Aucune accusation criminelle ne sera déposée contre qui que ce soit en lien avec le décès de Lyndia Hamel à la Maison Carignan, en décembre 2016.

Décès de Lyndia Hamel à la Maison Carignan: aucune accusation criminelle déposée

TROIS-RIVIÈRES — Il n’y aura finalement aucune accusation criminelle qui sera déposée relativement à la mort de Lyndia Hamel, cette jeune femme de 21 ans décédée en décembre 2016 d’une overdose à l’intérieur des murs de la Maison Carignan. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales a estimé, au terme de l’enquête policière qui avait été rouverte dans ce dossier, qu’il n’y avait pas d'éléments suffisants pour accuser qui que ce soit en lien avec une infraction criminelle entourant la mort de la jeune femme.

On se souviendra que Lyndia Hamel avait succombé à une overdose à l’intérieur des murs de la Maison Carignan, dans la nuit du 26 au 27 décembre 2016. Le coroner chargé d’enquêter sur sa mort avait conclu à un décès accidentel. Toutefois, des témoins dans cette affaire, plus particulièrement, des bénéficiaires de la Maison Carignan, avaient choisi de sortir dans les médias au lendemain de la publication de ce rapport, indiquant qu’ils avaient une toute autre version des faits.

La jeune femme aurait, selon eux, fait part de ses idées suicidaires le 26 décembre, alors qu’elle revenait d’une sortie effectuée du 24 au 25 décembre. Elle avait admis avoir consommé des stupéfiants à l'intérieur du centre. Le personnel lui aurait fait savoir qu’elle avait ainsi contrevenu à ses conditions imposées par la cour et serait ramenée en prison le lendemain. La jeune femme aurait mentionné qu’elle préférait «se passer» plutôt que de retourner en prison. Elle avait été retrouvée sans vie le lendemain matin par une co-chambreuse.

Ces nouvelles informations ont incité des proches de la jeune femme à demander la réouverture de l’enquête policière. Selon son ami d’enfance, Étienne Fréchette, il aurait pu y avoir de la négligence criminelle de la part de dirigeants de la Maison Carignan ou d’employés présents lors des événements. L’enquête policière a finalement été rouverte en juin 2018, à la lumière de nouvelles informations dans ce dossier.

Lyndia Hamel, 21 ans, est décédée d’une surdose en décembre 2016 à la Maison Carignan.

Le dossier a récemment été soumis au Directeur des poursuites criminelles et pénales. La procureure au dossier, Me Catherine Lacoursière, a toutefois confirmé au Nouvelliste, mardi, que le dossier était maintenant clos et qu’aucune accusation ne serait déposée.

Enquête publique

À la suite des nouvelles informations rendues publiques par plusieurs témoins de l’affaire, la coroner en chef avait ordonné la tenue d’une enquête publique sur la mort de Lyndia Hamel. Par contre, les analyses avaient été suspendues à la réouverture de l’enquête policière, pour laisser le temps aux enquêteurs et au Directeur des poursuites criminelles et pénales de faire leur travail. Maintenant que le dossier est clos, le processus pourra continuer de suivre son cours, indique Dominique Danjou du Bureau du coroner.

«Nous sommes au fait des conclusions du DPCP. De notre côté, nous allons poursuivre l’analyse du dossier», a-t-elle indiqué, ajoutant que dès qu’une date sera convenue pour la tenue de l’enquête publique, elle sera communiquée aux médias et aux parties concernées.

Invité à commenter cette décision, Étienne Fréchette a tenu à saluer le travail de la procureure, peu importe les conclusions. «Je suis content que la vérification ait été faite par la PPCP Catherine Lacoursière. Et j’ai hâte à l’enquête publique. C’est tellement long! J’aurais voulu que la maison Carignan soit plus transparente sur les circonstances du décès de Lyndia afin d’éviter tout ça», indique-t-il.

M. Fréchette avait d’ailleurs indiqué en début de semaine qu’il se préparait à déposer une poursuite au civil contre la Maison Carignan dans ce dossier. Les conclusions de la procureure n’ont pas freiné ses intentions, affirme-t-il. «Non au contraire, ça démontre que la situation est de juridiction civile», mentionne Étienne Fréchette.

La direction de la Maison Carignan n’a pas souhaité commenter les conclusions de l’enquête, étant donné que la décision du DPCP ne lui avait pas été officiellement communiquée.