La députée de Laviolette - Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, est fière de confirmer une aide financière de 10 millions $ pour la décontamination de terrains à Shawinigan.
La députée de Laviolette - Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, est fière de confirmer une aide financière de 10 millions $ pour la décontamination de terrains à Shawinigan.

Décontamination de terrains: Shawinigan obtiendra aussi 10 millions $

Guy Veillette
Guy Veillette
Le Nouvelliste
SHAWINIGAN — Un an après avoir été oubliée à la stupéfaction générale, la Ville de Shawinigan obtiendra finalement bel et bien une aide financière de dix millions de dollars pour la décontamination, le réaménagement, la revalorisation et la mise à niveau de terrains qui présentent un potentiel de développement économique. La crise provoquée par la propagation de la COVID-19 a toutefois repoussé cette annonce gouvernementale à une date indéterminée.

En séance extraordinaire à huis clos le 23 mars, le conseil municipal de Shawinigan a toutefois adopté une résolution pour autoriser le maire, Michel Angers et la greffière, Me Chantal Doucet, à signer la convention d’aide financière qui doit intervenir avec le ministère de l’Économie et de l’Innovation, Pierre Fitzgibbon. La députée de Laviolette - Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, n’a pu que confirmer l’information.

En mars 2019, la Coalition avenir Québec déposait son premier budget, dans lequel le gouvernement réservait 320 millions de dollars pour la décontamination de terrains et la construction d’infrastructures publiques. À ce moment, 100 millions $ avaient été annoncés pour l’est de Montréal et 50 millions $ pour Québec. Sept autres villes, dont Trois-Rivières, obtenaient 10 millions $ chacune.

Shawinigan ne se retrouvait pas sur cette liste, à la surprise générale. À l’hôtel de ville, on dénombre actuellement 89 terrains à décontaminer sur le territoire et la valeur de leur réhabilitation pourrait atteindre jusqu’à 119 millions de dollars.

Dans ces circonstances, le maire comprenait mal que sa ville ne se retrouve pas en haut de la liste des priorités du gouvernement sur ce plan. Il invoquait notamment la désindustrialisation subie par Shawinigan pour exiger cette mesure.

Même Mme Tardif n’avait pu cacher un certain inconfort à la suite de cette annonce de son gouvernement. Elle n’a toutefois jamais cessé de marteler l’importance de cette enveloppe pour Shawinigan au cours de la dernière année. Le ministre des Finances, Éric Girard, avait suspendu une enveloppe de 100 millions $ pour d’autres projets à travers la province, ce qui laissait à Shawinigan l’espoir d’être réhabilitée.

«Ça a été un travail de longue haleine», explique la députée, évidemment très satisfaite de cette conclusion.

«L’an dernier, j’ai fait une demande aux ministres de l’Environnement et de l’Économie. Il fallait prouver que ça s’appuyait sur des projets réels. Au gouvernement, on ne veut pas dépenser de l’argent, mais plutôt l’investir. Non seulement cette somme doit-elle servir à décontaminer des sols, mais il faut aussi établir un haut potentiel de développement économique. Ça prenait des documents étoffés parce que moi, je voulais que Shawinigan obtienne la même somme que les autres villes.»

Avec l’inventaire rafraîchi au cours des derniers mois, l’administration municipale possédera l’embarras du choix.

Il est acquis que les terrains de l’actuel écocentre et du site contigu de neiges usées font partie des priorités. Une évaluation sommaire pour la décontamination de ce secteur avait été établie à quelque 15 millions $.

Cette étincelle pourrait également permettre à Shawinigan de développer sa zone d’innovation, où seraient concentrés des projets en mobilité durable. Il s’agit de l’une des priorités du Service de développement économique pour l’année en cours.

«Je suis très heureuse, parce que c’était nécessaire», croit la députée. «Après la COVID-19, il faudra rebâtir cette économie. Cet argent est assuré. Nous pourrons nous appuyer là-dessus pour commencer.»

Évidemment, le maire de Shawinigan partage cet enthousiasme.

«Une super belle annonce», commente-t-il. «Je vais donner tout le crédit à notre députée. Lors de la dernière campagne électorale, François Legault était débarqué au centre d’entrepreneuriat et il m’avait demandé de quoi Shawinigan aurait besoin. Marie-Louise avait dit qu’on aurait besoin de dix millions de dollars pour la décontamination de terrains! Il trouvait que c’était une très bonne idée.»

«Depuis ce temps, elle a été élue et elle a tapé sur ce clou continuellement», poursuit M. Angers. «Elle n’a jamais lâché le morceau.»

Cette nouvelle efface enfin la déception vécue l’an dernier.

«C’est sûr que j’étais déçu quand les autres villes avaient été annoncées», rappelle le maire. «J’ai tenté de savoir quels étaient les critères sur lesquels on s’était basé, alors que Shawinigan a été le coeur du développement industriel du Québec. Nous avons énormément de cicatrices et le fait d’avoir été laissés à nous-mêmes, je trouvais ça malheureux.»

La suite des événements sera déterminée par la durée de la pandémie. M. Angers convient toutefois qu’on peut certainement établir un lien entre cette enveloppe et la création d’une zone d’innovation à Shawinigan.

«Nous avons des terrains prioritaires», indique-t-il. «Nous avons aussi des engagements avec le ministère de l’Environnement sur des terrains ciblés, qui doivent être décontaminés. Une évaluation se fera pour nous guider là-dedans.»