Déclaration de Mariannick Mercure

«Je n’ai pas à me justifier pour mon action, somme toute banale. Non, la vérité, c’est que les justifications devraient venir des politiciens qui sont en train de foutre en l’air l’avenir de nos jeunes!

Comment osent-ils regarder la jeunesse en face? Ce sont bien eux qui ont un énorme problème éthique.

Je ne devrais pas non plus être plus polie et plus sage envers les grands pollueurs et leurs serviteurs politiques. Mon éthique, elle me commande de prendre sur moi la responsabilité et de dire: «Ça suffit»!

À l’échelle municipale, l’enjeu, c’est la mobilité durable : 95 % des émissions à Trois-Rivières sont imputables aux voitures. Il faut cesser d’investir en fluidité automobile et investir en transport collectif et actif.

Mais le combat climatique dépasse largement les frontières et les paliers gouvernementaux. Nos efforts individuels et locaux resteront vains si les politiciens continuent de nous imposer des projets d’une autre époque, et c’est précisément ce qui se passe actuellement.

À l’ouest du pays, on nous propose un projet de pipeline pour accélérer l’exploitation des sables bitumineux. Ici, on parle non seulement de relancer le catastrophique projet Énergie-est dans une version 2.0, mais les politiciens nous parlent aussi d’un gazoduc et d’une usine de gaz naturel liquéfié (GNL) qui équivaudrait à ajouter 10 millions de voitures par an sur nos routes! 10 millions de voitures!

Pourtant, le 27 septembre, des manifestations historiques et sans précédent ont eu lieu partout au pays. Les jeunes ont demandé aux politiciens d’agir et d’écouter le consensus scientifique: notre espèce est appelée à disparaître dans ce que l’on appelle désormais la 6e grande extinction de masse.

Mais ces scientifiques, ils nous disent aussi que ces mesures, elles existent et sont réalisables.

Le chemin vers la justice climatique sera ardu, j’en suis consciente, mais je suis aussi convaincue que nous gagnerons!»