De nombreuses affiches sont apparues au centre-ville et dans les environs du Cégep de Trois-Rivières, notamment.

De l’«affichage sauvage», dénonce la Ville

Trois-Rivières — Une activité de discussion politique devant se tenir au Cégep de Trois-Rivières les 22 et 29 avril fait sourciller la Ville de Trois-Rivières depuis quelques jours. Alors que le Parti communiste révolutionnaire invite la population à assister, lors de ces dates au «Groupe d’éducation communiste», la Ville n’apprécie pas présentement que les promoteurs de l’activité contreviennent à la réglementation municipale en procédant à ce qu’elle qualifie désormais d’«affichage sauvage».

Les affiches promotionnelles de l’événement ont fait leur apparition au centre-ville de Trois-Rivières la semaine dernière, certaines ayant même été apposées sur des horodateurs. Ces affiches ont aussitôt été retirées par le service des Travaux publics, puisqu’il est interdit d’afficher sur ces équipements municipaux. D’autres affiches ont été apposées sur des poteaux et boîtes postales, notamment. Durant la fin de semaine, d’autres ont été apposées sur la très grande majorité des poteaux du boulevard des Récollets à proximité du Cégep de Trois-Rivières. Les promoteurs ont utilisé de la colle pour les apposer, ce qui les rend très difficiles à enlever et ce qui contrevient du coup à la réglementation municipale, remarque le responsable des communications au cabinet du maire, Yvan Toutant.

La Ville de Trois-Rivières pourrait sévir contre les organisateurs d’une activité de discussion politique en raison de l’«affichage sauvage» qu’elle fait pour promouvoir son activité.

«Nul ne peut utiliser les installations publiques de cette façon pour faire de l’affichage sauvage et ce sans permis. Il est clair que ça ne respecte pas la réglementation municipale. Il va y avoir un suivi de la part de notre service des permis et les organisateurs pourraient s’exposer à des amendes», mentionne M. Toutant.

Le conseiller municipal Denis Roy explique pour sa part avoir reçu plusieurs plaintes de résidents et commerçants du centre-ville, et a présenté une requête aux Travaux publics. Ce dernier indique ne pas en avoir contre l’activité, mais bien contre le volume d’affiches apposées à plusieurs endroits en ville.

Sur Facebook, le Parti communiste révolutionnaire décrit l’activité comme «ouvert à toutes les personnes qui désirent s’armer idéologiquement pour combattre efficacement le capitalisme et l’exploitation. Il sera question du marxisme-léninisme-maoïsme, de la compréhension scientifique du capitalisme, des classes sociales au Canada, de la stratégie révolutionnaire la plus avancée pour prendre le pouvoir – la guerre populaire prolongée –, du socialisme, de l’impérialisme, de la question nationale et de celle des femmes. Ces deux séances d’étude collective visent à rassembler des forces pour entamer ensemble un travail politique révolutionnaire dans la ville de Trois-Rivières. Ce sera l’occasion pour nous toutes et tous d’apprendre ce que signifie être un(e) militant(e) communiste aujourd’hui».

Au Cégep de Trois-Rivières, on indique avoir autorisé la tenue de l’activité au même titre que d’autres demandes provenant de groupes politiques. C’est d’ailleurs dans ce contexte qu’un local a été loué par l’organisation. «Nous avons régulièrement des demandes provenant de groupes politiques. Nous leur demandons ce qu’ils veulent faire et on autorise la libre circulation des idées tant que ça se fait dans un contexte de respect et de tolérance», indique le directeur des affaires étudiantes et communautaires, Réjean Paquet.

Le Groupe d’éducation communiste a donc obtenu un contrat de location qui répondait aux conditions de location des locaux du Cégep selon la politique de location en vigueur assure Réjean Paquet, précisant que l’activité avait été prévue pour un groupe de 15 à 20 personnes.

Lundi, personne au Parti communiste révolutionnaire n’était disponible pour commenter la réaction de la Ville de Trois-Rivières face à la promotion de l’activité. Le groupe pourrait cependant accorder une entrevue plus tard cette semaine.