La surfaceuse du Club de motoneige La Tuque s’est enlisée il y a quelques jours.

Début de saison de motoneige difficile

LA TUQUE — La frénésie des motoneigistes accroît avec les centimètres de neige depuis déjà quelques semaines d’un bout à l’autre de la région, mais voilà qu’après les arbres qui bloquent les sentiers, des températures plus clémentes et des possibilités de pluie pourraient compliquer encore la vie des dirigeants des clubs de motoneiges.

«On n’aime pas ça quand ils annoncent de la pluie. Il nous faut de la neige. Le temps doux pourrait empêcher les machines de sortir parce que ce ne sera pas possible de gratter. La fin de semaine va être un point tournant selon moi pour l’ouverture de la saison», a lancé Claude Gagnon, président du Club motoneige La Tuque.

Environnement Canada prévoit que les températures seront à la hausse dépassant la normale de saison, mais il est encore tôt pour être exact et parler de redoux.

«Il y a beaucoup d’incertitude qui s’amène pour vendredi et samedi. […] Il pourrait y avoir en effet un risque de pluie verglaçante, mais on ne pense pas que ça pourrait durer plusieurs heures. C’est possible qu’il y ait de la pluie, mais on ne pense pas que ce soit des quantités importantes. Le scénario va se préciser dans les prochains jours», a indiqué Alexandre Parent, météorologue chez Environnement Canada.

«Il semble y avoir plusieurs solutions possibles, mais il y a une tendance vers un mélange de précipitations tournée autour du point de congélation. C’est ce qui semble le plus probable actuellement», a-t-il ajouté.

Au Club de motoneige de la Mauricie, on travaille d’arrache-pied à nettoyer les sentiers qui sont encombrés par des arbres et des branches qui sont tombés. Rappelons que la neige lourde, qui avait causé plusieurs pannes d’électricité, a fait plier de nombreux arbres il y a quelques semaines.

«C’est un peu exceptionnel cette année avec la neige à bonhomme et le verglas qu’on a reçu il y a deux semaines. Les bouleaux et les petits arbres se sont couchés dans les pistes. Il y a des places où on ne peut même pas passer à pied», soutient Michel Lebrun, responsable des communications du Club de motoneige de la Mauricie.

Le Club a dû sortir l’artillerie lourde pour donner un coup de main aux bénévoles. Ils ont quand même réussi à faire un bon bout de chemin à l’aide de pelles mécaniques, débroussailleuses, scies…

«Les bénévoles n’en venaient pas à bout. […] On manque cruellement de bénévoles. Si chaque membre donnait une heure de son temps, il y aurait beaucoup de pistes d’ouvertes. Juste la semaine passée, on a fait 100 heures à une dizaine de bénévoles. C’est un fléau pour tous les clubs de motoneiges», a noté M. Lebrun.

De ce côté, on espère ouvrir les sentiers avant Noël et on a bon espoir d’y parvenir. Mais encore là, on espère que Dame nature va collaborer.

La situation est similaire au Club de motoneige du comté de Champlain. Il faudra encore du temps pour dégager toutes les pistes et célébrer l’ouverture officielle des sentiers.

«On aurait pu se passer de ce genre de début de saison», soupire le vice-président du Club de motoneige du comté de Champlain, François Massicotte.

«On a des bénévoles qui ont bûché pas mal la semaine dernière et il va en falloir d’autres pour continuer de dégager les sentiers. On ne peut rien faire si ce n’est pas dégagé. On va évaluer la possibilité d’avoir de la machinerie pour nous aider. Par contre, ce sont des coûts qui ne sont pas prévus. […] Par ailleurs, on a commencé la préparation dans certains sentiers où on a pu circuler avec les surfaceuses», a-t-il ajouté.

Au Club Motoneige de Mattawin, le travail se poursuit pour ouvrir les sentiers le plus rapidement possible. Encore là, on ramasse des arbres tombés dans les pistes, mais aucune ouverture n’est prévue avant le 15 décembre.

À La Tuque, une surfaceuse s’est enlisée dans le secteur de Lac-Édouard. Malgré tout, on espère pouvoir ouvrir certains secteurs aux motoneigistes ce week-end.

«Notre machine a calé dans la bouette en allant vers le lac Édouard, malheureusement le fond n’est pas encore gelé. […] Il y a certains endroits où on est limité. On coupe les arbres, mais on ne pense pas que ce soit ça qui va retarder notre saison. La neige qui est tombée tôt nous a fait un peu mal. La terre n’a pas gelé, les étangs n’ont pas gelé, il n’y a rien de gelé. Ça nous empêche de passer avec la machinerie», a indiqué Claude Gagnon.

«On va informer les gens sur notre page Facebook quand certaines portions de nos sentiers seront praticables», a-t-il ajouté.

La frénésie bien palpable

Du nord au sud, une chose est claire, la frénésie est bien réelle. Les préventes de droits d’accès ont été bonnes et le téléphone sonne. Les amateurs ont hâte de s’élancer dans les sentiers.

«Les motoneigistes sont excités depuis le début de novembre. Nos contacts qui vendent des motoneiges, eux aussi, sentent la frénésie. On reçoit également beaucoup d’appels», a conclu Michel Lebrun.