Le maire de Shawinigan, Michel Angers, s’attend à ce que le gouvernement aide sa ville pour la réhabilitation des terrains contaminés.

Décontamination: Angers ose croire que Shawinigan aura sa part

SHAWINIGAN — Compte tenu du rôle joué par Shawinigan dans l’histoire industrielle du Québec, le maire Michel Angers aurait apprécié un signal clair du gouvernement de François Legault dans le cadre de la présentation de son budget, jeudi, sur la somme dont il disposera pour poursuivre la décontamination des sites abandonnés par les grandes usines.

Dans son discours, le ministre des Finances, Éric Girard, a confirmé une réserve de 320 millions de dollars pour la décontamination de terrains et la construction d’infrastructures publiques. Sur cette somme, 100 millions $ sont réservés pour l’est de Montréal, 50 millions $ pour Québec et 70 millions $ pour Gatineau, Laval, Longueuil, Lévis, Sherbrooke, Trois-Rivières et Saguenay. Il reste donc 100 millions $ pour d’autres projets et M. Angers espère que la demande de Shawinigan est prévue dans ce montant en suspens.

Rappelons qu’au début du mois, le conseil municipal a adopté une résolution réclamant un statut particulier pour assurer la réhabilitation des terrains contaminés, accompagné d’un fonds spécial dédié à cette fin. Lors de la dernière campagne électorale, le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, avait avancé la création d’une enveloppe de dix millions $ pour Trois-Rivières et Shawinigan. L’éventuelle députée de Laviolette - Saint-Maurice, Marie-Louise Tardif, avait assuré que la réhabilitation des terrains contaminés dans son comté constituerait une priorité.

Or, le signal lancé jeudi laisse M. Angers sur son appétit.

«Trois cent vingt millions $, c’est intéressant», convient-il. «Quand M. Legault était venu me rencontrer, il disait qu’un fonds était une bonne idée parce que Shawinigan avait contribué dans le passé, que nous méritions d’avoir notre part du gâteau.»

«Je veux bien que les autres villes puissent avoir des montants pour la décontamination de terrains», ajoute-t-il. «Mais il n’y a pas une seule ville, au Québec, qui a subi une aussi importante désindustrialisation que Shawinigan. Pas une! On ne ramènera pas l’histoire des redevances d’Hydro-Québec, mais il me semble que pour avoir fait profiter économiquement le Québec, le gouvernement devrait mettre la priorité sur Shawinigan pour cet enjeu. Un fonds de dix millions $, ce serait un élément intéressant qui pourrait nous permettre de reprendre les terrains qui ont une valeur économique pour s’en servir comme effet de levier. J’en ai décontaminé quelques-uns, mais je n’ai pas les moyens. Le gouvernement du Québec devrait comprendre ça.»

M. Angers demeure tout de même convaincu que Mme Tardif travaille pour rencontrer cet objectif. En début de semaine prochaine, les députés caquistes de la région devraient être en mesure de préciser les impacts concrets du budget pour la Mauricie.

Dans une perspective plus large, le maire de Shawi- nigan envie la marge de manœuvre dont le gouvernement du Québec dispose dans le cadre de son prochain exercice budgétaire.

«C’est là qu’on voit que la fiscalité municipale n’a aucun sens», réitère-t-il. «Nous ne profitons pas de la croissance économique actuelle. Le gouvernement du Québec fait de l’argent et nous, on continue de taxer les citoyens sur la brique et le béton. C’est complètement archaïque.»

M. Angers souhaite au moins que cette marge de manœuvre permettra au gouvernement de rencontrer les attentes des municipalités dans le cadre du prochain pacte fiscal. Le maire avoue qu’il s’attendait, là aussi, à recevoir au moins un signal encourageant jeudi.

«Je veux bien qu’on ménage la chèvre et le chou en raison des discussions qui sont sans doute amorcées, mais ça aurait été apprécié», confie-t-il. «Il faut donner ça au gouvernement, ce qu’il a promis, il est en train de le faire. Or, il a promis, aux instances de l’Union des municipalités, de donner un point (de pourcentage de la TVQ). Il me semble que ça aurait été la moindre des choses de mentionner qu’un rendez-vous s’en venait avec les villes du Québec. J’aurais aimé avoir un signal. Ça m’a déçu.»