Marie-France Lottinville, conseillère à la boutique Sexxx Plus de Trois-Rivières.

De l’amour pour tous les goûts

Trois-Rivières — La Saint-Valentin a beau être une fête commerciale, l’occasion est quand même belle, avouons-le, pour dire je t’aime à l’être cher, à des parents ou à des amis. L’éventail des moyens employés pour souligner cet événement varie du chocolat, aux articles érotiques en passant par les fleurs et le souper aux chandelles.

Si c’est la fleur que l’on choisit pour exprimer ses sentiments, «il n’y a que la rose rouge», constate Isabelle Côté, copropriétaire de la boutique Il était une fleur, sur le boulevard Sainte-Madeleine. La classique rose rouge représente en effet pas moins de 80 % des ventes de fleurs qui se font à l’approche de cette fête, dit-elle.

Le hic, c’est de fabriquer entre 800 et 1200 bouquets juste à temps pour le jour de la Saint-Valentin, raconte Mme Côté. Par chance, la fleuriste compte sur une véritable armada d’employés d’un jour, des personnes qui adorent faire des bouquets de fleurs, dit-elle. «Nous avons des retraités et même des personnes qui prennent une journée de congé pour venir nous aider», dit-elle. Ces personnes appellent ça leur «journée de bonheur», raconte la copropriétaire.

Isabelle Côté signale que la pression est extrêmement forte sur les producteurs de roses. «Je dois réserver les miennes dès le début de décembre pour la Saint-Valentin», dit-elle, une information que confirme Amélie Lampron, directrice générale de Rose Drummond. Cette entreprise a vendu de grandes quantités de fleurs à des écoles et organismes qui font des collectes de fonds dans le cadre de la Saint-Valentin ainsi qu’à des restaurants. «La tempête (mercredi) nous a forcés à devancer les livraisons», dit-elle.

Nancy Samson, propriétaire de Chocolat Samson.

Le chocolat, on le sait, est un grand classique de la fête des amoureux, mais à la boutique Spatule et Ganache, sur la rue Marion, on fabrique des produits uniques en leur genre qui sont en train de créer une nouvelle tradition de Saint-Valentin chez la clientèle. Il s’agit de gâteaux dont les garnitures sont tellement abondantes, variées et généreuses, sur le dessus, «qu’il faut les manger avant d’espérer pouvoir atteindre le gâteau lui-même», raconte la copropriétaire, Julie Turcotte. Certains de ces spectaculaires gâteaux ont jusqu’à six étages. C’est un peu le chocolat de la Saint-Valentin réinventé. Malgré le succès de ses deux gâteaux de la Saint-Valentin, le Lovers et l’Amoureux chic, c’est la période de Noël qui demeure la plus achalandée pour la boutique, suivie de Pâques, précise-t-elle. N’empêche que les créations originales font de plus en plus d’adeptes. L’entreprise, qui évoluait à Shawinigan avant de s’installer à Trois-Rivières en novembre dernier, est en effet passée de deux à neuf employés en trois ans d’existence.

La Saint-Valentin est sans conteste la plus grosse période de l’année pour les boutiques érotiques. «On a trois à quatre fois plus de clients qu’en temps normal», indique Marie-France Lottinville, conseillère à la boutique Sexxx Plus du boulevard des Forges. «Les gens viennent chercher quelques produits pour agrémenter la soirée de la Saint-Valentin», dit-elle.

La clientèle varie de 18 à plus de 80 ans, dans certains cas, dit-elle. «Les gens du troisième âge achètent surtout des huiles à massage ou des lubrifiants», précise-t-elle. Lingerie érotique, films et gadgets de toutes sortes, incluant divers produits humoristiques, rendent parfois le choix difficile, dit-elle, surtout pour la clientèle plus timide. «On a des clients qui peuvent être gênés un peu parce que c’est encore un sujet tabou», constate la conseillère. La clientèle, dit-elle, est composée autant d’hommes que de femmes. «On a beaucoup de couples qui viennent en magasin», précise-t-elle.

S’il est un autre lieu qui est achalandé, en vue de la Saint-Valentin, c’est bien la Chocolaterie Samson de Trois-Rivières. La boutique s’était rendue célèbre, dans la région, il y a quelques années, en vendant des seins en chocolat pour la Saint-Valentin au profit de la Société canadienne du cancer.

Julie Turcotte, copropriétaire de Spatule et Ganache.

Cette année, c’est une histoire d’amour avec un chat qui est à l’origine d’une nouvelle création de la chocolatière Nancy Samson. C’est qu’au printemps dernier, Mme Samson a reçu la visite de l’ancienne propriétaire de l’édifice où loge maintenant son commerce, face à la gare. Pendant 10 ans, cette dame a vécu là avec un chat siamois appelé Samson. «Quelle ne fut pas sa surprise lorsque je lui ai remis ma carte d’affaires», raconte la chocolatière. On y voit non seulement le nom de Samson, mais également une tête de chat stylisée, logo de l’entreprise. «Je n’étais pas au courant pour le chat Samson lorsque j’ai fait faire mon logo», raconte-t-elle. «Et en plus, j’ai moi aussi un chat siamois», dit-elle. Il y a donc désormais des chats Samson en chocolat à vendre pour la Saint-Valentin et même à l’année.

Cette année, la boutique revient à la charge également avec ses bustes en chocolat qui n’ont qu’un seul sein comme c’est le cas des femmes qui subissent une ablation à la suite d’un cancer. Un X peint en or comestible est dessiné sur le sein manquant. Pour chaque achat d’un buste, la somme de 2 $ est remise à la Société canadienne du cancer. S’en procurer un représente une façon différente de donner de l’amour en ce jour festif.