Début du procès de Stéphane Gingras

TROIS-RIVIÈRES — Le procès d’un homme de 34 ans, Stéphane Gingras, a commencé, lundi, au palais de justice de Trois-Rivières en lien avec des gestes de violence qu’il aurait commis sur une fillette de 4 ans.

Les événements qui lui sont reprochés seraient survenus le 1er octobre 2015 dans une municipalité du Centre-du-Québec alors que le prévenu s’était vu confier pendant quelques heures la garde de l’enfant. Il aurait compressé sa tête avec un oreiller au point de lui infliger des lésions corporelles.

Aujourd’hui âgée de 8 ans, la présumée victime a raconté dans ses mots que «Stéphane avait été méchant» avec elle au point qu’elle avait eu de la misère à respirer. Pendant qu’elle était couchée sur le ventre, il lui aurait écrasé un oreiller derrière la tête. Et lorsque le procureur de la Couronne, Me Benoît Larouche, lui a demandé comment elle s’était sentie, elle a répondu: «C’est comme si j’allais mourir. J’étais triste.»

Elle n’a cependant pas été en mesure de dire pourquoi il aurait agi de la sorte avec elle. En dépit de son jeune âge, elle a ensuite été confrontée sur une autre version qu’elle avait donnée, à savoir qu’elle était couchée sur le dos et non sur le ventre. Elle avait également affirmé que les événements étaient survenus lors d’une sieste et non le soir au coucher. Aux questions de l’avocate de la défense, Me Pénélope Provencher, elle a finalement déclaré s’être trompée. Elle a aussi parlé des chutes qu’elle avait faites plus tôt cette journée-là en jouant.

Dans son témoignage, la mère de la fillette a pour sa part expliqué que le suspect lui était apparu nerveux et préoccupé lorsqu’elle avait récupéré son enfant après le travail. Le lendemain matin, elle avait ensuite constaté la présence d’une petite bulle de sang dans son œil, de pétéchies sur son visage et d’un hématome sur sa hanche. Inquiète, elle s’était enquérie de la situation auprès du suspect, qui lui avait dit que l’enfant était tombée à deux reprises dans la soirée. Elle avait alors supposé que les pétéchies pouvaient avoir été causés par une réaction allergique à un produit naturel à base d’omega 3 et de tilleul qu’elle lui avait administré.

Elle avait par la suite confié l’enfant à son père dans le cadre de l’exercice de ses droits parentaux tout en le prévenant qu’une consultation médicale serait peut-être requise.

De son côté, le père a raconté au juge Jacques Trudel que sa fille lui avait dit en pleurant que «Stéphane lui avait mis un oreiller sur le visage.» Le père avait immédiatement eu le réflexe d’enregistrer les propos de son enfant avec son téléphone intelligent. Il avait également pris des photos.

Le 5 octobre, il avait emmené la petite à l’hôpital car elle était fiévreuse. Il notait également que les pétéchies étaient plus nombreuses. Sur place, le médecin avait rejeté l’hypothèse d’une possible réaction allergique causée par les produits naturels.

Une plainte avait alors été portée aux autorités.

Ce procès donnera par ailleurs lieu à un débat entre deux pédiatres. Tant la procureure de la Couronne, Me Catherine Roberge, que l’avocat de la défense, Me Alexandre Biron, ont annoncé qu’ils feront témoigner des témoins experts en lien avec l’état de santé de la fillette avant et après les événements d’octobre 2015.