La Ville de Trois-Rivières a entrepris des recours pour faire démolir ce chalet du chemin Langevin, dans le secteur Saint-Louis-de-France, ce que contestent les propriétaires.

Dangereuse et insalubre, dit la Ville

TROIS-RIVIÈRES — La Ville de Trois-Rivières pourrait bien devoir se présenter devant un juge prochainement afin d’obtenir le droit de faire démolir une résidence du secteur Saint-Louis-de-France qu’elle considère insalubre et dangereuse. Or, les propriétaires et occupants des lieux ne partagent pas cet avis et entendent contester la décision de la Ville, qui leur donne jusqu’au 14 novembre pour procéder à la démolition de la maison.

La résidence est en fait un chalet situé sur le chemin Langevin. Acheté il y a deux ans par Doris Tanguay et son fils, le chalet est évalué à 17 000$ et n’est pas alimenté en électricité ni en eau courante. Il n’est pas utilisé à titre de résidence principale, alors que Mme Tanguay habite un autre logement à Trois-Rivières. Elle y passe cependant beaucoup de temps, surtout en période estivale.

«Nous avons effectué plusieurs inspections et c’est effectivement problématique. Nous l’avons signalé à la dame, mais la résidence est au nom de son fils qui est injoignable. Nous avons signalé l’état vétuste des lieux par lettre de huissier et avons donné trente jours au propriétaire pour procéder à la démolition. C’est une question de sécurité», fait valoir Yvan Toutant, porte-parole au cabinet du maire de Trois-Rivières.

Ce dernier note en effet que la résidence ne possède ni électricité, ni eau courante, que des plaintes du voisinage ont été enregistrées, sans compter que sans eau courante, les occupants utilisent des toilettes portatives, des informations qui ont mené à la visite des inspecteurs municipaux. Les interventions réalisées à cet endroit ont également permis à la Ville de constater des accumulations anormales de biens et un risque d’incendie.

L’occupante des lieux, Mme Tanguay, ne le voit pas de la même façon. «Il y a des résidences pires que ça en ce moment à Trois-Rivières et on ne leur demande pas de démolir. Qu’il n’y ait pas d’eau ni d’électricité, c’est le cas de beaucoup de chalets et on ne les démolit pas pour ça. Quand on a acheté, on le savait que c’était comme ça et il n’y avait jamais eu de problème. Mais avoir su qu’on nous demanderait de démolir, je n’aurais jamais acheté», indique Mme Tanguay, qui assure avoir fait beaucoup de ménage depuis la première visite des inspecteurs pour tenter de répondre à leurs exigences. Cette dernière déplore par ailleurs ne pas recevoir toute l’information de la Ville, étant donné que la résidence est au nom de son fils.

Doris Tanguay a affirmé au Nouvelliste avoir reçu des nouvelles de son fils, présentement à Vancouver. Selon la dame, il aurait signifié son intention de contester l’avis de la Ville et de se rendre en cour pour empêcher la démolition.

«L’avis dit que les gens ont jusqu’au 14 novembre pour procéder à la démolition. Si nous n’avons pas de nouvelles après cette date, nous allons aller devant un juge pour lui demander l’autorisation de procéder à la démolition. S’il donne l’autorisation, nous allons exécuter le travail nous-mêmes et la facture devrait alors être assumée par les propriétaires, indique Yvan Toutant.