Alain Gauthier avait été amené devant la cour le 27 juillet dernier afin de lui interdire de posséder des armes.

Décès dans le stationnement de la SQ: au palais de justice 4 jours avant sa mort

TROIS-RIVIÈRES — L’individu qui a été retrouvé sans vie le mardi 31 juillet dans le stationnement du poste de la Sûreté du Québec du secteur Cap-de-la-Madeleine avait été amené devant la cour le 27 juillet dernier par la SQ pour entamer des procédures afin de lui interdire de posséder des armes.

Selon des documents consultés au greffe criminel du palais de justice de Trois Rivières, Alain Gauthier, 63 ans de Saint-Luc-de-Vincennes était présent au palais de justice le 27 juillet au matin, soit 4 jours avant le moment où il a été retrouvé sans vie dans son véhicule.

On se souviendra qu’il s’était présenté au poste de Cap-de-la-Madeleine le 5 juillet, demandant aux policiers de l’aider. Selon les informations transmises par le Bureau des enquêtes indépendantes, l’homme aurait contacté les policiers à partir d’un téléphone extérieur au poste. Deux policiers étaient alors allés à sa rencontre. L’homme semblait perturbé et tenait des propos inquiétants, se disant suivi par des personnes et ayant besoin de l’aide de la police.

Toujours selon ces mêmes informations, l’homme aurait dit au policier que s’ils ne pouvaient pas régler son problème, il allait le régler lui-même.

L’homme a refusé d’être soigné ou transporté à l’hôpital.

Les documents de la cour indiquent que la SQ a présenté une demande d’ordonnance d’interdiction préventive pour empêcher l’homme de posséder des armes à feu. Une telle ordonnance est généralement présentée lorsque les policiers ont des motifs raisonnables de croire que la personne puisse être une menace pour elle-même ou pour autrui.

Le dossier avait été reporté au 29 août, étant donné que l’individu avait indiqué son intention de faire entrer son avocat au dossier. Toutefois, il a été retrouvé sans vie dans son véhicule quatre jours plus tard, à la suite d’un possible geste volontaire.

Rappelons que le Bureau des enquêtes indépendantes enquête présentement dans ce dossier. Le BEI indiquait dans un communiqué émis plus tôt cette semaine que les premières observations laissaient croire que le cadavre aurait passé plusieurs jours dans la voiture. Or, étant donné sa présence à la cour le 27 juillet, il n’a pas pu s’écouler plus de quatre jours avant la découverte dans le stationnement du poste de police.

Le BEI n’a pas souhaité commenter ces nouvelles informations, jeudi, indiquant que tout demeurait sous enquête pour le moment.

Ce que la loi dit

La Loi P-38, soit la Loi sur la protection des personnes dont l’état mental présente un danger pour elle-même ou pour autrui, stipule qu’un agent de la paix peut, sans l’autorisation du tribunal, amener contre son gré une personne auprès d’un établissement de santé selon plusieurs conditions. Cela peut se faire à la demande d’un intervenant d’un service d’aide en situation de crise qui estime que l’état mental de cette personne présente un danger grave et immédiat pour elle-même ou pour autrui. Lorsqu’aucun intervenant d’un service d’aide en situation de crise n’est disponible, en temps utile, pour évaluer la situation, l’agent doit avoir des motifs sérieux de croire que l’état mental de la personne concernée présente un danger grave et immédiat pour elle-même ou pour autrui.

Une menace directe de s’enlever la vie ou de s’en prendre à quelqu’un, selon la définition de la loi, pourrait ainsi entrer dans ces motifs sérieux.

L’enquête devra déterminer si, dans le cas présent, les agissements de l’individu, le 5 juillet dernier, pouvaient représenter des motifs sérieux de croire qu’il pouvait représenter un danger grave et immédiat pour lui-même ou pour autrui, lui qui n’aurait pas tenu de propos suicidaires directs, mais plutôt évoqué qu’il «allait régler son problème lui-même». Le BEI devra notamment se pencher sur cette question.

Il importe de rappeler que toute personne ayant des idées suicidaires, ou toute personne craignant qu’un proche puisse présenter des idées suicidaires, peut demander de l’aide auprès du Centre de prévention du suicide en composant le 1-866-APPELLE.