De nouveaux cas d’infestation de l’agrile du frêne

TROIS-RIVIÈRES — L’agrile du frêne continue de faire des ravages à Trois-Rivières. Après le parc Antoine-Gauthier dans le secteur Pointe-du-Lac, d’autres cas d’infestation ont été rapportés ailleurs sur le territoire trifluvien, soit en face du quartier général de la Sécurité publique de Trois-Rivières ainsi que sur la rue Louis-Pinard.

La Ville confirme d’ailleurs que les arbres se trouvant devant le poste de police du boulevard des Forges devront être abattus car leur niveau de dépérissement est supérieur à 30 %. Pour ceux de la rue Louis-Pinard, des analyses seront effectuées et une décision sera prise lorsque les résultats seront connus. Rappelons qu’il est seulement possible de traiter les arbres avant que les symptômes apparaissent s’ils ont un diamètre à hauteur de poitrine égal ou supérieur à 20 cm ou s’ils présentent un dépérissement de moins de 30 %.

«Nous abattrons les arbres à l’automne afin d’éviter la propagation. Nous rappelons d’ailleurs aux citoyens qui ont des frênes infectés qui doivent être coupés de le faire entre le 1er octobre et le 15 mars», indique le porte-parole de la Ville, Yvan Toutant.

En raison de la présence de plus de 4500 frênes sur les terrains publics et privés de la ville, les autorités municipales ont mis en place un plan d’action afin de contrôler le plus possible cet insecte ravageur. En vertu de cette mesure, ils conseillent aux citoyens qui possèdent un ou plusieurs arbres de cette essence sur leur propriété de procéder à une inspection. Un dégarnissement et un dépérissement de la cime de l’arbre, un développement de pousses adventives à la base du tronc, une apparition de trous de sortie dans l’écorce en forme de D majuscule et la présence de galeries sous l’écorce bloquant la sève du frêne de circuler sont les symptômes que peut présenter un arbre infecté. Les citoyens ayant des doutes peuvent appeler au 311 pour demander qu’un spécialiste de la Ville se rende chez eux.

L’agrile du frêne est un insecte ravageur qui a tué des millions de frênes en Amérique du Nord depuis dix ans, dont un premier foyer d’infestation a été découvert à Trois-Rivières en mars dernier au parc Antoine-Gauthier. À la suite de la découverte de ce premier lieu d’infestation, des échantillons ont été envoyés à l’Agence canadienne d’inspection des aliments, qui a authentifié l’ADN des larves récoltées après l’écorçage comme étant des larves d’agrile. Il s’agirait pour le moment du seul foyer d’infestation en sol trifluvien. Généralement, l’agrile du frêne endommage et tue les peuplements de deux à cinq ans après le début de l’infestation.

Sept arbres se trouvant devant le quartier général de la Sécurité publique de Trois-Rivières devront être abattus car ils sont infectés par l’agrile du frêne.

De l’aide pour les citoyens
Dans le cadre du plan élaboré par la Ville, les citoyens aux prises avec cette problématique auront droit à une aide concrète. Si le traitement de leurs arbres est possible, ils bénéficieront du même tarif de la Ville, soit 3,33 $ du centimètre traité. Le pesticide utilisé par l’entreprise qui a remporté l’appel d’offres pour traiter les arbres publics est le TreeAzinMD. Ce produit est injecté à l’aide de capsules à ressort. Le traitement doit être effectué idéalement entre le 15 juin et le 31 août. Son taux d’efficacité est de 95 % et protège les arbres pour une durée de deux ans.

Dans l’éventualité où les arbres doivent être coupés, la Ville délivrera gratuitement le permis requis. Fait à noter, il est nécessaire de déchiqueter sur place le bois en morceaux de moins de 20 cm de diamètre. Les pièces plus volumineuses doivent quant à elles être transportées dans un site autorisé au maximum 15 jours après l’abattage. De plus, il est interdit de conserver le bois d’un frêne infecté par l’agrile afin de s’en servir comme bois de chauffage.