Des sous-traitants d’ABI se disent encouragés par les derniers développement, mais attendent avant d’ouvrir le champagne.

De l’espoir pour les sous-traitants d’ABI

BÉCANCOUR — Le dépôt de la dernière offre de la direction d’ABI ainsi que la tenue lundi d’une assemblée syndicale où les membres doivent se prononcer ravivent certains espoirs chez les entreprises qui faisaient de la sous-traitance dans cette aluminerie avant le lock-out.

Avant l’imposition d’un lock-out en janvier 2018, l’entreprise Hydrexcel de Bécancour avait plusieurs mandats chez ABI. L’entreprise qui se spécialise dans la fabrication d’équipements industriels sur mesure en acier, en aluminium ou en acier inoxydable, comme des convoyeurs, des passerelles ou encore des équipements de levage, bénéficiait de l’activité industrielle engendrée par les besoins de l’aluminerie.

Copropriétaire et directeur général d’Hydrexcel, Joaquim Blanchette, se dit encouragé par les récents développements, mais ne souhaite toutefois pas célébrer trop vite. «On va attendre d’avoir du concret pour ouvrir la bouteille de champagne. Mais, c’est certain que de voir que ça bouge, c’est tout le temps plus motivant pour nous», mentionne M. Blanchette.

«ABI étant notre voisin, quand ça fonctionne ça nous assure une pérennité à long terme. C’est sûr qu’on est plus confiant avec l’aluminerie qui fonctionne pour nos familles et l’économie de la région. Il y a plusieurs autres joueurs qui sont à ABI. Quand ils ont des contrats là, c’est bon pour tout le monde, c’est bon pour nous aussi.»

Même son de cloche chez H.M. Métal. L’entreprise qui se spécialise dans la fabrication métallique sur mesure obtenait elle aussi des contrats chez ABI avant le lock-out. Les derniers développements sont encourageants, estime Gabriel Neault, responsable du développement des affaires de l’entreprise. Malgré tout, la prudence est de mise avant de célébrer.

«C’est lundi qu’on va plus voir ce qui va arriver, mais ça fait tellement longtemps que ça dure. On espère que ça se règle, mais on n’a pas d’informations que ça va vraiment se régler», précise M. Neault.

Lorsque le lock-out a été décrété, Joaquim Blanchette avoue que les contrats à ABI ont grandement diminué. «Nous avons eu une grosse baisse de contrat, mais il y a un minimum d’entretien qui est fait à ABI», précise-t-il.

Ce conflit de travail a entraîné des restructurations chez certains sous-traitants, comme chez Hydrexcel. L’entreprise a dû faire des pieds et des mains pour dénicher de nouveaux contrats.

«Rapidement on a dû colmater les fuites. Nous avons des gens qui ont fait un peu de chômage, mais avec la rareté de la main-d’œuvre, notre portfolio et notre expérience, on a retrouvé d’autres clients qui nous ont rapidement fait confiance», explique M. Blanchette qui n’écarte pas de devoir embaucher de nouveaux travailleurs si jamais ABI met fin prochainement au lock-out.

Les activités de H.M. Métal ont aussi diminué à la suite du déclenchement du lock-out. La direction n’a toutefois pas été contrainte de diminuer son personnel. «Produisant beaucoup moins, ABI avait moins de besoins. Nous avons dû redoubler d’efforts dans le développement des affaires pour trouver d’autres clients», soutient Gabriel Neault. «Par contre, c’est plus tranquille actuellement. C’est directement relié au fait que le marché est plus compétitif, car il y a moins de projets pour autant de compagnies.»