Marie-Pier Bouchard était très émotive et elle avait peine à marcher hier à son arrivée à Trois-Rivières.

Défi des Demois'ailes: 40 000$ remis à deux organismes

Les larmes, les fleurs et le champagne étaient au rendez-vous dimanche après-midi à l'arrivée des 22 Demois'Ailes au parc portuaire. C'est main dans la main que les coureuses vêtues de rose ont parcouru les derniers des 715 kilomètres de leur défi, accompagnées de leur famille et de bénévoles. Le projet d'envergure aura permis d'amasser un montant préliminaire de 40 000 $, qui a fièrement été remis aux organismes Le FAR et La Séjournelle, qui viennent en aide aux femmes victimes de violence dans la région, juste avant que la pluie ne recommence à tomber.
Du 10 au 13 juillet, chacune des femmes aura donc couru une centaine de kilomètres, soit l'équivalent de deux marathons et demi, pour une cause qui leur tient à coeur. Malgré une crevaison et un air climatisé qui a cessé de fonctionner, l'aventure s'est bien déroulée et toutes les Demois'Ailes ont relevé le défi de taille, sans abandonner en route. 
«Je pensais que ce serait pire que ça. Ça plie encore!», a lancé en riant la Demois'Aile Roxanne Harvey. Comme appréhendé, elle affirme que la difficulté a surtout été la vie dans les quatre véhicules motorisés, dont la gestion du sommeil. Elle soutient toutefois que si elles avaient «l'air aussi en forme» c'était grâce au rythme imposé par les coachs. «Les entraîneurs nous ont bien préparées, ils nous conseillaient beaucoup.»
Marie-Josée Lepage se remémorait déjà les fous rires qu'elles ont eus à trois heures du matin en soutenant que le défi a été rempli de beaux moments de joie. «Ce n'est pas juste une défi sportif. C'est un monde parallèle, il n'y a plus d'heure ou de jour. Il fallait que je me concentre sur ce que j'avais à faire. Les coachs avaient vraiment fait de bonnes équipes.» Elle soutient que le tableau où elle avait choisi un modèle d'inspiration pour chaque relais de 10 kilomètres l'avait beaucoup inspiré. «Ce que j'ai appris de ce défi-là, c'est que j'ai vraiment eu besoin d'aller chercher en dedans pour être capable de le finir», a-t-elle conclu avec l'émotion dans la voix.
Les entraîneurs, qui ont pris part à une portion de chaque relais, ont eu un grand rôle à jouer dans la motivation des coureuses, d'autant plus que le parcours comportait beaucoup de montées. «On les connaît, on sait ce qui motive chacune d'entre elles et on les a amenées le plus loin qu'on pouvait.». Les entraîneurs du service de kinésiologie Physi-K, Myriam Courteau, Étienne Lefebvre, Judith Chalifour et Catherine Ratelle, ont affirmé sans hésiter qu'ils étaient déjà prêts à participer à la troisième édition. 
Le député fédéral du NPD, Robert Aubin, a voulu se joindre à elles par solidarité pour le dernier kilomètre. «Ces filles-là sont en train de faire une démonstration claire de ce qu'on peut arriver à faire quand on a de la ténacité, du courage, de l'endurance. Elles nous démontrent qu'elles ont le coeur aussi grand que la distance qu'elles ont parcourue.» Ce dernier s'engageait formellement à courir une plus longue distance l'an prochain. 
Courir pour les maisons Le FAR et La Séjournelle
Au-delà du défi sportif, les Demois'Ailes ont amassé des fonds pour des maisons qui offrent un service
d'hébergement et de soutien psychologique gratuit, dans le but de diminuer la violence conjugale dont sont victimes les femmes et les enfants.
Pour la maison Le FAR, les sommes amassées serviront à financer l'agrandissement de la maison actuelle dans le but d'offrir un refuge de seconde étape fournissant des services de soutien, d'hébergement et d'accompagnement sécuritaires à long terme aux femmes. La Séjournelle, pour sa part, désire financer l'acquisition d'une maison où elle pourra aménager des espaces réservés aux enfants et aux adolescents ainsi que trois chambres supplémentaires permettant d'améliorer la qualité de vie des familles qui doivent s'y réfugier pour leur sécurité.
Les représentantes des deux maisons étaient très reconnaissantes envers les 22 Demois'Ailes, qu'elles ont tenu à nommer une par une. La foule a applaudi chaleureusement Jolyane Damphousse, qui était la seule à relever le défi pour une deuxième année. 
«Il nous reste encore des montants qui ne sont pas comptabilisés, comme la moitié des pourboires des vélos-taxis du FestiVoix, ni tous les montants que nous avons reçus pour la course d'aujourd'hui ainsi que ceux reçus durant le trajet. Donc, ce montant ne peut qu'augmenter! Nous allons comptabiliser le tout cette semaine», a annoncé Jolyane. Alors qu'elle n'a pu dormir que quelques heures par jour, cette dernière se disait surtout fière de l'organisation à laquelle elle avait pris part.