La saison de la pêche pourrait être retardée en Haute-Mauricie.

Début de la saison de pêche retardée?

LA TUQUE — Est-ce que la saison de pêche pourra débuter à temps dans les pourvoiries de la Haute-Mauricie? Seule Dame Nature semble actuellement posséder la réponse, les pourvoyeurs eux, suivent la situation de près et souhaitent voir les lacs se libérer de leurs glaces le plus rapidement possible.

«On est en retard d’au moins deux semaines. Pour le moment, on s’attend à ce que les lacs soient dégelés aux alentours du 12 mai, peut-être même le 15 mai. On a dû repousser quelques clients malheureusement, mais les clients savent que c’est une période à risque», souligne Steve Lacasse, gérant du Club Odanak.

«Il reste encore beaucoup de neige en forêt, juste la semaine dernière, je n’étais pas encore capable de faire mon sentier d’interprétation», ajoute sa collègue Véronique Pittikwi.

Les routes d’accès à la pourvoirie ont également donné des maux de tête aux dirigeants. Une partie du chemin principal s’est détruit sous la force de l’eau. On a même dû annuler des activités du temps des sucres. Heureusement, tout est rentré dans l’ordre pour l’ouverture de la saison de pêche qui se fait attendre.

La situation est similaire dans les autres pourvoiries du territoire, on commence à s’impatienter. On veut lancer les activités aux dates prévues.

«Jusqu’à maintenant, ç’a l’air plus tard un peu que l’an dernier, mais il a fait beau dans les derniers jours. Je pense que ce sera limite, il y a certains pourvoyeurs qui ouvrent vendredi prochain. L’an passé, les lacs avaient calé juste avant l’ouverture, on avait été correct. On espère que ce sera ça encore, mais il se peut que ce soit une journée ou deux plus tard», a indiqué Bruno Caron, propriétaire de la pourvoirie Waban-aki et président de l’Association des pourvoiries de la Mauricie.

Le retard pourrait avoir des impacts sur la saison et les pêcheurs qui ont hâte de mettre leur ligne à l’eau, mais peu d’impact pour la pêche.

«La truite mouchetée est un poisson d’eau froide donc ça commence à mordre assez rapidement, plus l’eau est froide longtemps plus la pêche peut être bonne longtemps. Ça peut être un avantage pour ça, mais pour commencer à pêcher, il faut que les lacs soient calés!», note Bruno Caron.

À la pourvoirie du Lac Dumoulin, on attend les premiers clients le 13 mai. Actuellement, on doit se déplacer en hydroglisseur pour se rendre aux installations.

«Les installations chez nous sont sur une île, dans les moments de gel ou de dégel on doit se déplacer comme ça. On souhaite que Dame Nature se mette de notre côté pour être prêts le 13 mai», a lancé Geneviève Frigon, copropriétaire de la Pourvoirie du Lac Dumoulin.

Situation similaire à la SÉPAQ

À la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ), dans la réserve Mastigouche et la réserve faunique du Saint-Maurice, les lacs n’ont pas été libérés de leurs glaces. La saison qui doit débuter vendredi pourrait être repoussée, mais on attend le 8 mai pour prendre une décision et contacter les clients.

«La situation évolue très rapidement en fonction de la météo. Il est trop tôt pour se prononcer si des séjours avec hébergement doivent être repoussés en raison des conditions. Les lacs ne sont pas calés, mais ça peut arriver très rapidement», a indiqué Simon Boivin, porte-parole de la SÉPAQ.

«Ce qui est convenu, c’est d’appeler les gens qui ont un séjour prévu pour la fin de semaine du 10 mai, ce mercredi pour faire le point sur la suite des choses», a-t-il ajouté.

On surveille également le niveau d’eau de différentes rivières dans la réserve Mastigouche qui peuvent déborder et rendre difficilement accessible certains secteurs en raison des routes qui longent ces rivières.

«Là encore, on va faire un portrait de la situation aux gens. […] On a la responsabilité de s’assurer que les lacs sont accessibles de façon sécuritaire pour les clients et que l’expérience de pêche à laquelle ils s’attendent soit à la hauteur de leurs attentes. C’est le 8 mai qu’on va prendre les décisions à savoir si des séjours doivent être repoussés ou reportés», a conclu M. Boivin.

Excellente saison hivernale

La Fédération des pourvoiries du Québec (FPQ) a fait savoir que les résultats sommaires d’un sondage à ses membres font ressortir que près de 60 % ont augmenté leur achalandage au cours de la dernière saison touristique alors que les autres ont maintenu le même rythme par rapport à 2018.

«La neige abondante, les efforts promotionnels et la qualité des services offerts semblent être la clé de ce succès. En effet, toutes les entreprises ayant répondu au sondage sont fières de dire qu’elles réinvestissent tous les ans des sommes, pour plusieurs très importantes, dans l’amélioration de leurs installations afin de maintenir de hauts standards de qualité», a-t-on fait savoir.

Les activités les plus prisées par les visiteurs sont la motoneige et la pêche blanche. Le traîneau à chiens reste très populaire et un incitatif pour se rendre en pourvoirie. À noter que plusieurs activités comme le ski de fond ou la raquette font aussi partie de l’offre complémentaire des pourvoiries.