Décès de Lyndia Hamel à la Maison Carignan: l’enquête publique en juin

TROIS-RIVIÈRES — L’enquête publique entourant le décès de la jeune Lyndia Hamel à la Maison Carignan en décembre 2016 est officiellement annoncée. L’enquête a été fixée du 25 au 28 juin prochain et se déroulera au palais de justice de Trois-Rivières. Quatre jours au cours desquels le Bureau du coroner tentera de faire la lumière sur les circonstances entourant le décès par surdose de la jeune femme de 21 ans, et émettra des recommandations au besoin.

Bien que le Bureau du coroner n’ait pas officiellement confirmé la date de la tenue de cette enquête aux médias, une lettre convoquant les différentes parties dans ce dossier et dont Le Nouvelliste a obtenu copie a été envoyée le 8 mai dernier, invitant toutes les personnes pouvant être intéressées à y prendre part à ces dates.

C’est la coroner Me Andrée Kronström qui présidera cette enquête. Son mandat sera de faire la lumière sur les causes et les circonstances entourant ce décès, identifier les facteurs contributifs et formuler, s’il y a lieu, des recommandations.

On se souviendra que Lyndia Hamel avait été retrouvée sans vie à la Maison Carignan en décembre 2016, après être revenue d’une sortie d'une journée. À un moment, elle aurait manqué à certaines ordonnances de la cour. Elle est décédée des suites d’une surdose à l’intérieur des murs de la Maison Carignan. Le rapport du coroner Pascal Pelletier faisait état d’une mort accidentelle par surdose. Toutefois, au lendemain de la publication de ce rapport, plusieurs voix, dont d’anciens résidents qui étaient présents le soir où Mme Hamel a perdu la vie, ont remis en question ces conclusions, soutenant plutôt que la jeune femme aurait manifesté des intentions suicidaires, ayant été informée par les dirigeants qu’elle retournerait en prison le lendemain pour avoir manqué à certaines ordonnances de la cour. Certains de ces résidents ont soulevé des doutes sur la notion de négligence criminelle, soutenant qu’on n’aurait pas apporté l’aide nécessaire à Mme Hamel compte tenu des circonstances.

Devant ces nouvelles informations, le Bureau du coroner a choisi de déclencher une enquête publique pour faire la lumière sur cette histoire. Entre temps, la Sécurité publique de Trois-Rivières a ouvert une enquête pour vérifier si des éléments de nature criminelle ne pourraient pas avoir joué un rôle dans le décès de la jeune femme. Toutefois, il y a quelques semaines, la procureure de la Couronne Me Catherine Lacoursière confirmait qu’aucune accusation criminelle ne serait déposée dans ce dossier.

Lyndia Hamel avait 21 ans lorsqu’elle est décédée d’une surdose à l’intérieur des murs de la Maison Carignan.

Depuis, le travail a repris du côté du Bureau du coroner, et l’enquête publique est désormais fixée.

Rappelons que le mandat du coroner lors d’une enquête publique n’est pas de se prononcer sur la responsabilité civile ou criminelle d’une personne, mais bien de faire la lumière sur les circonstances d’un décès et, au besoin, de formuler des recommandations visant notamment à améliorer certaines pratiques ou certains systèmes pour éviter que de nouveaux décès puissent survenir dans les mêmes circonstances.

La directrice générale de la Maison Carignan, Valérie Piché a confirmé qu’elle, de même que le président du conseil d’administration de la ressource feront la demande afin d’obtenir le statut de «personne intéressée» pour cette enquête, ce qui leur permettra notamment de pouvoir interroger ou contre-interroger des témoins si cela leur semblait utile. Toutefois, Mme Piché a indiqué au Nouvelliste qu’elle compte d’abord y jouer un rôle d’auditrice, étant donné qu’elle aura à mettre en application les éventuelles recommandations qui seraient émises lors de cette enquête.

Par ailleurs, rappelons que le décès de Mme Hamel est survenu sous l’ancienne administration de la Maison Carignan. Mme Piché souhaite du même coup pouvoir répondre aux questions de la coroner en ce qui concerne les nouvelles pratiques mises en place par son administration depuis son arrivée à la Maison Carignan, en juin 2018.

Il revient en outre à la coroner d’assigner l’ancien directeur général et les anciens administrateurs à titre de témoins lors de ces audiences.

La mère de Lyndia Hamel et son ami d’enfance Étienne Fréchette ont également été invités à demander le statut de personne intéressée. M. Fréchette a confirmé au Nouvelliste qu’il était dans son intention de demander ce statut et d’assister à l’ensemble des audiences. «J’invite tous ceux et celles qui ont la moindre information à se manifester», a-t-il commenté, ajoutant par ailleurs que dans certains cas, des arrangements peuvent être pris si la présence des témoins au tribunal entraîne pour eux des contraintes budgétaires, le tout devant être approuvé au préalable par le Bureau du coroner.

Les personnes non-assignées comme témoins dans cette affaire mais qui souhaiteraient tout de même se faire entendre lors des audiences publiques peuvent faire la demande de statut de «personne intéressée» en écrivant avant le 1er juin prochain à andree.kronstrom@coroner.gouv.qc.ca, et en expliquant les motifs qui les incitent à présenter une telle demande. La désignation de ce statut demeure à la discrétion de la coroner au dossier.