Les candidats Jean-François Aubin, Éric Lord, Jean Lamarche et Pierre-Benoît Fortin ont croisé le fer dans ce débat animé par Robert Pilotte du 106,9 Mauricie.

Débat des candidats à la mairie: les attaques s’intensifient

Trois-Rivières — Pour une seconde fois au cours de cette campagne électorale à la mairie de Trois-Rivières, les quatre candidats en lice pour l’élection ont eu l’occasion de croiser le fer, mercredi midi, à l’occasion d’un débat radio et télévisé organisé par le 106,9 Mauricie ainsi que NousTV Cogeco. Un débat au cours duquel les attaques entre les candidats ont été beaucoup plus présentes et virulentes, signe que la campagne électorale entre dans son dernier droit et que l’élection est de plus en plus proche.

Si la première partie du débat, animé par Robert Pilotte, était réservée à présenter et débattre des idées de chacun autour de quatre grands thèmes, soit l’environnement, la dette et les taxes municipales, les services aux citoyens ainsi que le développement économique, la seconde partie a donné lieu à des échanges beaucoup plus musclés, dans une formule où chaque candidat devait poser une question à un autre candidat pigé au hasard.

Meneur lors du dernier sondage Mainstreet Research mené pour le compte du Nouvelliste, le candidat Jean-François Aubin a dû répondre à de nombreuses attaques de ses adversaires, à commencer par Éric Lord, qui l’a questionné sur certains échecs vécus dans le passé par M. Aubin à titre d’entrepreneur. Il a notamment fait référence au projet d’Écol’hotel dans l’édifice Ameau ou encore celui de salle de spectacles dans l’église Sainte-Cécile. Jean-François Aubin a rappelé à son adversaire que l’église Sainte-Cécile était devenue le lieu d’accueil de nombreux athlètes qui pratiquent la gymnastique, mais que comme entrepreneur, il avait pris des risques au même titre que tous les entrepreneurs en prennent chaque jour.

«Allez-vous prendre ces mêmes risques avec l’argent des citoyens», a questionné Éric Lord. Jean-François Aubin s’est défendu en indiquant qu’il ne s’agissait certainement pas du même dossier et qu’avec l’argent public et le travail en concertation avec le conseil municipal, de tels risques ne se prendront pas. «Mais développer sans prendre de risques, ça n’existe pas», a renchéri M. Aubin.

Ce dernier a aussi été la cible d’attaques du candidat Jean Lamarche, qui a questionné son intégrité, non seulement lors de son apparition publique en 2017 aux côtés de l’ex-greffier Gilles Poulin qui demandait à la population trifluvienne de «congédier Yves Lévesque», mais aussi avec ses liens étroits avec certains membres du conseil municipal qui lui ont donné leur appui, dont Luc Tremblay qui a participé à la pose de ses pancartes électorales.

En ouverture d’émission, le 106,9 Mauricie avait réuni les candidats de la première élection à la mairie de la nouvelle Ville de Trois-Rivières en 2001, soit Léon Méthot, Yves Lévesque et Alain Croteau.

«Pourquoi vous cautionnez des gestes qui mettent des gens dans des situations délicates? Vous les impliquez dans des activités politiques», a relaté M. Lamarche. Ce à quoi M. Aubin a répondu, en félicitant son adversaire d’avoir mis en application les stratégies de ses conseillers politiques, que les gens qui l’appuyaient étaient majeurs et vaccinés et qu’ils avaient le droit d’assumer leurs positions politiques. «Vous, êtes-vous en mesure d’endosser tout ce que vos partisans disent sur le conseil municipal actuel», a relancé M. Aubin à M. Lamarche.

En point de presse après le débat, Jean-François Aubin a déploré qu’on en arrive à des attaques «aussi basses». «C’est un peu comme de jouer dans la bouette, et je pense que la population est tannée de ça. S’ils veulent jouer à ça, je vais les laisser jouer seuls», a-t-il évoqué.

«J’ai voulu exprimer un malaise que j’ai eu en 2017, et que j’ai encore aujourd’hui, et je crois que le malaise est partagé parce qu’on m’en parle beaucoup», a pour sa part souligné Jean Lamarche.

Idées

Durant la première partie du débat, les candidats ont eu l’occasion de présenter et débattre des différentes idées déjà présentées au cours de cette campagne. Si Éric Lord a martelé l’importance de s’attaquer à la qualité de l’air avec diverses mesures incitatives pour changer les systèmes de chauffage polluants et verdir la ville, Jean Lamarche a réitéré son intention d’améliorer le réseau de transport actif et d’offrir des incitatifs à l’achat de véhicules à assistance électrique pour diminuer l’empreinte carbone et favoriser la fluidité de la circulation.

Jean-François Aubin a martelé son intention d’aider les entreprises à prendre le virage du développement durable en plus d’améliorer le réseau de transport en commun et d’amener la ville vers le compostage, alors que Pierre-Benoît Fortin a rappelé son engagement à rendre le transport en commun gratuit, en plus de questionner les autres candidats sur leur intention ou non d’éliminer la chloramine dans l’eau. Un enjeu qui n’a pas tellement soulevé les passions, et auquel les candidats Lord et Aubin ont indiqué se ranger derrière l’expertise des spécialistes de traitement des eaux de la Ville.

Dans la portion portant sur les services aux citoyens, la question des tarifs supralocaux a occupé une grande place. Alors qu’Éric Lord propose l’abolition pure et simple de ces tarifs pour les remplacer par une carte Accès-Sport plus abordable pour les familles de l’extérieur de Trois-Rivières, Jean-François Aubin a plutôt prôné de laisser les négociations se faire entre les municipalités, ce qui devait à la base être fait avant même de penser à refiler la facture aux citoyens. Il demeure toutefois en faveur du principe d’équité pour les citoyens de la Ville de Trois-Rivières qui paient davantage de taxes pour entretenir les équipements sportifs. Un point de vue partagé par Pierre-Benoît Fortin qui estime que les gens qui souhaitent bénéficier sans frais supplémentaires des services donnés à Trois-Rivières ont tout le loisir de venir s’y installer. Jean Lamarche a quant à lui indiqué que ce problème demeurait complexe pour simplement lui trouver une solution simple et rapide, et qu’il fallait laisser le temps aux municipalités de discuter entre elles. Éric Lord demeure toutefois convaincu que Trois-Rivières bénéficie énormément de l’apport économique des 1200 jeunes de l’extérieur qui utilisent les installations trifluviennes, et que l’imposition de tarifs supralocaux les pénalisera dans la pratique de leur sport en plus d’affaiblir les associations sportives trifluviennes.