Le maire de La Tuque, Pierre-David Tremblay.

Déclaration d’urgence climatique: pas d’opposition à La Tuque et Shawinigan

Shawinigan — Les maires de La Tuque et de Shawinigan n’ont pas signé la déclaration d’urgence climatique parce qu’ils ne l’ont pas vu passer et non parce qu’ils s’y opposent. Voilà pourquoi ils accueillent avec une certaine surprise la requête de la candidate du Parti vert du Canada dans Saint-Maurice - Champlain, Stéphanie Dufresne, qui leur demande de joindre leur signature à celles des quelque 400 autres municipalités qui se sont prononcées à travers la province depuis un an.

«Franchement, je n’ai pas eu de demande à cet effet», explique Pierre-David Tremblay, maire de La Tuque. «Si c’est le cas, le conseil va regarder ça et on prendra une décision. Déjà, nous sommes engagés dans un virage vert à La Tuque.»

«Nous n’avons pas démontré que nous n’étions pas intéressés. C’est tout simplement que nous n’avons été saisis par aucune demande.»

Même étonnement du côté du maire de Shawinigan, Michel Angers. «Sur la multitude de choses que j’ai à lire, est-ce que ça m’a échappé?», se demande-t-il. «Je n’en ai aucune espèce d’idée.»

M. Angers ne veut pas engager trop vite les intentions du conseil avant d’avoir pris connaissance de cette déclaration.

«Je suis toujours prudent; ça dépend du libellé», mentionne-t-il. «Des résolutions pour contrer la violence, pour appuyer des gens, on en fait à toutes les séances régulières. Nous n’avons pas décidé de ne pas adopter cette déclaration, puisque je ne me souviens pas de l’avoir vue! On ne l’a même pas traitée au conseil.»

La déclaration d’urgence climatique provient de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, qui s’est associée au cinéaste Michel Jetté et à la productrice Louise Sabourin pour sa rédaction. Dans la région, Trois-Rivières ainsi que les MRC de Maskinongé, Bécancour et Nicolet-Yamaska ont adopté des résolutions pour appuyer cet engagement de reconnaître l’urgence de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

Transition

Dans sa sortie, Mme Dufresne déplorait qu’en plus de ne pas encore avoir signé la déclaration d’urgence climatique, la Ville de La Tuque se laissait séduire par un projet de gazoduc. M. Tremblay ne cache pas que cet investissement fera sonner la caisse dans les coffres de la municipalité, mais selon lui, il ne faut pas y voir de contradiction avec une préoccupation pour l’environnement.

«Il faut faire attention, ne pas faire d’amalgame», suggère-t-il. «Le gazoduc est un beau projet. C’est transitoire. On ne peut pas passer d’un modèle le mardi soir à un autre le mercredi matin. De toute façon, on ne serait pas prêt pour ça.»

«Effectivement, il y aura des retombées économiques très importantes pour notre agglomération», mentionne M. Tremblay. «Il faut le regarder favorablement, tout en étant prudent.»

Récemment, Gazoduq a expliqué que le passage de cette conduite provoquerait des retombées annuelles de 10 millions $ en Mauricie, dont 8,4 millions $ à la Ville de La Tuque.

«Nous avons obtenu une reconnaissance de taxation et nous avons demandé des redevances», explique M. Tremblay. «La compagnie l’a fait pour les maisons d’enseignement et les groupes communautaires, mais nous voulons aussi être reconnus pour les blocs d’énergie qui passeront dans ce tuyau. Nous sommes toujours en négociation avec Gazoduq à cet effet.»

Le maire de La Tuque ajoute que parallèlement, les élus travaillent sur des projets à caractère environnemental à La Tuque. Il parle de foresterie, de mini-centrale hydroélectrique avec les autochtones, d’écocentre, de compostage...

«Nous poursuivons les mêmes objectifs; il faut faire le virage», termine-t-il. «Par contre, on ne peut pas dire non à des énergies de transition qui permettront de rendre le monde plus vert.»