composaient les cinq équipes de la compétition de rabaska, dans le cadre du Défi jouer pour jouer. Les équipes composées de Serge Pagé et David Caron, de Luc Mercier et Guillaume Bénard, et de Joël Lacroix et Shawn William se sont respectivement classées 1re, 2e et 3e, au Défi Réjean Huard. Les cinq équipages de rabaska ont tous accompli des temps sous les 25 minutes, l’équipe la plus rapide terminant l’épreuve avec un chrono de 19m16s.