Cinq des candidats à l’élection fédérale dans Trois-Rivières ont pris part au débat organisé par l’Association générale des étudiants du Cégep de Trois-Rivières.

Débat au Cégep de Trois-Rivières: au cœur des préoccupations étudiantes

Trois-Rivières — C’était au tour de l’Association générale des étudiants du Cégep de Trois-Rivières, jeudi, de présenter un débat dans le cadre de la campagne électorale fédérale dans le comté de Trois-Rivières. Un débat marqué en partie par l’absence du candidat conservateur Yves Lévesque, qui avait un conflit d’horaire, mais aussi par la présence du candidat indépendant Ronald St-Onge-Lynch, qui participait à son premier débat au cours de cette campagne.

L’activité, qui se tenait sur l’heure du dîner, aura attiré au théâtre du Cégep tout près d’une centaine d’étudiants au plus fort de l’assistance. Et si le candidat conservateur n’a pu être présent pour l’exercice, la candidate du Bloc québécois, Louise Charbonneau, s’est prêtée au jeu au début du débat mais a dû quitter à mi-parcours, elle-même indiquant avoir un conflit d’horaire avec un autre engagement. Un départ prévu qui avait été annoncé dès le début du débat.

Quatre questions ont été posées par l’organisation de l’AGECTR dans ce débat fermé, où les candidats n’étaient pas invités à échanger entre eux, mais plutôt à présenter les plates-formes, leurs idées et leurs engagements en tant que parti politique mais aussi en tant que candidats locaux. Des questions portant notamment sur la pénurie de main-d’œuvre, sur les suites à donner à l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, sur la loi 21 du gouvernement provincial portant sur la laïcité de l’État de même que sur l’amélioration du système de transport dans une optique de réduction des gaz à effet de serre.

Toutefois, les débats du Cégep de Trois-Rivières ont toujours ceci d’intéressant qu’ils ouvrent sur les questions des étudiants. Ainsi, en deuxième portion de l’exercice, les personnes présentes dans l’assistance ont pu poser des questions sur des sujets qui n’étaient pas au préalable portés à l’attention des candidats et qui, on le devine, permettaient de refléter les véritables préoccupations de ces jeunes, dont la plupart jouissent du droit de vote depuis quelques mois, voire quelques années à peine.

Un étudiant a notamment questionné les candidats sur les engagements des partis en ce qui concerne le système de prêts et bourses pour aider les étudiants. Bien que cette compétence relève du provincial, la plupart des partis disent avoir prévu des mesures financières qui seront proposées aux provinces pour améliorer le tout. Valérie Renaud-Martin du Parti libéral a fait savoir que son parti souhaitait rehausser de 40 % les bourses pour les étudiants dont la situation financière est plus précaire, de même que d’augmenter à deux ans la période de non-remboursement. Les étudiants n’auraient pas non plus à rembourser les prêts tant qu’ils n’auront pas un salaire au-delà de 35 000 $, et les parents de jeunes enfants n’auraient pas à rembourser tant que les enfants n’atteindraient pas l’âge de 5 ans.

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Robert Aubin du NPD indique que son parti souhaiterait annuler les intérêts sur les prêts étudiants, de même que de transférer un maximum de prêts vers des bourses, une idée prônée par ce parti qui, on le sait, souhaiterait instaurer la gratuité scolaire.

La gratuité est également prônée par le Parti vert et sa représentante locale, Marie Duplessis, qui propose aussi un plafond à la dette étudiante au fédéral, en plus d’offrir le revenu minimum garanti aux étudiants afin qu’ils puissent se concentrer sur leurs études. Ronald St-Onge-Lynch pour sa part, souhaiterait voir s’instaurer une aide financière fédérale pour les jeunes qui ne se qualifient pas au programme de prêts et bourses, notamment au niveau de l’aide au logement.

Les candidats ont aussi eu à présenter leurs positions sur l’imposition ou non au Québec du passage d’un pipeline dans le cadre du développement du corridor énergétique proposé par le Parti conservateur, l’aide aux médias, l’amélioration de l’ouverture du marché du travail aux personnes autistes, l’immigration, la réforme du mode de scrutin et l’adaptation du système judiciaire et des lois au phénomène «Me too» et à la réalité des victimes d’agressions sexuelles.

À noter que puisqu’il n’était pas disponible pour prendre part à ce débat, le candidat conservateur Yves Lévesque pourra s’adresser aux jeunes du Cégep de Trois-Rivières par le biais d’une entrevue qui sera publiée dans le journal étudiant La Gifle.