Le propriétaire du parc aquatique H2O est bien déterminé à relever les défis occasionnés par cette réouverture inattendue. Sur la photo: Patrick Bellemare, propriétaire du parc aquatique H2O, accompagné de sa fille Ann.
Le propriétaire du parc aquatique H2O est bien déterminé à relever les défis occasionnés par cette réouverture inattendue. Sur la photo: Patrick Bellemare, propriétaire du parc aquatique H2O, accompagné de sa fille Ann.

Déconfinement massif: une bonne nouvelle qui amène son lot de défis

TROIS-RIVIÈRES — Bien que tous l’attendaient avec impatience, le déconfinement massif que vivra le Québec au cours des prochains jours ne manquera pas de donner du fil à retordre aux commerçants de la région.

Évidemment, parmi les propriétaires, qui pourront rouvrir leur entreprise après plus de trois mois d’inactivité, aucun ne nie qu’il s’agit d’une excellente nouvelle. Toutefois, pour certains d’entre eux, qui n’avaient pas anticipé une annonce aussi rapide, bénéficier de quelques jours de préavis n’aurait pas été un luxe.

C’est notamment le cas de Patrick Bellemare, propriétaire du parc aquatique H2O de Trois-Rivières. Il a amorcé ses préparatifs en vue de la présente saison il y a quelques semaines et vise une réouverture de ses attractions vendredi prochain, soit le 3 juillet.

«C’est certain qu’on est très heureux de cette nouvelle. Cependant, ouvrir un site comme le nôtre prend quand même assez de temps. C’est donc difficile de le faire rapidement quand on est avertis à la dernière minute. Au moins, on sait qu’on n'a plus besoin de travailler à effectifs réduits, en réduisant les dépenses et en allant vers l’inconnu», a-t-il fait savoir.

Par ailleurs, COVID-19 oblige, M. Bellemare ne s’attend pas à enregistrer des recettes incroyables cette saison. Les conséquences occasionnées par la fermeture prolongée du lieu seront atténuées, certes, mais ne disparaîtront pas pour autant.

Heureusement, le positivisme garde le dessus dans le coeur du propriétaire. «C’est certain que l’année ne sera pas incroyable. Par contre, on reste optimistes à l’idée de recevoir un grand nombre de visiteurs. Avec les récentes hausses de la température, nous avons même reçu plusieurs messages sur Internet de gens qui nous demandaient quand aurait lieu la réouverture», a-t-il souligné.

Il est à noter que les visiteurs du parc aquatique auront accès à l’ensemble des attractions de l’endroit, à l’exception de la glissade en tube, qui serait trop complexe à utiliser dans le respect des mesures sanitaires en place. De nombreuses mesures de distanciation sociale seront également en place sur le site, permettant à tous les baigneurs de s’amuser sans danger.

Rappelons que le propriétaire avait aussi manifesté sa crainte de perdre une grande partie de sa main-d’oeuvre la semaine dernière en raison de l’incertitude qui régnait. Qu’à cela ne tienne, il a pu tout de même pu rassembler tout le personnel requis pour la réouverture du parc aquatique.

«Chaque fois que je perdais un soldat, je publiais des annonces, passais des entrevues, et réussissais à le remplacer. C’est la stratégie que j’ai dû employer pour espérer avoir tout mon monde d’ici le 3 juillet. On est restés proactifs sur ce plan», a expliqué Patrick Bellemare.

La réouverture pourrait bien sauver quelques gîtes de la région, qui n’auraient eu aucune chance de survie en demeurant fermés. Sur la photo: Jeanne Charbonneau, propriétaire du gîte Lac-à-la-Tortue.

Une nouvelle plus qu’attendue chez les propriétaires de gîtes

Cette récente annonce du directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a eu l’effet d’une bombe dans le camp des propriétaires de gîtes. Plusieurs d’entre eux auraient effectivement été contraints de fermer leur commerce si la situation avait perduré.

«C’est une super bonne nouvelle pour chacun de nous! C’est ce qu’on attendait. Notre saison forte étant l’été, nous n’avions aucune chance de poursuivre nos activités en demeurant fermés. Cela représente pour nous une chance unique de survivre plus longtemps. Ceci dit, puisque 75 % de notre clientèle est étrangère, nous ne sommes pas sortis du bois», a indiqué la propriétaire du gîte du Lac-à-la-Tortue, Jeanne Charbonneau.

D’ailleurs, à la suite de l’annonce, celle-ci était encore confuse à savoir sous quelles conditions il allait lui être permis de recommencer à héberger des voyageurs. Les directives à ce sujet ne lui étaient pas encore parvenues, retardant ainsi le moment de sa réouverture.

«Moi, si on me permet d’ouvrir dès maintenant, je suis prête. Toutefois, on n’a reçu aucun plan sanitaire de la santé publique. On a donc de la difficulté à comprendre si on peut rouvrir, et si oui, à quelles conditions. On croit pouvoir sabrer le champagne en vue de la reprise de nos activités, mais on demeure confus», a-t-elle ajouté.

Créatrice d’un regroupement des gîtes en Mauricie, Jeanne Charbonneau aimerait que le gouvernement offre un soutien considérable à ce secteur de l’économie, qui fait partie des plus fragilisés par la pandémie.

«Ça prendrait une subvention spécifique au secteur touristique qui vienne nous soutenir. Des surplus ont été accumulés dans les dernières années et c’est pour cette raison qu’on demande aux instances gouvernementales de contribuer à cette industrie qui a été très affectée dans les derniers mois», soutient-elle.

Nombre d’installations ont été aménagées au gîte du Lac-à-la-Tortue de sorte que les clients pourront y séjourner en toute sécurité. Notamment, des désinfectants ont été éparpillés un peu partout sur les lieux et la fréquence du nettoyage a été augmentée considérablement.

Les spas sont prêts

Sans grande surprise, c’est dans la joie la plus totale que la nouvelle a été reçue par les dirigeants des commerces de spas et détente. La plupart d’entre eux avaient déjà entrepris des démarches pour être prêts le plus rapidement possible en cas d’annonce surprise comme celle qui vient d’être faite.

En ce qui concerne le KiNipi spa et bains nordiques de Trois-Rivières, l’attente demeurera cependant de mise. Le commerce ayant procédé à des travaux de grande envergure pendant le confinement, il demeure impossible pour l’instant de rouvrir les bassins. La massothérapie, quant à elle, a pu reprendre son cours plus tôt cette semaine.

Le KiNipi spa et bains nordiques de Trois-Rivières devrait avoir complété sa transformation esthétique et reprendre ses activités au milieu du mois de juillet.

«Pour nous aussi c’est une bonne nouvelle. Par contre, de notre côté, on avait choisi de profiter du contexte particulier pour nous refaire une beauté. On sera donc d’autant plus heureux d’offrir à nos clients un nouvel environnement avec ce retour à la normale. De plus, si ce n’est de nos travaux en cours, nous sommes prêts à reprendre nos activités. Ce n’est donc qu’une question de temps. La massothérapie a même pu recommencer et nous sommes extrêmement satisfaits de la réponse des gens», a raconté la présidente-directrice générale des lieux, Marie-André Deschênes.

L’administration du KiNipi spa et bains nordiques de Trois-Rivières vise une réouverture de l’ensemble de ses services au milieu du mois de juillet. L’entreprise rendra la date exacte publique aussitôt que celle-ci sera connue.