La défense des quatre policiers dans l’affaire Vadeboncoeur aura coûté près de 1,5 million $ aux contribuables trifluviens.
La défense des quatre policiers dans l’affaire Vadeboncoeur aura coûté près de 1,5 million $ aux contribuables trifluviens.

Défense des quatre policiers dans l’affaire Alexis Vadeboncoeur: les contribuables épongent une facture salée

Sébastien Houle
Sébastien Houle
Le Nouvelliste
TROIS-RIVIÈRES — Près de 1,5 million $, soit l’équivalant d’environ 3 % du budget municipal annuel en sécurité publique, voilà la facture qu’auront eu à éponger les contribuables trifluviens pour défendre les quatre policiers dans l’affaire Alexis Vadeboncoeur, selon des informations qu’a obtenues Radio-Canada Mauricie – Centre-du-Québec, apprenait-on jeudi.

On se rappellera que les quatre agents du service de police de Trois-Rivières avaient notamment eu à répondre d’accusations de voies de fait et de fabrication de faux rapports, dans le cadre de l’arrestation musclée d’Alexis Vadeboncoeur, en 2013. M. Vadebonceour avait été appréhendé à la suite d’un vol qualifié dans une pharmacie de Trois-Rivières. L’arrestation avait été captée par une caméra de surveillance et l’affaire avait fait la manchette jusque sur la scène internationale. Les policiers avaient été suspendus en attendant que la cause soit entendue par les tribunaux.

Au terme des procédures judiciaires, trois des quatre agents, Marc-André Saint-Amant, Dominic Pronovost et Barbara Provencher avaient été blanchis. Seul le policier Kaven Deslauriers avait été reconnu coupable de voies de fait simple et subséquemment congédié. Les informations rendues publiques par Radio-Canada relatent maintenant que le procès de 2016, qui aura duré 32 jours, aura mobilisé six différents cabinets d’avocats, dont les honoraires totaux s’élèveront à 1 441 701$.

On notera que la Ville de Trois-Rivières a d’abord refusé de dévoiler les coûts de la défense des policiers, invoquant des motifs de confidentialité. Radio-Canada aura finalement eu gain de cause en portant sa demande devant la Commission d’accès à l’information. Soulignons que hormis les causes portées au civil ou en déontologie, il relève de l’obligation légale de la Ville d’assurer la défense de ses employés ayant agi dans l’exercice de leurs fonctions.

Alexis Vadeboncoeur a eu de nombreux démêlés avec la justice au fil des ans.

Une longue saga

Ayant obtenu une absolution conditionnelle, l’agent Deslauriers a finalement été réintégré dans ses fonctions par résolution municipale en juillet 2019, au terme de négociations entre le syndicat des policiers et la Direction de la police.

L’affaire avait à nouveau rebondi dans l’espace public en septembre 2019, alors que c’est Alexis Vadeboncoeur lui-même qui tentait d’obtenir justice en poursuivant les policiers au civil. Après avoir réclamé 2,3 millions $, il aura revu ses demandes à la baisse, en exigeant d’être indemnisé à hauteur de 490 000$.

La juge lui donnera finalement partiellement gain de cause, condamnant le policier Kaven Deslauriers à lui verser 5000 $.

«Les policiers doivent être en mesure de procéder à des arrestations difficiles, tout en appliquant la force nécessaire. La faute de l’agent Deslauriers est loin d’être banale, même si ses effets, selon la preuve, ont été évités. L’atteinte doit être dénoncée et tout comportement semblable doit être fortement découragé», pouvait-on lire dans le jugement.

Or, la juge avait cependant statué que la demande de M. Vadebonceour était «grossièrement exagérée compte tenu des dommages mis en preuve».

Alexis Vadeboncoeur a de son côté dû répondre à plusieurs accusations de vols et de méfaits au fil des ans et a brisé à plusieurs reprises ses engagements.