De participant à président du Festival western

SAINT-TITE — «J’ai vu grandir le festival depuis que je suis jeune», s’exclame le président du Festival western qui occupe ce poste depuis novembre dernier, Benoît Montreuil. Le père de famille qui a grandi à Saint-Tite a accepté de relever le défi de renouveler l’événement qui attire chaque année des centaines de milliers de personnes depuis 51 ans.

Celui qui fête depuis son enfance son anniversaire pendant le festival est revenu s’installer à Saint-Tite il y a environ 10 ans pour y élever ses enfants. «Je ne me souviens pas avoir eu de gâteau de fête chez moi, parce que nous étions toujours au festival. C’est vraiment une tradition.»

L’enseignant à l’École forestière de La Tuque s’est impliqué dans l’organisation du Festival western dans les neuf dernières années, passant de bénévole à responsable de comités à président.

Benoît Montreuil souhaite maintenant relever les défis auxquels fait face l’événement afin d’assurer sa croissance et sa popularité à la suite de son 50e anniversaire. «Je vois la 51e édition comme la première des 50 prochaines», dit-il.

Un enjeu auquel M. Montreuil s’est attaqué à son arrivée en poste est le renouvellement des bénévoles, dont la plupart avance en âge. Il faut savoir que le Festival western requiert plus de 600 bénévoles chaque année pour différentes tâches. «C’est un travail qu’on a entamé cette année et j’en suis très fier», soutient-il.

L’organisation prévoit notamment compter davantage sur des partenariats avec l’école secondaire de Saint-Tite, mais également avec des entreprises de la région pour recruter des bénévoles. «C’est de se faire connaître auprès des jeunes, de leur montrer que via le bénévolat, ils vont chercher de l’expérience et un réseau de contacts», affirme le président de l’événement.

M. Montreuil a également travaillé à la mise sur pied d’une «zone ados» qui verra le jour lors de la 51 édition qui arrive à grand pas. «Ça fait des années qu’on discute de ce site-là», explique-t-il. «Les adolescents et les jeunes adultes étaient la clientèle la moins desservie par le festival.»

Cette zone comprendra entre autres des murs d’escalade, des tables de «babyfoot» et des jeux d’évasion.

Seulement quelques mois après son entrée en poste, Benoît Montreuil a dû faire face à une controverse quant à la protection des animaux lors des activités de rodéo. En avril dernier, un rapport commandé par Alain Roy, un professeur de droit à l’Université de Montréal, concluait que les rodéos allaient à l’encontre de la Loi sur le bien-être et la sécurité de l’animal.

À la suite de la publication du rapport, la Société pour la prévention de la cruauté envers les animaux (SPCA) de Montréal a dénoncé les rodéos tenus au Festival western de Saint-Tite.

«Est-ce qu’on pensait que cette année allait être plus tranquille? C’est sûr qu’on pensait que le battage médiatique avait eu beaucoup lieu à la 50e édition», note M. Montreuil.

Le président du festival n’entend pas se battre contre ces critiques, mais plutôt accepter que certaines personnes adhèrent à des idéologies différentes. «C’est leur vision de la chose. De notre côté, on est certain que ce qu’on fait, on le fait bien.»

Cette controverse ramène d’ailleurs M. Montreuil en 1999, à la sortie du documentaire L’erreur boréale, de Richard Desjardins, qui dénonçait la destruction du patrimoine forestier du Québec. À l’époque, il commençait sa carrière dans le domaine de la foresterie et était donc concerné par les critiques entourant ce secteur à la suite du film.

«Je fais souvent ce parallèle-là parce que j’ai vécu à peu près la même situation de questionnements sur les pratiques qu’on a dans le métier dans lequel j’ai étudié», mentionne M. Montreuil. «Encore là, c’est une question de valeur. Beaucoup de gens disent qu’on coupe trop d’arbres au Québec, mais les statistiques disent le contraire.»

À la suite de cette saga, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, Laurent Lessard, ainsi que la ministre du Tourisme et ministre responsable de la Mauricie, Julie Boulet, ont réitéré leur appui au Festival western de Saint-Tite.

Benoît Montreuil estime que ces critiques ont amené l’organisation à observer les pratiques utilisées dans d’autres festivals qui présentent des rodéos afin de s’assurer d’être «irréprochables». D’ailleurs, chaque activité qui comprend des animaux lors du Festival western est encadrée par des professionnels, sans exception.

Vers une 51e édition
Selon M. Montreuil, c’est l’ambiance unique que l’on retrouve à Saint-Tite qui pousse les gens à revenir au festival, année après année, depuis maintenant plus de 50 ans. Il affirme que la vente de billets, qui est amorcée depuis le mois de mai, va bon train. «C’est comparable aux années précédentes», mentionne le président du festival. «Personnellement, le support des gens, je le prends là. Quand on ouvre une billetterie et qu’on vend 15 000 billets en une journée, c’est une tape dans le dos.» La 51e édition du Festival western de Saint-Tite se déroulera du 7 au 16 septembre prochains. La programmation 2018 offre des spectacles à saveur country de la part, entre autres, de Renée Martel, Annie Blanchard, Kaïn et un hommage à Johnny Cash.