Daren Leclerc

Daren Leclerc est acquitté

TROIS-RIVIÈRES — Les nombreuses contradictions relevées dans les témoignages des trois plaignantes ont valu à Daren Leclerc un verdict d’acquittement sur toutes les accusations portées contre lui pour des présumées agressions sexuelles.

Même si la juge Guylaine Tremblay demeure perplexe sur le niveau de préoccupation qu’il a pu accorder au consentement des jeunes filles, elle conclut qu’il y avait trop de contradictions dans leurs témoignages pour établir hors de tout doute raisonnable la culpabilité de l’accusé. Ce dernier est donc reparti complètement blanchi du palais de justice et surtout, soulagé. «Quand on fait face à trois dossiers d’agressions sexuelles aux adultes, pour un individu qui n’a pas d’antécédent judiciaire et qui a toujours maintenu qu’il était innocent dans cette histoire-là, d’entendre la juge qui confirme son acquittement, c’est sûr qu’il est soulagé», a précisé Me Matthieu Poliquin, l’un de ses avocats. «C’est un bon jugement qui vient confirmer la preuve entendue», a pour sa part indiqué son autre avocat, Me Alexandre Biron, tout en rappelant que la médiatisation de cette affaire avait aussi eu des conséquences dans la vie de son client. 

Daren Leclerc, un jeune homme de Saint-Luc-de-Vincennes, était accusé d’avoir agressé sexuellement une jeune femme de 18 ans entre le 20 et le 24 septembre 2016. Au terme d’une soirée où celle-ci avait consommé de l’alcool, du cannabis et du GHB, il en aurait profité pour l’agresser en la pénétrant de force. Selon elle, il lui disait lors de la pénétration: «Parle-moi, pardonne-moi.» 

Puis, en octobre 2016, il aurait récidivé avec une adolescente de 16 ans, en plus de lui infliger des voies de fait, de lui proférer des menaces de mort et de se livrer à du harcèlement criminel. Dans son témoignage, elle affirmait qu’il l’avait déshabillée violemment en lui déchirant ses vêtements pour ensuite la violer. Plus tard, il lui aurait proféré des menaces en lui disant qu’elle allait se faire violer et que sa famille ne la retrouverait pas. Elle aurait alors sorti un exacto de son sac mais il s’en serait emparé, aurait retiré la lame et l’aurait jetée. Et lorsqu’ils seraient revenus au domicile de Daren Leclerc, il l’aurait frappée, prise à la gorge et violée de nouveau à quelques reprises au cours de la nuit.

Enfin, il faisait face à des accusations d’agression sexuelle pour des événements survenus également en octobre 2016 mais cette fois-ci sur une femme de 20 ans. Il se serait ainsi livré à des attouchements sur ses parties intimes, lui aurait enlevé de force ses pantalons et ses petites culottes et aurait essayé de la pénétrer mais sans succès. Selon sa version, elle aurait finalement serré fortement son pénis en utilisant ses ongles pour qu’il la lâche. 

Lors du procès, les plaignantes avaient raconté qu’elles avaient clairement manifesté dans leurs paroles et leurs gestes qu’elles n’étaient pas consentantes. L’accusé affirmait le contraire. Pour rendre un verdict, le tribunal devait donc évaluer la crédibilité des plaignantes en tout premier lieu.

Or, les contre-interrogatoires des avocats de la défense ont grandement entaché leur crédibilité. À ce sujet, la juge note que «les contradictions sont très importantes en nombre et portent sur des éléments cruciaux. Il y a aussi eu des contradictions avec d’autres témoignages», a-t-elle indiqué. 

Elle a notamment accordé peu de véracité au récit de l’une des plaignantes qui, en dépit de la violence de l’agression sexuelle, était retournée auprès de lui peu de temps après. Elle note aussi que la fiabilité du récit d’une autre plaignante a été affectée par sa consommation importante de drogue et par sa difficulté à situer l’agression dans la séquence des événements. Quant à la troisième présumée victime, elle a relevé de nombreuses contradictions et invraisemblances dans son témoignage. Elle s’est interrogée sur le fait que la plaignante disait ne pas avoir réalisé sur le coup avoir été agressée.

Daren Leclerc a certes été acquitté de ces infractions mais il n’en a pas fini avec la justice pour autant. Son second procès pour des agressions sexuelles et des gestes de violence sur deux autres présumées victimes doit se poursuivre le 16 octobre.