Serge Desfonds, derrière sa maison de la rue Notre-Dame Sud à Louiseville.
Serge Desfonds, derrière sa maison de la rue Notre-Dame Sud à Louiseville.

Décret des zones inondables: «Pas une bonne affaire»

Martin Lafrenière
Martin Lafrenière
Le Nouvelliste
LOUISEVILLE — «Pour un gars comme moi avec une maison à vendre, ce n’est pas une bonne affaire. Je ne la vendrai jamais ou je devrai baisser le prix. Le décret, ce n’est pas une bonne idée.»

À l’instar de nombreux autres Québécois ayant une résidence ciblée par la zone d’intervention spéciale décrétée par le gouvernement, Serge Desfonds se retrouve dans une situation délicate. Sa résidence de la rue Notre-Dame Sud à Louiseville est à vendre depuis six mois. Le décret impose un moratoire interdisant toute nouvelle construction si un bâtiment touché par une inondation subit des dommages représentant plus de 50 % de sa valeur. Cette situation va assurément amener les acheteurs potentiels à reculer. «Ma maison était vendue. Mais quand l’acheteur est venu voir, au printemps, et qu’il y avait de l’eau à 500 pieds, il a viré de bord. Quand les acheteurs vont voir que je suis dans cette zone-là, ils vont aussi virer de bord», commente M. Desfonds.

Sa résidence est située dans la portion sud de Louiseville, près de la rivière du Loup et au nord de l’autoroute 40. D’après M. Desfonds, elle est incluse dans la zone inondable selon la cote de récurrence 0-20 ans.

M. Desfonds vit dans ce coin de Louiseville depuis une trentaine d’années. Il affirme ne jamais avoir eu d’eau chez lui, sa maison étant équipée d’un système de pompage qui s’actionne lorsque la nappe phréatique atteint un certain niveau.

«Je comprends le gouvernement. Les gens qui ont acheté une maison en zone inondable le savaient qu’ils étaient dans une zone inondable. Ils n’ont pas à réclamer au gouvernement. Les gens devraient s’arranger avec leurs affaires. Le gouvernement va-tu payer chaque fois qu’il va y avoir de l’eau? Il y en a chaque année!»

Serge Desfonds demandera que sa résidence soit exclue de la zone d’intervention spéciale décrétée par Québec. Il n’est pas le seul à être touché par cette situation à Louiseville, à commencer par la Ville elle-même: les étangs aérés de son système d’égout sont dans la zone d’intervention spéciale. Jusqu’au dépôt de la nouvelle cartographie des zones inondables et la mise en place de nouvelles règles d’aménagement du territoire dans ces secteurs au Québec, Louiseville ne pourrait pas construire un nouvel étang si le besoin se faisait sentir.

Louiseville va demander que ces installations situées dans le secteur de Notre-Dame Sud soient exclues de la zone d’intervention spéciale, confirme Yvon Deshaies.

«Il n’y a pas d’inondation à cet endroit. On est loin du lac Saint-Pierre. On veut que ce soit enlevé de la zone», raconte le maire de Louiseville.

Le maire indique que les informations fournies aux municipalités lundi matin par le gouvernement laissent entendre que celui-ci semble ouvert à apporter des ajustements à la zone d’intervention spéciale.

«Je comprends ce que le gouvernement veut faire.»