Malgré le déroulement des courses à huis clos, les affaires vont de bon train à l’hippodrome de Trois-Rivières, qui reçoit des paris d’amateurs provenant de partout à travers la planète.
Malgré le déroulement des courses à huis clos, les affaires vont de bon train à l’hippodrome de Trois-Rivières, qui reçoit des paris d’amateurs provenant de partout à travers la planète.

Début de saison réussi à l’hippodrome de Trois-Rivières

Trois-Rivières — Bien qu’elles soient tenues à huis clos pour le moment, les courses de chevaux de l’hippodrome de Trois-Rivières connaissent un succès qui a de quoi satisfaire l’administration de l’endroit, qui ne s’attendait pas à recevoir autant de paris en temps de pandémie.

Utilisant la plateforme Internet ontarienne HPIBET.com, conçue pour les paris mutuels de n’importe où sur la planète, l’hippodrome a, semble-t-il, pu pallier en totalité l’absence du revenu provenant des spectateurs sur place, qui représentait en temps normal 20 à 30 % des recettes de l’établissement à chaque course.

«Comme partout, le retour des activités a nécessité une grande planification. Le fait qu’on soit capables de subvenir aux besoins de notre industrie nous rend donc très fiers. C’est même surprenant de voir à quel point la reprise des courses a généré un engouement. On a pu attirer de nouveaux adeptes qui, en l’absence des casinos, comblaient leur envie de jeux de hasard en pariant sur des chevaux de partout dans le monde», a fait savoir la directrice générale de l’hippodrome de Trois-Rivières, Murielle Thomassin.

Celle-ci admet d’ailleurs qu’il lui sera impossible de couvrir les pertes qu’a causées l’annulation des courses de chevaux au cours des dernières semaines. Cependant, elle assure que le complexe hippique du boulevard des Forges est loin d’être en danger.

«Grâce à la plateforme HPIBET.com, chapeautée par Woodbine Entertainment Group, nous avons pu engendrer des revenus pendant les courses qui ont tout de même eu lieu ailleurs dans le monde. C’est pour cette raison qu’on peut encore remettre de l’argent sous forme de bourses à nos hommes et nos femmes à chevaux. C’est certain qu’on aimerait avoir de la clientèle, mais on veut par-dessus tout garder notre industrie en santé.»

Le retour des spectateurs envisagé

Alors qu’il y a quelques semaines, Mme Thomassin avait déclaré qu’une audience de 250 personnes ne serait pas nécessairement suffisante pour la mise sur pied de courses devant public rentables, voilà qu’elle ne ferme pas la porte à un éventuel retour des spectateurs dans les gradins.

«Je ne peux pas vous mentir, cette permission du gouvernement est très excitante. La seule chose, c’est qu’il nous faut gérer notre business de la bonne façon pour ne pas que nos dépenses dépassent nos revenus. On doit donc évaluer la situation de sorte qu’une relance des activités en présence puisse respecter la santé publique et assurer la pérennité de l’industrie. Certes, les gens ont très hâte de revenir et on a hâte de les recevoir. Les chances sont là», a-t-elle indiqué avant d’évoquer la possibilité d’accueillir des visiteurs sur rendez-vous.

Murielle Thomassin s’est dite extrêmement enthousiaste à l’idée de revivre des soirées estivales devant public au complexe hippique du boulevard des Forges.

La directrice générale de l’hippodrome de Trois-Rivières se veut également très enthousiaste face au retour éventuel des spectateurs sur place, «puisque rien ne vaut l’ambiance d’une belle soirée d’été avec des milliers de personnes dans les gradins».

Réouverture des casinos, nullement une menace

Considérant que la fermeture des salons de jeux et des casinos de la province a poussé certaines personnes à porter leur intérêt vers la course de chevaux, il serait facile de croire que la reprise des activités en ces lieux nuirait aux recettes du complexe hippique trifluvien. Qu’à cela ne tienne, Murielle Thomassin se dit nullement menacée par ce retour des jeux de hasard.

«Je n’ai pas de crainte en tant que telle, même que le fait qu’on soit voisin du Salon de jeu de Trois-Rivières nous rend encore plus attrayant pour les gens, qui vont choisir de faire de plus longues distances pour venir faire les deux, le casino et l’hippodrome. Je n’ai donc pas peur de perdre des spectateurs», a-t-elle souligné.

Des courses attendues par les jockeys

Dans le camp des hommes à chevaux, ce retour des courses était plus qu’attendu. Forcés de garder leur bête en forme pendant la saison morte, qui dure habituellement de novembre à avril, ces derniers ont eu la tâche bien plus complexe en raison de la pandémie.

«Chaque semaine, on suivait les médias en attente d’un feu vert du gouvernement nous permettant de recommencer à faire ce qu’on aime le plus. Ça nous manquait énormément», a exprimé le jockey Pierre-Luc-Roy.

Par ailleurs, pour ces athlètes, qui doivent faire preuve d’une grande concentration pendant les épreuves, courir devant des gradins vides ne semble pas excessivement dérangeant.

«Sur la piste, ça ne change pas grand-chose. On entre dans une sorte de bulle et on est guidés par notre instinct. Ça demeure cependant plus électrisant quand il y a du public, parce qu’on peut interagir avec eux avant les courses et quand on se rend dans le cercle des vainqueurs», a témoigné M. Roy.

Pour les jockeys, courir à huis clos n’implique pas un énorme changement, bien qu’ils apprécient la présence de spectateurs dans les gradins.

Les jockeys de la province semblent tout de même d’avis que la présence de spectateurs s’avère nettement bénéfique pour un hippodrome comme celui de Trois-Rivières, qui profite habituellement des saisons de courses pour se faire voir à l’échelle internationale.

«C’est vraiment une belle ville pour courir, le complexe hippique y est très bien aménagé et les tracés sont formidables. De nombreux entraîneurs des États-Unis viennent même faire courir leurs chevaux ici pour le prix d’été. Courir devant des partisans aide donc à faire rayonner l’hippodrome à travers l’industrie», a ajouté l’homme à cheval Pascal Bérubé.