Anthony Lafrenière-Gélinas, le porte-étendard du Défi Chaîne de vie en Mauricie, a amené le drapeau au sommet du mont SM entouré de quelques personnes seulement.
Anthony Lafrenière-Gélinas, le porte-étendard du Défi Chaîne de vie en Mauricie, a amené le drapeau au sommet du mont SM entouré de quelques personnes seulement.

Défi Chaîne de vie: «Le don d’organes, c’est quelque chose qui nous concerne tous»

Audrey Tremblay
Audrey Tremblay
Le Nouvelliste
Trois-Rivières — Le Défi Chaîne de vie s’est déroulé, en version restreinte, au mont SM à Saint-Mathieu-du-Parc le week-end dernier. Pour cette activité de financement, les porte-étendards du Défi ont gravi simultanément une quinzaine de montagnes pour sensibiliser la population lors de la Journée mondiale du don d’organes et de la greffe.

L’organisme Chaîne de vie soutient un programme qui éduque les jeunes de 15 à 17 ans au don d’organes et de tissus dans les écoles d’enseignement au secondaire. On veut permettre aux jeunes de prendre une décision personnelle et éclairée sur cet enjeu. On mise aussi sur ces adolescents pour initier la discussion au sein de leur famille. L’activité annuelle de collecte de fonds permet de financer la trousse éducative et d’offrir la formation aux enseignants.

«Le don d’organes, c’est quelque chose qui nous concerne tous», insiste Lucie Dumont, présidente et fondatrice de Chaîne de vie.

Les gens ont été invités à faire un don plutôt que de grimper la montagne afin d’éviter tout rassemblement. Bien que le bilan ne soit pas encore officiel, on pense avoir amassé aux alentours de 30 000 $ avec l’activité de financement. Une édition particulièrement spéciale à l’image de l’année 2020, marquée par la crise de COVID-19.

D’ailleurs, on estime que la pandémie aura des dommages collatéraux sur le don d’organes.

«Ce n’est pas facile pour les gens en attente. Le milieu hospitalier a été mobilisé pour la COVID. Ils avaient moins de temps pour identifier les donneurs potentiels et c’était dangereux de faire des greffes. […] On veut dire aux gens en attente qu’on ne les oublie pas. Chaque consentement compte», souligne Mme Dumont.

Elle rappelle aussi que le Québec a connu son plus bas taux de références et de donneurs des cinq dernières années.

«Quand on sait que seulement 1,4 % des personnes qui décèdent peuvent devenir des donneurs potentiels, on se rend compte que, plus que jamais, chaque don compte».

L’organisme affirme que près du tiers des familles de donneurs potentiels hésitent encore à autoriser le don d’organes.

Le programme Chaîne de vie vise à diminuer ce nombre de refus en préparant les jeunes à devenir des ambassadeurs de la discussion en famille en regard du don d’organes et de tissus.

Au Québec, 490 personnes ont été transplantées en 2019. Un seul don peut sauver 8 vies et aider 15 autres personnes à retrouver la santé.

L’éducation, un maillon clé

Lucie Dumont rappelle que 800 Québécois, dont 21 enfants, sont actuellement sur une liste d’attente et qu’avec la COVID-19, cette liste n’ira pas en diminuant. En Mauricie, ce sont 33 personnes qui sont en attente.

La présidente et fondatrice de Chaîne de vie martèle qu’il faut donner à l’éducation au don d’organes toute la place qu’elle mérite.

«La crise actuelle a malheureusement ralenti notre déploiement dans les écoles, mais nous voulons assurer la population que nous poursuivons notre développement afin de ne pas laisser tomber les centaines de personnes en attente d’une greffe».

«Les fonds recueillis dans le cadre du Défi Chaîne de vie permettront de développer, entre autres, des outils pour mieux informer les familles en regard du don d’organes et de tissus et ainsi contribuer à déboulonner les mythes qui y sont reliés. Les plus grands spécialistes en transplantation y participent sous la forme de capsules vidéo informatives qui seront dévoilées sur notre nouveau site Web plus tard cette année», a indiqué Mme Dumont.

Le programme est présentement enseigné dans une centaine d’écoles du Québec et près de 100 000 jeunes ont été touchés par son message.

Il est possible de faire des dons jusqu’à la fin du mois d’octobre sur le site de l'organisme.