Étant donné leur âge, la majorité des bâtiments scolaires de la Mauricie et du Centre-du-Québec contiennent de l’amiante.

De l’amiante, mais pas de retrait systématique

TROIS-RIVIÈRES — L’école Marguerite-Bourgeois de Trois-Rivières est en ce moment le théâtre de quelques travaux programmés depuis plusieurs mois dans les vides sanitaires et la salle mécanique. Comme prévu, l’espace doit être scellé et on doit y aménager une pression d’air négative afin d’éviter que des particules d’amiante se propagent dans les zones habitées par les enseignants et leurs élèves. C’est que cette école compte parmi 69 des 75 bâtiments de la Commission scolaire du Chemin-du-Roy qui contiennent de l’amiante, une substance réputée dangereuse pour les poumons.

En 2014, une disposition de la Loi sur la santé et sécurité au travail exigeait de toutes les commissions scolaires du Québec qu’elles produisent un registre afin de déterminer dans quels édifices se trouve de l’amiante.

Dans la région, étant donné l’âge des bâtiments, la majorité des écoles en contiennent.

La Commission scolaire du Chemin-du-Roy avait réservé près de 100 000 $ pour réaliser des travaux de ponction dans ses écoles. Les connaissances acquises lors de cet exercice sont confinées dans un registre qui doit être consulté avant la tenue de travaux, dans les écoles, qui risquent d’envoyer des particules d’amiante dans l’air.

Les travaux de décontamination sont «régis par des normes», indique la porte-parole de la Commission scolaire, Anne-Marie Bellerose et le tout est «étroitement supervisé. C’est fait avec beaucoup de rigueur et de vigilance», assure-t-elle.

À la Commission scolaire de l’Énergie, le registre permet de constater qu’il «y a de l’amiante dans tous nos établissements, mais à des degrés divers», indique la coordonnatrice aux communications, René Jobin. Cette commission scolaire compte 23 écoles primaires réparties en 35 immeubles, sept écoles secondaires, deux centres d’éducation aux adultes, deux centres de formation professionnelle répartis en trois immeubles de même que 7 autres immeubles pour un grand total de 54 bâtiments.

«La présence d’amiante ne comporte aucun risque tant et aussi longtemps que les surfaces ne sont pas endommagées ou à l’air libre», précise Mme Jobin.

À la suite du rapport de caractérisation de l’amiante qui a été produit en 2015 à la Commission scolaire du Chemin-du-Roy, «nous avons effectué certains travaux jugés prioritaires alors que pour d’autres bâtisses aucune intervention n’était nécessaire, seulement une inspection aux deux ans était recommandée. Ces suivis ont été réalisés en 2017», précise de son côté Mme Bellerose.

La présence d’amiante pour isoler des murs ou de la tuyauterie trahit l’âge de certains édifices scolaires.

À la Commission scolaire de la Riveraine, «l’âge moyen de nos bâtiments est de 55 ans», indique le secrétaire général, Pascal Blondin. «L’ensemble des écoles contient de l’amiante», dit-il.

Là aussi, une caractérisation des matériaux a été réalisée en 2015.

Il n’y a pas de programme visant précisément à retirer l’amiante, indique M. Blondin. Lorsqu’il y a divers travaux à entreprendre, toutefois, la Commission scolaire a recours à une firme spécialisée puisqu’il faut se conformer, dit-il, au Code de sécurité pour les travaux de construction, à la Loi sur la santé et la sécurité au travail de même qu’au Règlement sur la santé et la sécurité au travail.

Le Dr Yv Bonnier Viger, professeur en médecine sociale et préventive à l’Université Laval et directeur de santé publique au CISSS de la Gaspésie, indique que les mesures qui doivent être prises lors de travaux impliquant le déplacement d’amiante sont régies par la CNESST au Québec laquelle «va au-delà des normes prescrites», dit-il. Si ces normes sont suivies, dit-il, «il ne devrait pas y avoir de problème.» L’important, explique le DSP, c’est que les travaux soient effectués par des entreprises responsables qui sont au fait des mesures à prendre. Il ne faut donc pas les confier à des «jobbers», conseille-t-il.