Colette Coudé, directrice générale de la TAAAM.
Colette Coudé, directrice générale de la TAAAM.

De l’aide pour les aînés endeuillés

Trois-Rivières — En cette période de pandémie où les aînés sont particulièrement isolés, vivre un deuil peut devenir une épreuve encore plus douloureuse qu’en temps normal. C’est encore pire lorsqu’on ne peut même pas accompagner une personne significative dans sa traversée vers la mort parce qu’il faut demeurer confiné.

C’est pourquoi la Table Action Abus Aînés Mauricie vient de lancer un tout nouveau service de soutien psychologique qui vise les aînés endeuillés, peu importe le type de deuil que ces personnes traversent, car un deuil demeure un deuil, que ce soit celui d’un proche, celui d’une personne aimée, ou même un deuil blanc, comme la perte d’un emploi ou même d’un animal de compagnie, fait valoir Colette Coudé, directrice générale da la TAAAM.

«On ne demandera pas quel est le deuil que la personne vit», assure-t-elle.

Le service s’adresse aux aînés vulnérables et se veut une réunion entre des intervenantes en psychologie et de petits groupes d’au plus six aînés endeuillés à la fois. L’activité se déroule entièrement au téléphone et dans l’anonymat.

Comme l’explique Mme Coudé, le fait de partager ses émotions de deuil avec un groupe «a un effet guérisseur». Les gens entendent ce que les autres ont a dire et se rendent compte qu’ils vivent des émotions semblables à eux. Sans cet effet de groupe, «certains n’auraient pas osé parler de la colère qu’ils ressentent», illustre-t-elle.

Suzanne Léveillée, professeure au département de psychologie de l’UQTR, salue cette initiative et souhaite qu’elle soit mieux connue du grand public.

C’est qu’avec la COVID-19, c’est comme si les étapes normales de préparation au deuil n’avaient pas le temps de se dérouler, dit-elle. «Habituellement, il y a des rituels d’acceptation», dit-elle. Or, la rapidité de certains décès associés à ce virus fait que les étapes du deuil ne sont pas les mêmes, constate-t-elle. Cela rend le processus de deuil encore plus difficile, voire plus long, explique la professeure Léveillée.

Selon elle, il sera important que ce service, qui n’est offert qu’en Mauricie pour l’instant, se poursuive car la société en a encore pour un bon bout, rappelle-t-elle, à devoir composer avec la COVID-19 et ses conséquences.

Les personnes de la Mauricie qui sont intéressées à profiter de ce service sont invitées à composer le 819-372-0274. Il faut laisser son nom et numéro de téléphone. Le service pourra alors les rappeler et les inscrire. Mme Coudé assure que l’accès au service sera très simple et ne nécessitera pas l’usage d’autre chose que d’un téléphone.

Le tout débute le 27 mai, de 10 h à 11 h pour une durée de quatre semaines consécutives.

La TAAAM rappelle qu’un «nombre incroyable de décès dus à la COVID-19 a plongé les proches dans le deuil» et à cause du confinement, les gens n’ont pas pu dire adieu à leurs proches.