Danielle St-Amand a toujours été proche de l'ex-ministre des Finances Raymond Bachand, qu'elle considère comme son mentor en politique.

Danielle St-Amand rejoindrait Bachand

La nomination de l'ex-ministre des Finances du Québec, Raymond Bachand, à la présidence du nouvel Institut du Québec, ne serait peut-être pas étrangère au retrait prochain de la vie politique active de la députée libérale de Trois-Rivières, Danielle St-Amand.
La bouillante députée de Trois-Rivières a toujours été proche de l'ex-ministre des Finances du Québec, qui l'avait recrutée en 2008 pour qu'elle soit candidate libérale dans Trois-Rivières, qui a été par la suite son mentor en politique et qui avait été soutenu par elle lors de sa campagne infructueuse à la direction du Parti libéral du Québec. L'homme, qui avait annoncé son retrait de la vie politique en août 2013, a joint le cabinet d'avocats Norton Rose Fullbrigt à titre de conseiller stratégique. 
On révélait jeudi qu'il allait devenir le premier président de l'Institut du Québec, une force de recherche et de réflexion indépendante dédiée à la réalité québécoise qui reposera sur un partenariat entre le Conference Board du Canada et l'école des Hautes études commerciales de Montréal.
M. Bachand ne sera pas à plein temps à la tête de cet organisme, qui fera appel selon les besoins aux chercheurs du CBC et des HEC. Mais on comprend que le nouvel organisme, qui sera dirigé par Mia Homsy, son ancien-chef de cabinet adjoint, disposera d'une structure permanente. L'un des défis du nouvel organisme de brainstorming sera de se trouver des appuis financiers et des commandites, une responsabilité qui fait justement partie du champ d'expertise de la députée de Trois-Rivières qui a dirigé la Fondation du centre hospitalier régional de Trois-Rivières avant son entrée en politique.
On sait que la députée de Trois-Rivières a éprouvé récemment des ennuis de santé. Victime à la fin d'octobre d'une ischémie cérébrale temporaire, un genre de petit AVC qui lui avait fait perdre la vue de l'oeil gauche et provoqué des engourdissements qui l'avaient forcée au repos. Elle était cependant revenue en meilleur état depuis quelques semaines. On attribuait à quelques petits problèmes qui persistaient la possibilité qu'elle renonce à la prochaine campagne électorale. Mais ce n'était pas le cas.
Cela se disait quand même, ce que niait la principale intéressée.
Élue pour la première fois en 2008 en arrachant le siège de Trois-Rivières au leader parlementaire adéquiste Sébastien Proulx, une vedette du parti, Danielle St-Amand avait préservé le comté aux libéraux à l'élection de septembre 2012, avec une majorité d'un millier de voix. C'était une solide performance de sa part compte tenu que le Parti québécois lui avait désigné comme adversaire Djemila Benhabib, une vedette nationale du parti. Elle avait même légèrement amélioré sa majorité alors que les votes au Parti libéral du Québec avaient diminué de 20 % par rapport à l'élection précédente.
Si elle avait simplement dit à son entrée en politique qu'elle serait volontiers une «porteuse de ballon» pour les dossiers de Trois-Rivières, elle s'est révélée une fougueuse parlementaire, n'ayant surtout pas la langue de bois et s'autorisant même à l'occasion quelques écarts de langage, avec quelques jurons bien sentis, dont le plus célèbre a été à l'endroit de la ministre Martine Ouellet qu'elle avait traitée de «crisse de folle»... à répétition. C'était lors d'une réunion survoltée d'un comité de la Commission parlementaire sur le déclassement de Gentilly-2, un dossier particulièrement émotif dans lequel elle s'était beaucoup impliquée.
La députée St-Amand, pas plus que son bureau, n'ont retourné vendredi les appels qu'on leur avait logés afin de confirmer ou non sa décision. Les médias ont toutefois été convoqués à son bureau de comté lundi matin. La seule sortie publique vendredi de la députée s'est résumée à un communiqué dans lequel elle accusait le gouvernement péquiste de porter «encore des lunettes roses». Une charge en règle contre le budget du ministre Marceau, qui reprenait cependant textuellement, ligne pour ligne, une déclaration identique, émanant cette fois du bureau du député libéral de Maskinongé, Jean-Paul Diamond, dont la carrière politique achèvera lui aussi avec le déclenchement prochain des élections générales au Québec. 
Il reste que si la confirmation n'a pu venir de la députée St-Amand, les libéraux étaient déjà à la recherche vendredi d'un candidat pour Trois-Rivières. On comprend que le temps va presser car aucune relève n'avait été préparée pour succéder à Mme St-Amand et que les volontaires se font rares.