On s’entraîne en vue du Grand Défi Desjardins 2019. De gauche à droite, Charles Massicotte-Bruneau, directeur général de la Caisse Desjardins de Mékinac-Des Chenaux, Annie Marsolais, conseillère soutien aux administrateurs à la Caisse Desjardins de Mékinac-Des Chenaux, et Pierre-Louis Jacob, retraité de chez Desjardins.

De la Floride à Saint-Tite à vélo

SAINT-MAURICE — Après avoir visité des écoles de sa région et constaté que certaines d’entre elles disposaient à peine du budget pour réparer quelques ballons, Charles Massicotte-Bourbeau, directeur général de la Caisse Desjardins de Mékinac-Des Chenaux, a décidé d’embarquer son équipe dans une collecte de fonds qui le mènera, avec une quinzaine de compagnons de route, à pédaler entre la Floride et Saint-Tite en juin prochain, à l’occasion du Grand Défi Desjardins de 2019. L’objectif est d’amasser 120 000 $ pour les écoles primaires et secondaires des MRC des Chenaux et de Mékinac.

La course à relais du Grand Défi Desjardins est à l’origine une idée toute mauricienne. En effet, c’est Joël Bernier, conseiller en gestion de patrimoine à la Caisse de l’Ouest de la Mauricie, qui a d’abord l’idée de pédaler pour amasser des fonds afin d’aider les écoles de sa région à promouvoir les saines habitudes de vie, en 2014. L’édition de 2019 est donc, en quelque sorte, un retour au bercail pour le Grand Défi Desjardins.

C’est en revenant de Floride, où il allait reconduire ses parents, que l’idée de monter un projet cycliste de longue haleine germe tranquillement dans la tête de Joël Bernier. Influencé par Pierre Lavoie et le Grand Défi qui porte son nom, l’amoureux du guidon trace les contours du projet qui trouvera son aboutissement en 2015 alors qu’il pédalera de Key West, en Floride, à Louiseville, en compagnie d’une équipe de cyclistes.

L’expérience en inspire d’autres. La Caisse Desjardins de la Région de Thetford tiendra le défi en 2016 et cinq caisses Desjardins de la région de la Beauce, réunies au sein d’une même équipe, l’imiteront en 2017. Après une pause en 2018 et l’édition de cette année, une autre caisse est en lice pour tenir l’édition de l’an prochain. On ne dévoile pas de nom pour l’instant.

Depuis la première édition, ce sont plus de 500 000 $ qui ont été redistribués pour permettre à des écoles d’acquérir du matériel sportif et mettre sur pied différents programmes de mise en forme. Les frais encourus par les équipes cyclistes sont pris en charge par Desjardins.

M. Bernier, qui agit à titre de conseiller depuis l’édition de 2015, explique que la logistique d’un tel projet est un défi en soi. «Il faut essayer de monter des équipes polyvalentes», indique-t-il. «On a un cycliste qui est mécanicien, c’est lui qui répare les vélos le soir. Un de nos chauffeurs est massothérapeute, un autre est bon pour faire la bouffe. C’est un peu comme un village de Schtroumpfs, chacun à son rôle», image-t-il.

Dans le quotidien de la course, ce sont trois équipes qui pédalent chacune entre 130 et 150 km par jour pour un total d’environ 400 km. Les cyclistes bouclent l’ensemble du trajet en une dizaine de jours. Le trajet est établi sur une base quotidienne. On apprend des expériences précédentes, on tente ainsi de choisir les routes les plus propices au cyclisme. L’édition de cette année fera un détour par Myrtle Beach, un caprice de M. Massicotte-Bourbeau, nous dit-on.

Les saines habitudes de vie

Mentor de l’activité depuis ses débuts, l’ombre de Pierre Lavoie n’est jamais loin. Le promoteur du Grand Défi Pierre Lavoie a ainsi mis à la disposition des organisateurs sa plateforme de collecte de dons.

Celle-ci permet entre autres d’émettre des reçus d’impôt aux donateurs. C’est aussi lui qui évalue les projets soumis par les écoles et qui voit à la distribution des sommes amassées.

Pour M. Massicotte-Bourbeau, l’objectif de 120 000 $ est un minimum à atteindre. Faisant valoir que les besoins sont criants dans la communauté, il annonce que 107 000 $ sont déjà amassés. On signale que c’est l’entièreté des sommes recueillies qui sont redistribuées dans les écoles.

Les MRC des Chenaux et de Mékinac sont toutes deux partenaires de l’événement. Le préfet des Chenaux, Gérard Bruneau, souligne d’ailleurs que l’adoption de saines habitudes de vie est la responsabilité de toute la communauté. «C’est important d’amener nos jeunes à trouver l’équilibre entre les jouets électroniques et le plein air», plaide-t-il.