Roger D. Landry.

Décès de Roger D. Landry: «il te donnait toujours l’heure juste»

TROIS-RIVIÈRES — Roger D. Landry, qui s’est éteint samedi à l’âge de 86 ans, a marqué plus d’une personne qui est passée à l’Hôtel de Ville de Trois-Rivières, entre 2005 et 2018. Il aura joué plusieurs rôles, à titre de chef de cabinet de l’ancien maire Yves Lévesque: celui de conseiller, de confident, de mentor, mais aussi d’encyclopédie vivante.

L’ex-chef de cabinet d’Yves Lévesque aura marqué l’Hôtel de Ville de Trois-Rivières

«On a eu un plaisir fou à travailler ensemble. C’était un homme d’équipe et les gens des différentes directions de la Ville ont eu du plaisir à travailler avec lui. Ça a été un honneur de l’avoir avec moi», soutient Yves Lévesque. «Il a été un bon conseiller et un bon confident. Quand j’avais une décision à prendre et que je n’étais pas certain, j’allais le voir. Beaucoup de gens allaient le voir ou l’appelaient pour avoir des conseils. C’est une très grande perte», poursuit l’ancien premier magistrat de Trois-Rivières.

M. Lévesque se souvient d’ailleurs de la première fois qu’il a rencontré M. Landry, soit peu après sa première élection à la tête de la ville fusionnée de Trois-Rivières, en 2002. «Il était venu me voir à mon bureau, mais je n’avais aucune idée de qui il était, se rappelle-t-il avec humour. Il s’est présenté et m’a dit: ‘‘je suis sur le conseil d’administration de l’île Saint-Quentin, mais si vous voulez m’enlever de là, ça ne me dérange pas’’. Je lui ai juste répondu: ‘‘O.K.’’, et il est sorti. Ce n’est qu’après que j’ai compris qui il était et réalisé tout ce qu’il avait fait, et trois ans plus tard, je l’ai engagé comme chef de cabinet.»

Un choix qu’il n’a manifestement jamais regretté puisqu’il salue encore aujourd’hui l’aplomb de son ancien conseiller, qui gardait toujours la tête froide, peu importe la situation. M. Lévesque salue également sa franchise. «Il ne passait pas par quatre chemins. Que tu aimes ou pas ce qu’il avait à te dire, avec Roger, tu avais toujours l’heure juste», souligne-t-il.

Roger D. Landry a été un conseiller précieux pour Yves Lévesque, selon ce dernier.

«Un monument»

Yvan Toutant fait également partie des rares personnes qui ont travaillé quotidiennement avec M. Landry à l’Hôtel de Ville. Celui qui a été porte-parole de la Ville, puis du cabinet de son maire, ne tarit pas d’éloges à l’égard de celui qu’il considère comme son mentor.

«C’est une personne assez spéciale. La région vient de perdre un monument. C’est un gars qui m’a beaucoup aidé dans mon travail. J’ai travaillé 12 ans avec lui, dont cinq au cabinet du maire de façon très étroite. Il avait un sens de l’analyse hors du commun. Des fois, il me subjuguait par sa façon de voir les choses et d’y réagir. Les cinq ans que j’ai passés avec, c’est là où j’ai appris le plus dans mon domaine», souligne-t-il.

L’admiration que M. Toutant voue à Roger D. Landry est tout à fait palpable, même si les deux hommes ont cessé de travailler ensemble il y a plus d’un an et demi. «Son approche et sa façon de faire étaient uniques, affirme-t-il. C’était un personnage unique, il avait tellement d’expérience dans sa vie et côtoyé tellement de grands de ce monde. Il savait comment faire face à toutes sortes de situations, il n’était jamais paniqué. Quand il était là et que je savais que je travaillais avec lui, ça me rassurait énormément. Je savais que s’il se passait quelque chose, il saurait comment réagir. C’est le meilleur mentor que j’ai rencontré, la personne la plus unique que j’ai vue dans ma vie.»

M. Toutant dit par ailleurs qu’il a été très surpris en apprenant le décès de M. Landry, samedi. «J’ai dîné avec lui il y a quelques jours à peine et je le trouvais très en forme, je le lui ai même dit. Alors c’est sûr que cette nouvelle-là m’a surpris», mentionne-t-il.

«Un CV remarquable»

Roger D. Landry aura aussi fait forte impression auprès de l’ancien directeur des communications de la Ville de Trois-Rivières, François Roy. Celui-ci dit avoir toujours eu grand plaisir à converser avec lui. «C’est un homme qui avait un vécu incroyable et un CV remarquable, au-delà de nous tous, affirme-t-il. Il avait une expérience de la vie et des fonctions publiques, il avait côtoyé de grands personnages toute sa vie et avait une entrée auprès des décideurs. J’aimais bien le faire parler de ses expériences passées, que ce soit en politique, dans les sports ou dans les affaires. Quand on le faisait parler de sa carrière, il était intarissable!»

Bien que contrairement à M. Lévesque, sa marque sur la ville de Trois-Rivières n’est pas aussi visible, l’influence qu’a eue Roger D. Landry est bien réelle, assure M. Roy. «Il était vraiment la garde rapprochée du maire, la personne la plus proche de lui. C’était plus un homme d’influence qu’un homme de pouvoir», estime M. Roy.

Rappelons qu’avant d’arriver à la Ville de Trois-Rivières, Roger D. Landry a occupé plusieurs postes d’importance au Québec, dans des domaines très variés.