Les élèves de sixième année de l’école Dominique-Savio ont été aidés par l’accordéoniste Gaston Nolet (en haut, à gauche), l’auteur, compositeur et interprète Denis Massé (au centre), leur enseignante Nancy Pedneault (à droite) et l’éducatrice spécialisée de l’école, Manon Bourbeau (derrière Mme Pedneault).

De la généalogie à la légende

SHAWINIGAN — Grâce aux avancées technologiques, il est plus facile que jamais de savoir qui sont nos ancêtres. Un groupe d’élèves de sixième année de l’école Dominique-Savio, dans le secteur Saint-Georges-de-Champlain, à Shawinigan en a récemment fait l’expérience, dans le cadre d’un projet qui les a menés à découvrir comment vivaient leurs aïeuls, à écrire une légende sur l’un d’eux et à présenter un spectacle faisant revivre cette époque passée.

Tout a commencé l’an dernier, lorsque leur enseignante, Nancy Pedneault, et l’éducatrice spécialisée de l’école, Manon Bourbeau, leur ont proposé de faire un projet de généalogie. À leur grande surprise, l’idée a séduit immédiatement les élèves.

«C’est un groupe qui est difficile à motiver. Mais quand on a présenté le projet en septembre, on a tout de suite senti que les élèves étaient emballés et ils ont vécu ça avec passion. On ne les a jamais vus motivés comme ça», s’exclame Mme Bourbeau.

Les élèves ont commencé par recueillir de l’information auprès de leurs parents, de leurs grands-parents et, pour ceux qui avaient la chance de pouvoir encore leur parler, de leurs arrière-grands-parents. Ils ont ensuite eu accès gratuitement à la base de données de Généalogie Québec pour poursuivre leur projet. Cette démarche leur a permis d’accéder à plusieurs documents d’époque, comme des baptistaires et des certificats de mariage.

Légendes et «set carré»

Le projet de généalogie a ensuite pris un tournant artistique. Entre en scène Denis Massé, auteur, compositeur et interprète mauricien, notamment membre du groupe folk Les Tireux d’Roches. Sa mission: enseigner à ces élèves comment écrire et raconter une légende. Les élèves devaient ensuite écrire une légende sur l’un de leurs ancêtres découverts au cours du projet de généalogie, grâce aux bons conseils prodigués par M. Massé, qui les a accompagnés jusqu’au bout de ce projet.

«C’est incroyable comment M. Massé a créé un lien facilement avec les élèves, souligne Mme Bourbeau. Cet artiste-là a fait la différence dans le projet.»

Les élèves de sixième année ont également fait la rencontre de Yaëlle Azoulay, danseuse et chorégraphe spécialisée en danse percussive et gigue québécoise. L’artiste leur a montré comment danser et «caller» un «set carré», danse traditionnelle de la province qui regagne en popularité chez les jeunes depuis quelque temps. Les élèves ont alors intégré cet élément à un spectacle présenté jeudi dernier, llors duquel cinq élèves ont eu l’occasion de raconter leur légende devant un public de 140 personnes, à la Maison de la culture Francis Brisson de Shawinigan.

Pour Mme Bourbeau, l’expérience a été un succès à tous les niveaux, en permettant non seulement aux élèves de découvrir comment vivaient leurs ancêtres, mais également de dépasser leurs propres limites et de raviver leur motivation à aller à l’école.

«Ça a été une surprise de voir autant de monde à ce spectacle, je crois que personne ne s’attendait à ça, concède Mme Bourbeau. Pour plusieurs, ça a été un défi de prendre la parole devant autant de monde, mais ç’a été vraiment gratifiant pour eux. On ne s’attendait pas à ce que le dépassement de soi aille aussi loin. Ça donne le goût de refaire le projet!»