Jean-François Aubin, Pierre-Benoît Fortin, Jean Lamarche et Éric Lord ont croisé le fer devant une centaine d’étudiants du Cégep de Trois-Rivières, mardi matin.

Débat au Cégep de Trois-Rivières: l’environnement, priorité des jeunes

Trois-Rivières — L’environnement, la rétention des étudiants et l’intégration des nouveaux arrivants étaient au coeur des préoccupations des étudiants du Cégep de Trois-Rivières, mardi midi, à l’occasion d’un débat des quatre candidats à la mairie organisé par l’association générale des étudiants du Cégep. Un débat qui, avouons-le, aura probablement été l’un des exercices les plus intéressants et pertinents de la présente campagne, faisant parfois sortir chacun des candidats de leur zone de confort en les forçant à se positionner sur des sujets non encore abordés durant cette campagne.

L’AGECTR avait choisi, comme formule de débat, de poser trois questions aux candidats auxquelles ils avaient trois minutes pour répondre, sur des sujets touchant l’implication des jeunes dans la politique municipale, les mesures à mettre en place pour remplacer l’utilisation de l’automobile ainsi que le développement économique de Trois-Rivières.

Or, en deuxième partie de débat, les étudiants étaient appelés à poser des questions directement aux candidats, des questions qui ont permis de sortir du cadre habituel des programmes électoraux de chacun des candidats, les obligeant à se positionner sur des sujets qui n’avaient pas encore été abordés dans cette campagne, allant de l’intégration des nouveaux arrivants à l’élimination du plastique non réutilisable. Tout au long du débat, on a d’ailleurs pu sentir à quel point la question environnementale préoccupe la jeunesse trifluvienne.

D’ailleurs, le candidat Jean Lamarche a eu à se défendre de l’une de ses stratégies publicitaires, alors que son dépliant promotionnel a été distribué aux portes à l’intérieur d’un sac de plastique transparent, dans lequel on ne retrouvait rien d’autre que ce dépliant. Un étudiant a dénoncé cette pratique, la qualifiant de très peu écologique.

M. Lamarche a expliqué que lorsque le contrat pour le réseau de distribution a été négocié, il avait le choix de distribuer le dépliant à l’intérieur du Publi-Sac ou non. Pas souci environnemental, il avait décidé d’opter pour ne pas le distribuer dans le Publi-Sac. Or, il n’avait pas compris que cette mesure impliquait de distribuer le dépliant dans un sac à part, et non uniquement dans la boîte de courrier régulière. «Si c’était à refaire, on ne l’aurait pas fait de cette façon», a-t-il lancé. L’étudiant a invité tous les candidats à redoubler d’attention afin de vérifier si leurs actions pouvaient avoir des conséquences écologiques.

Les candidats ont aussi été cuisinés sur leurs positions quant à l’utilisation des pailles de plastiques, bouteilles non réutilisables, de même que sur leurs intentions de créer plus de parcs, de protéger davantage les espaces verts et de favoriser les mesures qui permettront d’éliminer le plus possible l’utilisation de l’auto-solo.

Outre l’environnement, la question de l’intégration des nouveaux arrivants a été soulevée. Les candidats Jean-François Aubin et Éric Lord ont insisté sur l’importance de travailler avec le Service d’accueil aux nouveaux arrivants (SANA), en plus de favoriser diverses mesures d’intégration, dont par le sport et la culture, a mentionné Éric Lord. Jean Lamarche a pour sa part raconté une rencontre obtenue la semaine dernière avec une cinquantaine de Trifluviens d’origine chinoise qui souhaitaient mieux comprendre les différentes règles de fonctionnement de la société québécoise, prônant le dialogue avec les nouveaux arrivants pour mieux les intégrer. Pierre-Benoît Fortin a indiqué quant à lui que nous étions tous les enfants d’immigrants à différents degrés et que chacun avait bien réussi à s’intégrer. Il s’est dit ouvert à tous et prêt à travailler avec tout le monde.

Une autre question portait sur la rétention, non pas des diplômés, mais bien des étudiants durant leurs études, eux qui ont souvent le réflexe de quitter une fois la fin de semaine arriver pour retourner dans leur région d’origine, ne développant pas ainsi de sentiment d’appartenance à Trois-Rivières.

Jean-François Aubin est d’avis qu’il est plus que temps que Trois-Rivières développe une résidence étudiante au centre-ville de Trois-Rivières, ce qui contribuerait à la découverte par les étudiants de la ville en dehors des lieux d’enseignement.

Éric Lord a proposé une mesure se voulant un passeport pour permettre aux étudiants un certain accès à la vie culturelle trifluvienne, afin de leur faire découvrir l’offre de la ville. Une idée à laquelle a aussi adhéré Jean-François Aubin.

Jean Lamarche a rappelé des initiatives prises notamment à Sherbrooke et qui pourraient s’adapter à Trois-Rivières, dont l’aménagement du terminus des autobus sur le campus de l’université, permettant une meilleure intégration de la vie sur le campus dans la ville. Il souhaite aussi le développement des projets Picom, d’intervention dans la communauté par les étudiants.

Pierre-Benoît Fortin a indiqué quant à lui que si les étudiants étaient attachés à leurs familles et souhaitaient retourner chez eux la fin de semaine, on ne pouvait pas grand chose pour ça.